L'Agriculteur Normand 29 mars 2017 à 08h00 | Par T.Guillemot

Max Vié (Président de l’OPNC) : « ne pas signer les nouveaux contrats Lactalis »

llll 320 adhérents de l’OPNC (sur un total de 450 producteurs pour 225 millions de litres de lait livrés par an) ont, en novembre 2015, déposé un recours juridique contre Lactalis pour non-respect du contrat liant le transformateur à ses livreurs. Manquaient sur la paie de lait 6 ¤/1000 l en 2013 et 14 ¤/1000 l en 2014, soit un global de 20 ¤/1000 l. La saisine a abouti à une médiation menée, côté producteurs, par Max Vié.Au terme de deux ans de négociations et arrivé à la date butoir (1er avril), la situation semblait dans l’impasse. Le règlement de médiation du 22 mars, validé par les pouvoirs publics, n’avait été signé que par l’OPNC.Lactalis refusait la ligne spécifiant «la continuité de la facturation 38/32». «Une fois de plus, Lactalis ne tient pas ses engagements en ne signant pas l’accord de fin de médiation alors que c’était convenu avec les médiateurs», s’est fâché Max Vié. Lactalis a fini par signer.

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- © TG

>> Demain, dans leur boîte aux lettres, les producteurs de lait livrant à Lactalis vont recevoir une proposition de nouveau contrat et d’accord-cadre se substituant au contrat précédent. Quel est votre mot d’ordre ?
Clairement de ne pas signer ledit contrat. Il constitue à mes yeux un vrai torchon. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’un copié-collé de l’ancien contrat et absolument pas du fruit d’une négociation tripartite entreprise-OP-pouvoirs publics.

>> Vous avez décidé, le 22 mars dernier, de mettre un terme à deux années de médiation. Vous n’avez pas peur que l’on vous fasse porter le chapeau de l’échec ?
Nous avons enchaîné 16 réunions en deux ans, des réunions souvent très dures. J’ai parallèlement été auditionné à Bruxelles et au ministère de l’Agriculture par Stéphane Le Foll. Nous avons fait de multiples propositions qui figurent dans les procès verbaux. Tout cela pour quel résultat ?
De ces deux années de travail, rien n’a été repris par Lactalis. Pire même, Lactalis s’affranchit complètement de la loi Sapin II. C’est tout à fait inadmissible.

>> Il y avait pourtant un médiateur autour de la table, représentant des pouvoirs publics ?
Je ne peux rien reprocher au médiateur, il a fait son boulot, mais quand une entreprise se place au-dessus des lois...

>> A partir du 1er avril et en l’absence de signature, on entre dans un flou juridique ?
A partir du moment où vous adhérez à une OP, vous disposez d’un délai supplémentaire de 3 mois. Par contre, si vous êtes seul, Lactalis vous fera signer le contrat qu’il souhaite.
C’est la raison pour laquelle j’invite tous ceux qui ne l’ont pas encore fait à adhérer à une OP, quelle qu’elle soit. Il est encore temps. Aujourd’hui, seulement 30 à 35 % des producteurs livrant à Lactalis sont adhérents. C’est insuffisant pour inverser le rapport de force. Si l’on ne veut plus être traité comme des ouvriers du géant lavallois, et j’éprouve beaucoup de respect pour les ouvriers mais dans la bouche de Mr Nallet c’est péjoratif, il nous faut nous structurer à une autre échelle.

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