L'Agriculteur Normand 11 juin 2019 à 17h00 | Par T.Guillemot

Mc Hale : de l’enrubannage coupé au service du lait AOP d’Isigny

Au Gaec Langlois à Canchy (14), on fait appel à l’entreprise Cairon et sa Mc Hale pour couper et enrubanner une herbe de qualité à destination des laitières dont la production est valorisée en AOP par la laiterie d’Isigny-Ste-Mère.

Abonnez-vous Réagir Imprimer

lll « Dans le cahier des charges AOP, on nous impose un pourcentage d’herbe même en hiver. Dans mon système, la meilleure option était d’incorporer de l’enrubannage dans la mélangeuse, cela me permet de gagner du temps », avance entre autres arguments Xavier Langlois. Et pourquoi pas de l’ensilage ou du foin ? «Je n’ai pas assez de surface bétonnée pour faire un silo d’herbe. De plus, il y aurait des pertes parce que mes besoins sont insuffisants pour ouvrir un silo. Quant au foin, c’est moins intéressant sur un plan alimentaire, ça fait de l’encombrement. Pour la fibre, j’incorpore un peu de paille », poursuit cet ancien technicien d’Agrial, installé depuis le 1er décembre dernier.

Une marque réputée
Pour son chantier, il fait appel à l’entreprise Cairon (membre d’EDT Normandie) qui vient d’investir dans une Mc Hale. « Ce que je regarde, c’est la qualité du travail. Après, que la machine soit rouge ou verte, cela m’importe peu, complète Xavier avant de se raviser un brin. Je connaissais déjà cette marque puisqu’historiquement, on en possédait une en Cuma. Une marque réputée. On pourrait même dire que ce modèle est un prototype avec un liage par film. Je ne connais pas d’autre marque qui fasse cela ». Intérêt pour l’éleveur ? « Le filet, c’est plus compliqué à retirer et à nettoyer pour le recyclage. Avec le film, le tri des déchets se trouve facilité ».

« Vu la surface que j’enrubanne, je n’ai aucun intérêt à investir dans du matériel. Cela ne serait absolument pas justifié, insiste Xavier. Là, je ne me casse pas la tête tout en disposant d’un matériel sophistiqué. J’explique à mon entrepreneur où sont les parcelles. Il vient avec ses bobines et il se débrouille. Moi, pendant ce temps-là, je fais autre chose».
« Vu la surface que j’enrubanne, je n’ai aucun intérêt à investir dans du matériel. Cela ne serait absolument pas justifié, insiste Xavier. Là, je ne me casse pas la tête tout en disposant d’un matériel sophistiqué. J’explique à mon entrepreneur où sont les parcelles. Il vient avec ses bobines et il se débrouille. Moi, pendant ce temps-là, je fais autre chose». - © TG

150 à 200 rouleaux/an
Xavier enrubanne une vingtaine d’hectares d’herbe par an soit 150 à 200 rouleaux. « Je réalise une coupe précoce vers le 15 mai afin de libérer mes parcelles assez tôt pour un pâturage d’été ». Dans ce coin de marais du Bessin, l’exploitation de l’herbe peut se prolonger jusqu’en septembre, voire octobre. « Toujours en enrubannage, mais cette fois pas coupé ». Un fourrage de moindre qualité nutritionnelle destiné aux génisses et qui n’a pas le droit au film de couleur rose. « Ça me sert aussi de repère dans la gestion de mes stocks, avant de compléter, ça interpelle les gens qui demandent pourquoi le rose ». L’occasion d’engager la conversation et d’expliquer que sur chaque bobine, deux euros sont reversés à la recherche  contre le cancer.

Didier Cairon
Didier Cairon - © TG

Une meilleure conservation avec le film

« C’est une machine que nous avons acquise cette année. Elle a la particularité d’assurer un liage film qui procure une meilleure conservation que le filet, estime Didier Cairon. Le filet a tendance à se détendre lorsque la balle sort de la chambre. Avec la Mc Hale et ses 4 tours de films rien que pour le liage, on concentre le fourrage. La balle est ensuite éjectée sur la table d’enrubannage où elle se reprend 6 couches de films ». Et quid du débit de chantier ? « Il est variable en fonction de la configuration : sans coupe, coupe avec 13 couteaux ou coupe avec 25 couteaux. Plus il y a de couteaux, plus il faut de puissance et on avance aussi moins vite. Cet après-midi sur cette parcelle, je tourne quand même à 40/50 rouleaux à l’heure ».
Et si l’entreprise Cairon assure également la prestation ensilage maïs, elle constate que l’herbe reprend du terrain et plus particulièrement l’enrubannage. « On peut décaler un chantier d’enrubannage d’herbe d’une demi-journée si la météo l’impose. Un chantier d’ensilage d’herbe, c’est plus compliqué, car cela implique plusieurs personnes et différentes machines. Encore plus à l’automne s’il faut permuter les becs plusieurs fois dans la semaine ». Dernier argument : « une chambre fixe à rouleaux. Un gros avantage en octobre que le fourrage est plus humide. Avec une machine à courroies, ça devient très vite compliqué ».

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. l'Agriculteur Normand se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 22 unes régionales aujourd'hui