L'Agriculteur Normand 10 décembre 2019 à 16h00 | Par Julie Pertriaux

Même pas peur d’être éleveur : « le documentaire qui fait du bien »

Mercredi 4 décembre, le documentaire Même pas peur d’être éleveur était projeté au cinéma de Sées, à l’initiative des GVA 61 et de la Cran. À l’issue de la projection, une table ronde était organisée. Au lendemain du ciné-débat, Guillaume Larchevêque, responsable de la commission hommes et entreprises à la Chambre régionale d’agriculture et présent à la table ronde, fait le bilan de la soirée.

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- © JP

>>  De quoi parle le documentaire ?
Des élevages en général et de leur technicité. Le documentaire est coproduit par le Cniel, le Bureau technique de promotion laitière (BTPL) et le Centre d’élevage de Poisy (74). Il regroupe sept témoignages d’éleveurs. Le film est positif mais n’enjolive pas la réalité. Différents types d’agriculture sont présentés : les circuits courts et la vente directe pour les productions à haute valeur ajoutée tout comme les cheptels à 120 vaches laitières en conventionnel. Ce qui est frappant, c’est le sourire des éleveurs, leur fierté à exercer le métier.

>>  Comment a-t-il été tourné ?
Il a été tourné pendant deux ans, chez les éleveurs. Le réalisateur a gagné leur confiance. Le documentaire présente le côté entrepreneurial des exploitants, à tout âge et pour tous les profils. Il prend le temps d’expliquer les objectifs professionnels que se sont fixés les agriculteurs et de montrer leur réalisation. Un couple d’éleveurs, qui était présent à la projection, explique, par exemple, son choix de se moderniser grâce à un robot de traite pour consacrer du temps à ses enfants. Le film communique positivement sur la profession, sans enlever le volet financier. On n’y voit pas de hauts responsables ni de « vedettes ».

>>   Comment la salle a-t-elle réagi ?
Il y avait près de 150 personnes. Les spectateurs ont applaudi à la fin de la projection. On a fait un sondage, pour savoir qui était présent. Il y avait majoritairement des gens issus du monde agricole ou des organisations para agricoles. Il y avait peu « d’opposants ».

>>  Quels sont les sujets qui ont été abordés dans le débat ?
On a par exemple échangé sur le besoin de main-d’œuvre. On a parlé des jeunes qui s’installent, de l’accompagnement Dotation jeune agriculteur (DJA), du dispositif impulsion. En Normandie, on compte 38 000 exploitants, dont 10 500 de plus de 55 ans qui partent à la retraite dans sept ans.

>>  Que permet le documentaire ?
Il permet de prendre de la hauteur sur l’agribashing car il parle peu des EGA ou des prix. Il rappelle que 75 % des consommateurs aiment les agriculteurs mais ont besoin d’explications. Il encourage à se poser, à communiquer positivement. Personnellement, je trouve qu’il a donné du sens à mon métier d’agriculteur et à mon rôle d’élu Chambre : quand les agriculteurs vont bien, c’est que la politique agricole que nous menons fonctionne. Notamment sur l’installation, les filières courtes et les longues. Il mériterait d’aller à l’Élysée.

>>  Et où va-t-il aller ?
Il devrait servir de support pédagogique dans les lycées agricoles. Les projections à Sées et à Villedieu-les-Poêles, la veille, étaient les soirées de lancement en Normandie. Une séance de cinéma devrait être organisée dans le Calvados et le pays de Bray, en Seine-Maritime. Le film tourne aussi partout en France.

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