L'Agriculteur Normand 17 février 2015 à 08h00 | Par V. Motin

Nicolas Declomesnil, responsable lait des Jeunes Agriculteurs 14 : "pas seuls sur le bord de la route"

Lundi de 10 à 16 heures sur le canton de Falaise, les Jeunes Agriculteurs ont bloqué des camions transportant du lait ou des produits laitiers.

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Pas seuls sur le bord de la route © vm

Quel est le but de votre mobilisation ?
Le but de l'action est de montrer notre mécontentement. Sur les prix payés en 2014, il nous manque de l'argent par rapport aux indicateurs interprofessionnels. Les producteurs auraient dû être payés environ 370 EUR/1000 litres. Mais, nous étions plutôt à 360 EUR. Nous demandons ces 10 EUR qui manquent. Nous espérons de vraies explications. 

Alors quelles sont les explications des industriels privés et des coopératives ?
Nous avons droit aux arguments types : l'embargo russe, les marchés extérieurs en baisse. Nous ne sommes pas convaincus. En début d'année, les voyants étaient pourtant au vert. Nous nous attendions donc à être payés à notre juste valeur. La confiance entre les producteurs et les transformateurs n'existe plus. Nous préférerions être sereins au moment où les quotas se terminent. L'idéal serait d'avoir un vrai dialogue entre tous les acteurs de la filière.

Concrètement, qu'avez-vous fait ce lundi ?
De 10 à 16 heures, nous avons bloqué des camions laitiers. Nous avons ciblé les produits laitiers. Nous avons donc arrêté un camion des transports Antoine. Nous avons aussi stoppé une remorque belge avec du lait de chez Danone à destination des pays du nord avec un chauffeur luxembourgeois. Nous ne savons pas trop où ça va. Nous ne connaissons pas la traçabilité du produit. L'ensemble est resté avec nous 3 ou 4 heures. 

Vous bloquez des camions. Votre action peut-elle permettre de redonner de la sérénité au débat ?
Si nous organisons ce genre d'action quotidiennement, l'ambiance ne sera pas excellente. Mais, nous faisons des actions de courte durée qui bloquent quelques camions pour quelques heures. Nous voulons juste être écoutés, entendus. Nous sommes obligés de réaliser des actions de terrain. Si nous restons dans nos exploitations, personne ne nous entend.

Bloquer des camions, est-ce vraiment efficace pour faire remonter le prix du lait ?
C'est un plus. Nous visons toutes les laiteries : les privées comme les coopératives. Nous en profitons pour alerter l'opinion publique. Il y a aussi une bataille juridique. L'Organisation de Producteur Normandie Centre a porté plainte contre Lactalis.
Mais, Lactalis n'est pas le seul à ne pas jouer le jeu. Nous dénonçons une entente sur les prix.

D'autres actions sont-elles programmées ?
Il s'agit d'actions initiées par les Jeunes Agriculteurs, à l'échelle du grand ouest. Elles se sont déclinées dans les départements. L'idée est aussi d'exister médiatiquement et de profiter du salon de l'agriculture. Nous irons peut-être plus loin dans les prochains jours pour marquer le coup.

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