L'Agriculteur Normand 09 avril 2019 à 15h00 | Par DB

Nous ne souhaitons pas un « no deal »

Stéphane Travert est député de la 3e circonscription de la Manche depuis 2012. Il a été ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation du 21 juin 2017 au 16 octobre 2018.

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>> Comment réagissez-vous à la tenue du Congrès annuel du GDS France ?
Je suis très heureux que la Manche accueille le Congrès national des GDS et je voudrais saluer son président, Michel Combes et le remercier d’avoir eu cette excellente idée de venir visiter Cherbourg et le Cotentin avec l’ensemble des congressistes pour venir discuter de l’évolution des politiques sanitaires que nous devons mener sur l’ensemble du pays. Je souhaite également rappeler quelque chose d’essentiel : les GDS sont importants aujourd’hui dans nos territoires ruraux. Ils sont nés de la volonté à la fois de l’Etat, du syndicalisme agricole mais aussi du corps des vétérinaires pour que nous puissions apporter toutes les réponses et les solutions nécessaires à une ambition sanitaire en France et faire en sorte que nos exploitations agricoles soient les plus sécurisées possible.

>> Le Brexit pourrait-il avoir des conséquences sanitaires ?
Il faut tout d’abord nous donner les moyens de lutter pour la protection sanitaire. Concernant le Brexit, l’Etat s’y est préparé de longue date. Parce que nous sommes frontaliers avec le Royaume-Uni, nous devons appliquer sur nos ports de nouvelles règles. Nous devons assurer des conditions permettant le transport des animaux dans les meilleures conditions possibles et éviter ainsi que des problèmes sanitaires ne surviennent. Nous souhaitons trouver avec l’Angleterre des accords le plus rapidement possible, afin de poursuivre nos échanges et faire en sorte qu’il n’y ait pas d’embouteillage sur nos ports lorsque nous aurons à commercer entre nos deux pays. Le gouvernement a remis un certain nombre d’infrastructures en place, notamment douanières. Des infrastructures sanitaires seront également mises en place. Lorsque j’étais ministre de l’agriculture et de l’alimentation, j’ai préparé un budget 2019 prévoyant des effectifs supplémentaires de vétérinaires et un budget augmenté sur la politique sanitaire.

>> La ville de Cherbourg redeviendrait-elle une frontière, avec postes de contrôles et mises en quarantaine ?
Dans le cadre d’accords avec le Royaume-Uni, il faudra définir quels sont les ports identifiés pour accueillir du transfert d’animaux. Cherbourg, par son positionnement, est un poste avancé vers le Royaume-Uni. La ville dispose d’infrastructures qui lui permettent d’accueillir un tel dispositif. C’est toutefois l’autorité en vigueur, ports normands associés ainsi que les services de l’Etat qui doivent discuter entre eux pour trouver des solutions qui permettront à nos éleveurs de continuer à avoir de échanges commerciaux avec le Royaume-Uni dans les meilleures conditions.

>> Les modalités de sortie du Royaume-Uni sont encore inconnues. Y aura-t-il des changements dans tous les cas ou bien seulement en cas de « no deal » ?
Dès lors que le Royaume-Uni quitte l’UE, il y aura de nouvelles règles. Nos voisins européens les plus proches seront les Irlandais avec lesquels les règles d’échange seront les mêmes. Ce qui est important, c’est de faire en sorte que les échanges commerciaux avec l’Angleterre soient les plus fluides possibles, éviter les blocages sur les ports et les problématiques sanitaires qui en découleraient. C’est de cela dont il nous faudra discuter avec nos voisins anglais après leur départ. Il y aura, quoi qu’il arrive, des changements. Mais nous ne souhaitons pas un « no deal ». Nous souhaitons que toutes les conditions soient réunies pour qu’il y ait un accord de sortie du Royaume-Uni et que cet accord ne pénalise, ni l’économie britannique, ni la nôtre. Nos filières ne doivent pas être fragilisées.

>> Dans quelle mesure le gouvernement pourrait-il accompagner les GDS mais aussi les filières agricoles impactées par le Brexit ?
Un projet de loi a été adopté par le parlement. Il met en place un certain nombre de missions, d’objectifs et de règles pour prévoir les modalités de commerce entre nos deux pays. Il faudra trouver les moyens pour accompagner un certain nombre de nos filières agricoles et pêche qui sont aujourd’hui en attente de connaître la manière dont le Brexit va être conduit. Nous l’avons toujours dit, la pêche et l’agriculture ne seront jamais les variables d’ajustement du Brexit.

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