L'Agriculteur Normand 22 février 2018 à 12h00 | Par Delphine Cast, Manon Verger et Cynthia Torrecillas

Observer pour gérer efficacement le développement de la maladie

Les conditions douces et très pluvieuses de cet automne ont constitué un climat favorable au développement du champignon.

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 (© ARVALIS)  © ARVALIS  © ARVALIS

Le retour des températures fraiches ces derniers jours peut ralentir l’épidémie mais ne la stoppe pas car il ne détruit pas l’inoculum présent sur les feuilles. Actuellement, des symptômes de rouille jaune sont observés en plaine. Pendant les prochaines semaines, la vigilance est donc fortement recommandée. Des reprises de pluie associées à un temps couvert et des hygrométries de fin de nuit élevées permettraient de nouvelles contaminations.

Zoom sur les symptômes et le mode de contamination de la maladie en cours de campagne
La rouille jaune est causée par un champignon, Puccinia striiformis, qui se développe principalement sur blé tendre, mais également sur triticale. La maladie a pu être observée sur d’autres espèces, comme le blé dur, l’orge d’hiver mais les attaques sont d’intensité faible et rare.
Au cours de l’automne-hiver, ce champignon se maintient sous forme d’inoculum sur les plantes hôtes. Les symptômes apparaissent en cours de montaison, généralement de 1 nœud à dernière feuille, plus rarement au stade tallage.
A l’échelle de la parcelle (photo n°1), les premières pustules sont localisées sur les feuilles du bas de quelques plantes dans la parcelle. La maladie apparaît souvent sous forme de foyers de petite surface, jaunes de loin, nettement délimités.  Si le climat reste favorable au cours du printemps, ces foyers peuvent ensuite infester toute la parcelle. La dissémination de la maladie se fait par le vent via les spores.
Sur les feuilles (photo n°2), les symptômes sont caractéristiques et apparaissent sous forme de pustules jaunes parfois orangées alignées sur les nervures des feuilles. A un stade avancé de la maladie, les stries jaunes cèdent la place à des pustules noires qui initient la phase de reproduction sexuée du pathogène.
En cas de forte attaque, des attaques sur épi peuvent également être rencontrées (photo n°3). En soulevant les glumes, il est possible d'observer des spores sur le grain et la face intérieure des glumelles. Les attaques sur épis sont parfois visibles par décoloration des épillets.
Au printemps, le développement de la maladie dépend des facteurs climatiques favorables : températures fraîches (10 à 15°C) d’avril à juin, forte hygrométrie et temps couvert (les spores sont sensibles aux rayonnements UV).

Eviter les situations à risque : la tolérance variétale
La tolérance variétale est le moyen de lutte le plus efficace et le plus économique pour lutter contre la rouille jaune. Actuellement la note moyenne à l’inscription des nouvelles variétés est d’un niveau élevé (Tableau). Depuis 2011, une nouvelle race de rouille jaune nommée « Warrior/Ambition » est observée en Europe et en France. La particularité de cette race est sa forte virulence qui lui permet de contourner les gènes de résistance de certaines variétés de blé tendre. Cela lui permet aussi son développement sur les autres espèces comme le triticale, l’orge ou le blé dur. Malgré ces contournements de résistance, la majorité des variétés de blé conservent un bon niveau de tolérance.
Il est également conseillé de détruire les repousses de céréales qui favorisent la conservation de la maladie au sein de la parcelle pendant la période estivale.
Evaluer le risque en cours de campagne avant toute intervention
La rouille jaune est la maladie la plus nuisible. Ce sont les attaques précoces, détectées trop tard lors de la présence de foyers, qui provoquent les plus grosses pertes de rendement. Il est indispensable de suivre l’évolution de la maladie dans le couvert par l’observation des parcelles pour décider ou non d’une intervention, surtout dans les cas de variétés sensibles. Il est possible de s’appuyer sur des seuils – raisonnés en fonction de la tolérance variétale-  pour décider d’une intervention (schéma 1).
Vous pouvez également suivre l’état sanitaire de vos cultures à travers la publication des Bulletins de Santé du Végétal, consultables gratuitement sur les sites internet de la DRAAF, des partenaires techniques et des Chambres d’agriculture de Normandie.

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