L'Agriculteur Normand 15 novembre 2011 à 17h25 | Par T.Guillemot

Orne - Pommes et poires du domfrontais en peine de débouchés

La récolte de pommes et de poires dans le domfrontais est abondante. La cidrerie Préaux (Mantilly) estime avoir adapté la voilure. “Pas suffisamment”, jugent les apporteurs.

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Pour Florent Bazille et Dominique Guillemine, producteurs de pommes et de poires à St-Mars d’Egrenne, si la filière n’offre pas plus de lisibilité, les tronçonneuses seront de sortie au fil de la restructuration laitière. Par ailleurs, les responsables syndicaux insistent pour, qu’à l’avenir, le prix d’achat des pommes et poires soit communiqué en début et non en milieu de campagne.
Pour Florent Bazille et Dominique Guillemine, producteurs de pommes et de poires à St-Mars d’Egrenne, si la filière n’offre pas plus de lisibilité, les tronçonneuses seront de sortie au fil de la restructuration laitière. Par ailleurs, les responsables syndicaux insistent pour, qu’à l’avenir, le prix d’achat des pommes et poires soit communiqué en début et non en milieu de campagne. - © TG
La campagne 2011 est une année à pommes et à poires. La quantité est là. La qualité (manque de sucre) fait défaut. Pas facile d’accorder les violons des apporteurs avec celui des transformateurs. Conséquence : ça gronde sous le verger.
C’est dans ce contexte que le 7 novembre dernier, une délégation de producteurs conduite par Dominique Guillemine et Florent Bazille (respectivement responsables cantonaux de la FDSEA et des JA) a rencontré Xavier de Saint Pol (directeur de la cidrerie Préaux à Mantilly).

350 T/J : ça bouchonne
Premier reproche adressé par les producteurs au transformateur : “avec 350 tonnes écrasées par jour, ça bouchonne au portillon”, soulignent Dominique Guillemine et Florent Bazille. Les délais de livraisons se sont allongés : “une semaine. C’est trop, surtout en poire, pour livrer des fruits de qualité”. Autre pomme et poire de discorde : la date d’ouverture de la cidrerie le 30 août dernier. “Trop tardive. Nous avons perdu des volumes qui étaient arrivés à maturité.”
Dans le même registre, les producteurs font remarquer que la fermeture de l’usine le vendredi après-midi est inadaptée. “Dans un souci de qualité, le lundi serait plus judicieux”.

Vers une contractualisation?
Au delà des spécificités de cette campagne 2011, les producteurs souhaitent, à moyen terme, arriver “à une formalisation des relations avec la cidrerie pour obtenir au moins des garanties sur les volumes”. Une forme de contractualisation, d’ailleurs inscrite dans la LMA (Loi de Modernisation Agricole), qui permettrait de sortir de ce que certains qualifient “d’archaïsme” dans le rapport apporteur/transformateur. 
La restructuration arrive dans le Bocage. Si nous n’avons pas plus de lisibilité quant à la pérennité des filières pommes à cidre et poires à poiré, les tronçonneuses pourraient être de sortie”, craignent Dominique Guillemine et Florent Bazille. Et les responsables syndicaux d’appeler en guise de conclusion tous les producteurs à se fédérer autour d’une cause commune. Une future OP (Organisation de Producteurs) ? “Nous n’en sommes pas encore là”, pondère Dominique Guillemine.
- © TG
Xavier de Saint Pol  : “Nous allons écraser de 25 à 30 % en plus”
La cidrerie Préaux recense plus ou moins 900 apporteurs dont la moitié livre moins de 4 tonnes par an. Sur la date d’ouverture, son directeur, Xavier de Saint Pol souligne qu’elle a été effective le 30 août contre le 10 septembre en année habituelle. Elle fermera également plus tard. “L’allongement de la campagne est un des leviers que j’ai actionnés pour répondre à une récolte supérieure de 10 à 20 % en volume à l’année 2008. Une année historique”. Au final, la cidrerie Préaux devrait écraser 25 à 30 % de plus que ses besoins. “Nous avons mis l’outil et le personnel en capacité de le faire”, défend-on du côté de Mantilly. L’outil, en anticipant par exemple la distillation pour libérer de la capacité de stockage. Le personnel, “en adaptant le rythme de travail dans le respect du personnel et de la législation”, prolonge Xavier de Saint Pol. Et de faire remarquer que “cette récolte abondante serait une aubaine si la qualité était au rendez-vous mais le cru 2011 manque singulièrement de sucre”. Et quand on fait remarquer que les prix 2011 ont été communiqués justement au lendemain de la visite des producteurs, le directeur répond “pure coïncidence. L’établissement des tarifs dépend de nombreux facteurs. Les derniers éléments m’ont été communiqués très récemment. Je ne pouvais pas aller plus vite”. En conclusion, la contractualisation n’est-elle pas la meilleure formule pour apporter un peu plus de sérénité dans la relation fournisseur/transformateur ? “Elle existe déjà”, conclut Xavier de Saint Pol sans pour autant donner plus de détails.

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