L'Agriculteur Normand 24 février 2008 à 09h24 | Par H. Garnier

PAC - Nicolas Sarkozy veut refonder la politique agricole européenne

Salon de l’agriculture : le chef de l’État souhaite engager une réflexion sur une véritable rénovation de la PAC dès la présidence française de l’Union sans attendre l’échéance de 2013.

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Les réactions de Michel Barnier et de Jean-Michel Lemétayer.

En inaugurant son premier Salon de l’agriculture en tant que président de la République, Nicolas Sarkozy a affirmé avec force que « l’agriculture est stratégique pour la France et pour l’Europe également». Il a assuré qu’il engagera dès la présidence française de l’Union européenne, en juillet prochain, une « véritable rénovation » de la politique agricole commune et a affiché une grande fermeté vis-à-vis des négociations de l’OMC.
Sur le grand ring du salon, devant les représentants du monde agricole, le chef de l’État a déclaré que « l'Europe doit faire preuve d'une résolution beaucoup plus grande pour défendre ses intérêts ». Il a souhaité que « les négociations au sein de l'Organisation mondiale du commerce repartent sur des bases saines et des objectifs clarifiés », ajoutant que le gouvernement de la République « s'opposera fermement à tout accord qui sacrifierait les intérêts des agricultures française et européenne ».
Le président de la République a demandé « une harmonisation renforcée des normes environnementales et sanitaires » à l’intérieur de l’Europe. « Je n’accepterai pas que les agriculteurs français souffrent de distorsions de concurrence ». Sur les normes environnementales, sur la question des OGM, « l’Europe doit avancer d’un même pas, au risque d’une absence de cohérence ».

Une préférence communautaire renouvelée

Selon Nicolas Sarkozy, « un travail immense doit être conduit sur la Politique Agricole Commune ». Son ambition est de « mettre la France au cœur d’un projet européen », estimant « qu’on s’est fait mettre à tort dans les cordes sur la question de la Politique Agricole Commune ». Il a déclaré qu'il allait « engager dès 2009 une véritable refondation des modalités de mise en oeuvre de la Politique Agricole Commune dans notre pays ». Il a promis que la France engagerait, pendant sa présidence de l'UE à partir de juillet 2008, « une véritable discussion avec chacun de nos partenaires européens, avec le double objectif d'une meilleure gestion des risques climatiques, sanitaires et économiques et du maintien de l'activité de production dans les territoires fragiles ».
« Il n’y a pas à attendre. Il faut discuter tout de suite de façon offensive » a t-il ajouté. « Je vais proposer une discussion sur un nouveau cadre politique applicable en 2013 pour notre agriculture en Europe ». La discussion budgétaire viendra après : « nous allons nous mettre d’accord sur les objectifs et nous mettrons un budget au service de ces objectifs ».
Dans ce cadre, le président de la République a défendu « une préférence communautaire renouvelée » Pour le chef de l’État, « si l’on a fait l’Europe, c’est pour créer les conditions d’un marché pour développer une agriculture européenne qui a préférence sur les autres ».

Plus de jeunes qui s’installent !

Sur la question française des prix et la loi Galland, le président de la République a précisé qu’il avait parfaitement conscience que l’on ne peut pas laisser les agriculteurs « seuls » face à cinq intervenants de la grande distribution. « Il n’y a pas d’un côté l’enfer et de d’autre, le paradis ». Mais Nicolas Sarkozy a demandé aussi aux agriculteurs « de restructurer certaines filières dont il faut bien dire que la pagaille qui y règne est responsable des faibles prix qu’ils obtiennent ».
À la différence de son prédécesseur qui consacrait une matinée entière pour inaugurer et visiter le salon, Nicolas Sarkozy a, en à peine deux heures, salué les éleveurs représentant les grandes races françaises et après son discours, traversé au pas de course les allées du salon dans une cohue indescriptible, serré beaucoup de mains sans vraiment s’attarder dans les stands, avalé un verre de lait, coûté une tranche de jambon et croqué une pomme... De nombreux applaudissements mais aussi quelques sifflets ont marqué le trajet. Accompagné tout au long de cette visite par Christian Patria, président du Salon de l’agriculture et Michel Barnier, ministre de l’Agriculture, ainsi que de nombreux responsables agricoles, le chef de d’État a toutefois pris le temps en fin de parcours de présider à la signature du pacte renouvelé pour l’installation des jeunes agriculteurs. S’adressant à leur président, Philippe Meurs, il a déclaré que « la seule question qui compte pour les jeunes agriculteurs est de savoir si dans 20 ou 30 ans, ils pourront encore vivre du métier qu’ils ont choisi. Il faut que chaque année, il y ait plus de jeunes qui s’installent, c’est l’avenir de l’agriculture française qui est en jeu ».

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