L'Agriculteur Normand 21 janvier 2014 à 08h00 | Par A.Dufumier

Parole de Jeune Agriculteur - Souple, diversifié, flexible

En créant sa pépinière, depuis 2010, Thomas Vaidye réalise son rêve d’enfant.Passionné de végétal, il conserve les vaches allaitantes et une activité salariée saisonnière.

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Interview de Thomas Vaidye © Alexis Dufumier

Réaliser son rêve, mais assurer ses arrières pour pouvoir faire face en cas de coup dur. Son installation, le 1er janvier 2012 au Menilfroger, dans l’Orne, avec la reprise des 35 ha de la ferme de ses parents, Thomas Vaidye l’a voulue raisonnée et mesurée dès le départ.Aujourd’hui encore, un troupeau de vaches allaitantes d’une part et une activité salariée saisonnière chez Agrial de mars à septembre, lui permettent de diversifier et d’assurer des revenus à côté de l’activité qui le passionne par dessus tout, la pépinière.Un goût qui lui a pris très jeune, au contact de certains membres de sa famille, “grainetiers” dans le Maine-et-Loir, la capitale de l’horticuture en France.Grainetiers ?Dans le jargon, c’est le nom qu’on donne à ceux qui font pousser les jeunes arbres (jusqu’à trois ans) à partir de graines ou de boutures.Le premier maillon de la filière, après le semencier.

CAP pépinières
Très tôt, Thomas Vaidye s’oriente vers un CAPpépinière.Il  devient salarié des pépinières Laurentaises, dans le Maine-et-Loir, et passe un BPA (brevet professionnel agricole) en apprentissage.Ses parents agriculteurs approchent du départ à la retraite, il songe à reprendre l’entreprise.Reste l’obstacle, du BPREA (Brevet Professionnel Responsable d'Exploitation Agricole), qu’il passera dans la foulée et qui lui permettra de suivre le parcours aidé.Thomas Vaidye s’installe d’abord à titre secondaire.Une activité salariée à la coopérative, lui permet de construire son projet en douceur.Aujourd’hui, le jeune agriculteur est exploitant à titre principal.Il continue de développer sa pépinière (passée de 1 ha en 2010 à 4 ha en 2013) et il maintient aussi le troupeau de 30 vaches allaitantes, charolaises et jaunes (croisées avec des salers). Sa volonté  est de passer le troupeau en race limousine, en achetant des mères de race pure, dans un système tout herbe et 100 % insémination artificielle.“Je veux travailler sur la génétique, pour avoir de belles bêtes et améliorer le revenu”, souligne le jeune homme.

Plie, mais ne romps pas
Avec la pépinière, les rentrées d’argent vont de novembre à mars environ.L’élevage allaitant permet d’avoir des entrées complémentaires et de faire la jonction de trésorerie. “Plie, mais ne romps pas”, face aux aléas, le jeune pépiniériste se veut flexible, plutôt du genre roseau. “Pour que tout aille mal en même temps, cela serait vraiment pas de chance.Mais pour arriver à tout mener de front, la clé, c’est de toujours préparer la veille, la journée du lendemain, y compris en préparant le matériel, sinon on perd un temps fou”, assure Thomas Vaidye. Autre point de flexibilité, l’entière autonomie du jeune, sur l’exploitation.Dans l’état actuel des choses, l’embauche d’un salarié lui semble plutôt facteur de risque, que d’opportunité de développement.Mais le Jeune Agriculteur travaille beaucoup avec son réseau. Pour son activité de pépinière, il sait aller chercher des compétences et certains produits ailleurs, afin de construire une gamme de végétaux et une offre de services.Thomas se spécialise dans le “sur-mesure”.Une façon de se distinguer de la concurrence de l’étranger.“Avec à terme 6 ha de pépinières plantés d’ici 2015, il ne s’agit pas de jouer sur le même terrain que les grosses pépinières d’Espagne ou d’Italie, détaille Thomas. Je joue sur la qualité, la diversité, le service et l’acclimatation des végétaux, pour satisfaire les clients dans la durée”.

Dans un rayon de 60 km
Les pépinières Vaidye commencent à être reconnues dans le département de l’Orne et Thomas travaille principalement dans un rayon de 60 km autour de la ferme. Depuis son installation, sa passion ne l’a pas quitté.“Faire de belles choses, être créatif. Quand on va jusqu’à l’aménagement paysager, c’est valorisant.Ce sont des éléments qui vont rester et qui vont évoluer dans le temps. On laisse quelque chose derrière soi”, se félicite Thomas Vaidye.

A terme, 6 ha de pépinières
A terme, 6 ha de pépinières - © AD

L'exploitation :

35 ha.
A terme 6 ha de pépinière.
30 vaches allaitantes.
Thomas Vaidye
- 02 33 35 46 93
- 06 70 94 62 44
tvaidye@hotmail.fr
Professionnels/particuliers, production de végétaux, devis, conseil ...

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