L'Agriculteur Normand 06 juin 2012 à 11h07 | Par T.Guillemot

Philippe Faucon, responsable de la section “Environnement” de la FRSEA - Toute une filière remise en cause

Pour Philippe Faucon, si on ne donne pas un coup de pouce au renouvellement des générations, c’est toute une filière qui pourrait être remise en cause.

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Retrouvez l’interview de Phillipe Faucon ce jeudi vers 13 h 40 dans “Les news de l’agriculture” sur Normandie TV (chaine 20 de la TNT).
Retrouvez l’interview de Phillipe Faucon ce jeudi vers 13 h 40 dans “Les news de l’agriculture” sur Normandie TV (chaine 20 de la TNT). - © TG
Comment expliquez-vous que le consommateur aime la viande de porc mais que la société craigne autant les élevages ?
C’est effectivement une viande appréciée du consommateur parce qu’elle est de qualité, maigre et abordable. Maintenant, pourquoi cette peur ? Il y a 20 ans, quand il y avait un élevage de porcs, il y avait des odeurs.
Depuis, le problème a été réglé et ce n’est plus le cas aujourd’hui. Malheureusement, le porc continue à symboliser toutes les problématiques de pollution. Il y a de l’acharnement médiatique dans ce phénomène.
Les opposants d’hier ressemblent-ils à ceux d’aujourd’hui ?
Les choses ont évolué. Il y a 2 ou 3 décennies, face à un projet porc, on assistait à la mobilisation de la population locale, des conseillers municipaux, du Conseiller général...
Aujourd’hui, on ne peut pas affirmer qu’ils soutiennent les projets mais j’évoquerai presque une forme d’indifférence.
L’opposition vient désormais d’associations environnementales qu’on ne connaît pas et bien souvent constituées de très peu de membres. Elles attaquent de façon quasi systématique tous les projets. Ce sont des professionnels de la contestation.

Des attaques justifiées ?
Bien sûr que non. L’azote des cochons n’est pas différente de l’azote des vaches. Elle est soumise à la même règlementation et elle est épandue dans les règles de l’art. Que ce soit en vaches laitières ou en porcs, et même pour les gros élevages, les impacts environnementaux sont parfaitement maîtrisés.

Cette opposition systématique fait-elle courir un risque à l’avenir de la production porcine en Basse-Normandie ?
Clairement. Au rythme où les dossiers évoluent, c’est l’avenir de toute une filière qui est remis en cause. Y compris les 1 200 emplois induits pas les outils de d’abattage et de transformation de Villedieu-les-Poëles (50) et Villers-Bocage (14).

Quelle est votre attente ?
Nous ne cherchons pas à augmenter la production. Nous exigeons simplement qu’on accepte le renouvellement des générations. Qu’on laisse les élevages se mettre aux nouvelles normes techniques européennes. Dans le cas contraire,
c’est la production porcine qui va disparaître du paysage bas-normand.
700 élevages en Normandie
Avec 700 élevages de taille familiale et 7 % du chiffre d’affaires agricole, la Normandie est la 3ème région productrice de porcs en France, très loin cependant derrière la Bretagne et les Pays de Loire. On produit dans notre région 1,25 million de porcs par an soit 5 % du volume hexagonal.

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