L'Agriculteur Normand 12 septembre 2017 à 08h00 | Par Sandrine Bossière

Philippe Gosselin rencontre les agriculteurs

Les adhérents de la FDSEA 50 continuent d’aller à la rencontre de leur député de circonscription. Jeudi 7 septembre, c’était à Percy avec Philippe Gosselin au sein du Gaec des Palmes. Une rencontre basée sur les échanges des problématiques.

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- © SB

annick, Marie-Andrée et Florent Morin ont accueilli au sein de leur exploitation leurs collègues, adhérents de la FDSEA de la circonscription de Saint-Lô, et le député Philippe Gosselin pour aborder les sujets préoccupants de l’agriculture manchoise. Les sujets ne manquent pas.
En préambule, les hôtes ont présenté leur outil de production. Une exploitation de 200 ha, 200 vaches laitières 100 % Normandes, et un atelier de 20 000 poules pondeuses. Si Yannick a rejoint son père en 1993, l’exploitation n’avait pas le même visage à l’époque avec quatre fois moins de surface. Depuis, son épouse, comptable pendant huit ans, l’a rejoint ainsi que dernièrement son fils, Florent âgé de 23 ans. « Et le second est en école agricole » précise Yannick.

Sortir des clichés
L’agriculture est donc une évidence pour la famille Morin. Avec son fils, et peut-être son deuxième dans
l’équipe « c’est motivant. C’est le top » lâche-t-il, démontrant que le modèle familial a du sens. Pour autant, aucun des membres n’en oublie les problématiques. Et face à Philippe Gosselin, Yannick Morin a soulevé le sujet du bien-être animal. Un sujet qui touche aussi bien la production bovine qu’avicole. « Depuis que nous avons fait le bâtiment pour les poules pondeuses, nous avons remis aux normes en 2003, puis en 2012. Ce n’est jamais fini » assure-t-il. Et quand le producteur entend devoir sortir toutes ses poules, il monte au créneau. « Pour 20 000 poules, il faudrait 10 hectares de terrain. C’est inconcevable ». Tout ceci pour répondre aux interrogations de l’opinion publique. Or, « ce n’est pas les exploitations françaises qui ont mis le bazar dans la crise des œufs contaminés, mais la Hollande. De même pour la vache folle avec la Grande-Bretagne. On est dans des clichés » reconnaît Philippe Gosselin. 

Des mois déterminants
Autre sujet d’actualité : les Etats généraux de l’alimentation. Le parlementaire a été interrogé. Clairement, un des adhérents lui demande « qui va être à l’arbitrage ? ». « Très honnêtement, je n’en sais rien » lui répond Philippe Gosselin. « On nous avance une nouvelle politique. Je dis Banco. Mais beaucoup de questions restent en suspens. Les prochains mois vont être déterminants. Il y a une phase plutôt apaisée en ce moment parce que les syndicats sont à l’écoute. Mais si l’espoir n’est pas redonné à la profession, cela augure mal l’avenir. Il y a jusqu’à la fin de l’année pour
réussir » avertit le député.

Jouer avec l’opinion publique
La position des membres du gouvernement interpelle les adhérents du Saint-Lois. « J’ai l’impression que Nicolas Hulot est plus écouté que Stéphane Travert » lâche l’un d’entre eux. Philippe Gosselin ne s’exprimera pas directement sur le sujet mais pour lui, « il y a une bataille avec l’opinion publique ». Les questions environnementales, bien-être animal sont sensibles. Alors, il conseille de prendre à bras le corps la communication.
« Vous ouvrez déjà vos exploitations, vous échangez sur vos modes de production. Mais il faut que vous soyez encore plus présents. Nous sommes dans un monde de communication ».

Reprendre la main
Les éleveurs le savent bien. Ils veulent d’ailleurs reprendre la main sur leur filière, notamment laitière, en lançant « Cœur de Normandy », une brique de lait produite, transformée et conditionnée en Normandie. « Nous voulons récupérer l’image de notre territoire » souligne Anne Jeanne, secrétaire générale de la FDSEA. « Il y a un côté pionnier » reconnaît le député dans ce nouveau produit. Et pour lui, « les GMS ont mangé leur pain blanc. La société évolue et il n’y a pas que les éléments financiers qui rentrent en ligne de compte dans l’acte d’achat des consommateurs » ajoute-t-il.

Le patron, c’est le politique
L’aspect normatif, l’excès réglementaire, le transfert de foncier, l’environnement ont aussi rythmé les échanges. Et au final, Sébastien Amand, au nom de ses collègues, lui demande d’influer là où il peut. « J’espère que les parlementaires auront la force, l’énergie de faire infléchir les administratifs ». Ce à quoi répond Philippe Gosselin : « Le patron, c’est le politique qui doit siffler la fin de la partie ».
Alors les adhérents de la FDSEA de la Manche regarderont de près qui tient le sifflet.

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