L'Agriculteur Normand 17 novembre 2009 à 08h25 | Par Delphine BOUTTET/B. GAILLARD - ARVALIS-UNIP

Pois et féverole de printemps - Réussir son désherbage

Après celui des semences, le désherbage représente le 2ème poste des charges d’approvisionnement des cultures de protéagineux. Il n’existe malheureusement que peu de produits et les échecs de désherbage ont des conséquences sur les cultures suivantes : autant de raisons pour mettre tout en œuvre pour réussir les traitements

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Pour garantir un bon désherbage avec un coût modéré, il est nécessaire :
• de choisir les produits en fonction des mauvaises herbes attendues,
• de bâtir sa stratégie de traitements en fonction des contraintes de ces cultures
• d’adapter les doses des produits herbicides à la stratégie choisie
• et de gérer son désherbage grâce à une rotation diversifiée.
Si le désherbage du pois protéagineux peut s’envisager en prélevée, en post levée ou en programme “pré + post”, il n’en est pas de même pour la féverole, culture pour laquelle il n’existe aucune solution antidicotylédones utilisable en post-levée.

Féverole : traitement de post semis prélevée obligatoire
Alors que les possibilités de lutte chimique en post levée contre les graminées sont multiples, il n’existe aucune solution antidicotylédones utilisable en post-levée en féverole. La réussite de la prélevée est donc capitale.
Pour lutter contre les dicotylédones en prélevée, les principaux produits disponibles sur féverole sont le NIRVANA S (4.5 l/ha), le CHALLENGE 600, le PROWL 400/ BAROUD SC et le CENTIUM 36 CS (0.25 l). Certaines associations avec ces produits permettent d’élargir les spectres d’efficacité. L’efficacité des produits et des mélanges autorisés est rassemblée au tableau 1.
On n’oubliera pas que la féverole peut être binée sous réserve que l’écartement entre rangs l’autorise. Il est tout à fait possible, compte tenu du peuplement recherché (35-40 grains/m²) d’écarter les rangs à 30-35 cm, voire 25-30 cm ce qui rend possible le binage.

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Pois : plusieurs stratégies possibles
La lutte contre les dicotylédones étant possible en post-levée, même s’il y a peu de produits, le désherbage du pois peut être envisagé de plusieurs façons (cf. tableau 2).
Cela étant, le traitement de post semis prélevée reste une assurance, surtout dans les parcelles à risque de salissement important ou avec des adventices difficiles (gaillet, renouées…). Par ailleurs, il est souvent difficile d’intervenir tôt en post levée (conditions climatiques, disponibilité…). Lorsque c’est possible, les programmes post-semis-prélevée puis post –levée constituent un bon compromis.
Le choix d’une application unique en post-levée doit être limité aux parcelles faiblement enherbées et tenir compte des contraintes associées aux produits disponibles. Les produits et associations utilisables en post-levée sont limités et nécessitent, pour une bonne efficacité, d’être appliqués sur des adventices jeunes (stade cotylédons à 2-3 feuilles). Leur spectre d’efficacité est détaillé au tableau 3.

Préserver la sélectivité et l’efficacité des traitements
Pour une bonne efficacité et une sélectivité optimale des mélanges utilisés, il faut respecter les conditions d’emploi suivantes :
En prélevée :
• Adapter la dose au type de sol (argile et matière organique). Baisser la dose en sols sableux.
• Traiter sur des semences bien recouvertes et sur un sol bien rappuyé.
• Traiter le plus près possible du semis, exception faite pour le Challenge 600, appliqué seul sur pois qui peut se positionner jusqu’au stade crosse sous terre.
• Ne pas rouler après application.
•Eviter de traiter sur un sol sec car les produits disponibles sont de type racinaire.
En post levée :
• Ne pas traiter sur des cultures en mauvais état végétatif
• Ne pas traiter en conditions d’amplitudes de température importantes entre le jour et la nuit
• Ne pas mélanger les herbicides antidicots avec des adjuvants, des insecticides ou avec des antigraminées foliaires.
Contrairement au pois, la féverole est très sensible aux herbicides et il n’est pas rare d’observer des symptômes de phytotoxicité. Dans la majorité des cas, ces symptômes sont visibles longtemps en culture mais sont sans conséquences grave sur le rendement.
Les principaux symptômes observables sur féverole sont présentés sur les photos qui suivent. Les marques liées à la pendiméthaline passent souvent inaperçues du fait d’une non décoloration des feuilles contrairement à celles laissées par l’aclonifen et surtout la clomazone (couleur jaune citron).

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Antigraminées : plusieurs solutions possibles
La plupart des herbicides de prélevée présente une efficacité satisfaisante sur pâturins, en particulier pâturin annuel, mais moyenne à insuffisante sur ray grass, vulpin et insuffisante sur folle avoine.
Les antigraminées foliaires permettent un bon contrôle en post levée des graminées à l’exception du pâturin annuel (uniquement maîtrisé par CENTURION 240 EC / OGIVE). En règle générale, le vulpin et la folle avoine sont plus faciles à détruire que le ray grass. Pour une bonne efficacité, il faut intervenir sur des adventices jeunes (3 feuilles à tallage).
Ces produits ne sont pas utilisables en cas de résistance des vulpins et ray grass. Dans ces situations mais également dans les situations où l’on soupçonne une résistance de ces mêmes adventices aux sulfonylurées, il est possible d’envisager l’emploi de LEGURAME PM, dont le mode d’action est différent (racinaire). Il s’agit d’un investissement important (68 €/ha) mais valorisable sur toute la rotation. Ce produit s’applique du stade 2 à 6 feuilles sur pois et féverole ; son action est lente et requiert un sol humide. Attention au respect du Délai Avant Récolte de 90 jours. Cet antigraminée racinaire présente aussi sur quelques dicotylédones (chénopode, coquelicot, stellaire, véroniques) des efficacités secondaires.

NIRVANA disparaît au profit du NIRVANA S
• Le changement de formulation du NIRVANA a entraîné un changement de nom : NIRVANA S. Ce qu’il faut retenir, c’est que la dose homologuée reste à 4.5 l/ha avec un Délai Avant Récolte de 90 jours et une ZNT de 20 mètres. Le Nirvana S possède le même spectre d’activité que Nirvana ; Les associations avec Challenge 600, Centium 36 CS sont possibles.
Attention : Nirvana S ne devra pas être appliqué plus d’un an sur deux pour des doses d’application annuelles supérieures à 2.2 l
De même, les applications de postlevée  à 2 l (non recommandées par Arvalis) ne sont plus possibles.
Après application de Nirvana S, il est déconseillé d’implanter une crucifère en fin d’été, c’est donc un élément important à prendre en compte dans le choix du couvert. Cette restriction existait aussi avec Nirvana.

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