L'Agriculteur Normand 20 juillet 2016 à 08h00 | Par V.Motin

Préservation des terres agricoles : des idées à défricher

Les Jeunes Agriculteurs et la FDSEA du Calvados dénoncent le « grignotage incessant des terres agricoles ». Les deux syndicats ont entamé des rencontres avec les maires de l’agglomération caennaise. Ils ont commencé par Michel Patard-Legendre, maire d’Ifs. Explications de Patrice Lepainteur, président de la FDSEA 14. L’occasion d’évoquer l’extension de la forêt d’Ifs et la construction de la maison d’arrêt.

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Sur l’agglomération caennaise, une soixantaine d’hectares de friches attendent une nouvelle destination. Problème, le coût de leur dépollution est souvent jugé trop élevé par les acteurs économiques. Construire sur des terres agricoles s’avère alors plus simple. C’est le constat amer de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs.
Sur l’agglomération caennaise, une soixantaine d’hectares de friches attendent une nouvelle destination. Problème, le coût de leur dépollution est souvent jugé trop élevé par les acteurs économiques. Construire sur des terres agricoles s’avère alors plus simple. C’est le constat amer de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs. - © VM

Vous avez de nouveau évoqué la possible extension de la forêt d’histoire. Le syndicalisme agricole a déjà travaillé sur ce dossier par le passé. L’affaire n’était-elle pas réglée ?

L’extension reste inscrite dans le plan local d’urbanisme. Ce document nous a alertés. Il y a quelques années, la FDSEA et les JA avaient rencontré les élus pour les dissuader de réaliser ce projet. Mais, le PLU se transformera prochainement en PLUI qui devient une compétence intercommunale avec Caen-la-Mer. Les élus nous ont promis que cette possible extension sera annulée lors de la transformation en plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI). Nous voulions lever cette incertitude.

Le projet de la nouvelle maison d’arrêt vous inquiète également. N’est-ce pas trop tard pour réagir ?

Non. Il est encore temps de réagir. L’agglomération souhaite conserver sa maison d’arrêt. Elle a donc l’obligation d’en reconstruire une puisque l’existante serait saturée à hauteur de 190 %. Un nouveau bâtiment doit être reconstruit aux normes actuelles. D’après le maire d’Ifs, seule sa commune a évoqué la possibilité de l’accueillir sur son territoire. Elle serait implantée sur des parcelles agricoles. Nous manifestons logiquement notre désapprobation. Un avis de la profession sera donné par le Comité des Oragnisations Professionnelles (COPA) et la Chambre d’agriculture. Ces avis ne doivent pas simplement être classés dans un dossier. Nos syndicats se réservent le droit d’accentuer ces positions. Actuellement, les élus locaux s’assoient complètement sur les avis de la profession.

Concrètement, qu’entendezvous par « accentuer ces positions » ?

Nous pourrons faire des actions. Être écoutés bien religieusement ne suffit pas.

La FDSEA souligne régulièrement qu’elle n’est pas opposée au développement économique. Dans ces conditions, où construire ?

Oui, mais il est inutile de prendre les bonnes terres. Sur Caen la mer, 60 hectares de friches sont en attente. Ces parcelles ne trouvent pas preneur, car des aménagements sont nécessaires, comme des dépollutions. Nous avons l’exemple de Colombelles. On nous rétorque que les coûts de réhabilitation de ces terrains sont trop élevés. Il n’est absolument pas normal que nous ne trouvions pas d’issue à cette problématique. Nous sommes tous responsables puisque nous avons profité des profits de l’industrie. Nous ne devons pas transmettre cette pollution aux futures générations. Je demande un recensement précis de ces terrains laissés en friche, afin de savoir où placer en priorité les futurs aménagements.

N’avez-vous pas intérêt à rencontrer directement Joël Bruneau, maire de Caen et président de Caen la mer ?

Nous devons d’abord sensibiliser tous les élus locaux. Nous devons faire monter la pression. Si nous commençons par aller voir le maire de Caen, je connais déjà le déroulement. Il nous recevra et dans six mois ou un an, on s’apercevra que le monde agricole n’a pas été compris ou pris au sérieux. Il nous faut des alliés. Nous devons les persuader de notre détermination. Nous sommes opposés à la consommation excessive de bonnes terres. Nous y mettrons l’énergie nécessaire. Si nous ne contestons pas la validité de certains aménagements profitables à tous les citoyens, nous dénonçons avec vigueur les projets et constructions qui consomment des terres agricoles sans d’abord étudier les possibilités d’utilisations de friches ou de terrains déjà artificialisés.

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