L'Agriculteur Normand 12 janvier 2016 à 08h00 | Par Patrick CARTOUX Conseiller spécialisé viande bovine Chambre d’agriculture de l’Orne Pour l’équipe du Réseau d’Elevage viande bovine de Normandie

Prévenir les risques de diarrhée des veaux en élevage allaitant

Les diarrhées néonatales sont les pathologies dominantes chez les veaux du troupeau allaitant.

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Elles peuvent rapidement devenir un fléau au sein de l’élevage et avoir des incidences économiques très importantes dues à des retards de croissance difficiles à rattraper et aux soins que demandent les veaux malades, qui n’évitent pas toujours la mortalité. Cependant, certaines mesures préventives permettent de limiter de façon importante l’apparition des diarrhées et donc les pertes économiques.


Les facteurs de risque d’apparition des diarrhées

- Conduite générale du troupeau.

- Alimentation du cheptel, en particulier en fin de gestation.

- Gestion sanitaire des animaux.

- Logement.

- Relation mère-veau et alimentation du veau.

La prévention des risques de diarrhée se gère à différents niveaux !

Le colostrum, premier remède de l’élevage !

Chez la vache, on réserve le nom de colostrum au lait issu de la première traite. Celui récolté ensuite jusqu'au 4e jour est un lait de transition dont la composition se rapproche progressivement de celle du lait entier. Il est avant tout une source de nutriments, de vitamines et d’oligo-éléments. Il apporte aussi beaucoup d’anticorps (immunoglobulines) spécifiques, indispensables au veau dès les premières heures de sa vie. En effet, le veau naît sans aucune défense immunitaire : il n’y a pas de transfert immunitaire de la mère au veau pendant la gestation, les immunoglobulines ne passant pas à travers le placenta. Le colostrum apporte également des défenses non spécifiques : substances détruisant les bactéries ou fixant le fer dont elles ont besoin pour se multiplier, le rendant ainsi indisponible.Le veau doit boire suffisamment de colostrum le plus tôt possible après la naissanceLe veau doit boire du colostrum de bonne qualité et en quantité suffisante. La quantité adéquate est, en moyenne, de 4 à 5 litres dans les premières heures de vie, ou, plus précisément, 10 % du poids du veau dans les 10 heures suivant le vêlage, dont la moitié dans les 6 premières heures (un veau de 50 kg doit boire 5 litres). Les immunoglobulines sont absorbées par le tube digestif du veau et vont pénétrer dans son organisme pendant les 12 premières heures de vie seulement. La richesse du colostrum en immunoglobulines rentre fortement en compte. A quantité de colostrum égale, plus il est riche et plus le veau reçoit d’immunoglobulines. C’est dans ce délai court que le veau doit recevoir la quantité nécessaire d’immunoglobulines.Un très bon colostrum contient plus de 100g d’immunoglobulines/litre. Deux solutions sont disponibles pour vérifier la qualité du colostrum :- le pèse-colostrum ;- le dosage d’anticorps dans le sang. L’éleveur doit constituer sa propre “banque de colostrum”. Il faut prévoir de stocker du bon colostrum : réfrigéré à 4° C (1 mois maximum) ou congelé (1 an maximum).


Des vaches en bonne état, en parfaite santé

Des mères bien nourries

La qualité du colostrum varie en fonction du régime alimentaire de la mère (équilibre), de son rang de lactation (à partir de la 3e lactation le colostrum est de meilleure qualité), de la durée du tarissement (au moins 60 à 90 jours), et de son exposition aux agents pathogènes.Pour avoir des mères qui produisent un colostrum de qualité, la ration doit être équilibrée, permettant une couverture satisfaisante en énergie, azote, minéraux et oligoéléments et vitamines. L’objectif est d’obtenir une note d’état corporel de 2,5 à 3 au vêlage, permettant la constitution de réserves sans que leur engraissement n’entrave leur facilité de vêlage. Les veaux qui ont des difficultés à naître sont plus sujets aux diarrhées que les autres. Il est nécessaire de surveiller l’apport en sel, en minéraux (calcium, phosphore et magnésium), en oligo-éléments (sélénium, cuivre, zinc …) et en vitamines (A, D, E).Le parasitisme est également à surveiller et à contrôler, en particulier l’infestation des vaches gestantes par la grande douve, pour assurer une bonne qualité du colostrum.Les mamelles des vaches doivent être propres car même un colostrum de bonne qualité récolté dans des conditions de propreté insuffisantes perd de son efficacité.


La vaccination des vaches : une solution dans l’élevage où les diarrhées sont récurrentes

La vaccination des mères en fin de gestation (7e à 8e mois de gestation) transmet, durant quelques semaines, une immunité passive au jeune veau au travers du colostrum, en attendant que son propre système immunitaire soit fonctionnel.


Conduite d’élevage au vêlage et logement du nouveau-né

L’hygiène générale et la conduite d’élevage

La désinfection, la dératisation, le vide sanitaire des cases à veau et la séparation des classes d’âges sont des points essentiels de la prévention. Un point d’eau et un pédiluve à l’entrée du bâtiment permettent à l’éleveur, au vétérinaire et à aux visiteurs de laver et désinfecter leurs bottes avant d’y pénétrer et après en être sortis.


Au vêlage

La présence d’un box réservé aux vêlages, qui ne sert pas à isoler les malades, est recommandée.C’est le moyen de limiter au maximum l’exposition du veau aux germes pathogènes pendant les premières heures de sa vie. Le nettoyage et la désinfection de celui-ci doivent être les plus fréquents possibles.

Logement des veaux

Il faut prévoir un box à veau, où les mères n’ont pas accès. Plus les veaux y passent de temps, moins ils sont exposés aux contaminations venant de leurs mères. Privilégier la conduite en lots de veaux d’âges homogènes. Pour éviter la prolifération des bactéries pathogènes, la température de la litière ne devrait pas excéder 36° C. Après la mise à l’herbe, le nettoyage à l’eau chaude sous pression et désinfection de la stabulation, des sols et murs jusqu’à 2 m de hauteur doit être réalisé, avec un produit actif en présence de matière organique. Prévoir un vide sanitaire de plusieurs semaines avant l’introduction de nouveaux animaux.

En savoir plus

Vous pouvez consulter l’intégralité de cet article sur le site de votre Chambre d’agriculture et contacter votre conseiller spécialisé viande bovine pour toute information complémentaire.

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