L'Agriculteur Normand 12 février 2010 à 09h19 | Par Nathalie DILLY CA 50

Protection insecticide du maïs au semis - Quelles solutions pour 2010 ?

Le maïs est sensible aux attaques parasitaires du semis jusqu'au stade 5-6 feuilles correspondant à sa phase de sevrage. Cette sensibilité est d'autant plus marquée que les conditions de levée et de croissance du maïs sont ralenties. Les attaques parasitaires engendrent des dégâts très souvent pénalisants en raison de la réduction du nombre de pieds et de la très faible compensation de la plante (absence de tallage). Pour 2010, 3 solutions insecticides s'offrent aux agriculteurs pour protéger leurs semis. Force 1,5 G et Belem 0,8MG, pyréthrinoïdes en localisé au semis et Cruiser 350 en traitement de semences.

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Larve de taupin.
Larve de taupin. - © DR

Le maïs est sensible à plusieurs ravageurs
- Le taupin (ennemi n° 1).
- Les mouches (oscinie, géomyza) (ennemi n° 2).
- Les mille-pattes (blaniules, scutigèrelles) et ceux plus occasionnels : mouche du semis, vers blancs et tipules.

Les dégâts potentiels sont surtout générés par des pertes de pieds (tableau 1)
Les ravageurs qui occasionnent les dégâts les plus importants sont protégés, soit par le sol (ex : larves de taupins), soit par la plante (ex : asticots des mouches) (tableau 2). Il faut donc traiter de manière préventive en plaçant l'insecticide dans le sol au moment du semis. La protection compte tenu de son coût se décidera après analyse des risques pour chaque parcelle à semer.

Le traitement de semence
L'autorisation du Cruiser 350, insecticide en traitement des semences de maïs grain, ensilage et porte graine femelle a été délivrée pour les semis 2010 pour la lutte contre les taupins et oscinies.
Le thiaméthoxam, matière active de ce produit, a été testé plusieurs années par Arvalis-Institut du végétal et a clairement montré son efficacité sur ces ravageurs.
Le thiaméthoxam protège la graine par action de contact mais également par voie systémique. Son action protectrice perdure jusqu'au stade 7-8 feuilles du maïs. Outre sa simplicité de mise en œuvre puisqu' associée à la semence et sa rapidité d'action en tous types de sol, son efficacité est également moins dépendante des conditions climatiques notamment en cas de sécheresse.

Pied de maïs attaqué par l'oscinie (tallage).
Pied de maïs attaqué par l'oscinie (tallage). - © DR

Attention aux conditions d'utilisation très encadrées !
Un changement important dans les conditions d’utilisation imposées jusqu’alors : le Cruiser 350 est utilisable tous les ans. Une parcelle de maïs Cruiser l'année dernière pourra donc pour les prochains semis être semée de nouveau avec des semences traitées avec ce produit.
Il reste cependant un certain nombre de conditions d’utilisation à respecter :
- semer avant le 15 mai ;
- densité de semis maximale : 2,2 unités de semences par hectare soit 110 000 graines/ha ;
- pour protéger les organismes du sol, ne pas appliquer de produit contenant du thiaméthoxam ou de la clothianidine sur plus d’une culture par an. En d’autres termes : pas d’application de produit à l’automne suivant une culture traitée au printemps de la même année ou pas de traitement de printemps pour une culture traitée à l’automne précédent ;
- pour protéger les oiseaux et les mammifères sauvages, les semences traitées doivent être enfouies dans le sol. Il faut donc contrôler que cet enfouissement soit correct notamment au bout des sillons ;
- le produit étant dangereux pour les abeilles : ne pas introduire de plantes pouvant devenir attractives pour les abeilles dans la rotation culturale ou appliquer des mesures permettant de limiter l’exposition des abeilles ;
- ne pas utiliser d’insecticides de la famille des néonicotinoïdes en traitement foliaire dans les cultures où les semences ont été traitées avec du thiaméthoxam afin d’éviter les risques d’apparition de résistance croisée ;
- renforcement des conditions d'enrobage des semences ;
- obligation pour les agriculteurs de mettre en place des déflecteurs sur les semoirs afin de limiter les émissions de poussières lors du semis.
Coût estimatif : 70 à 80 €/ha.

Microgranulés en localisé au semis
Le Force 1,5 G est autorisé sur maïs et maïs doux à la dose de 12,2 kg/ha sur taupins. Ce produit à base de téfluthrine utilisé en localisé au semis agit à l'endroit où il est positionné. Son efficacité est conditionnée par un positionnement optimal du produit dans la raie du semis. Sans une application précise, des problèmes d'efficacité peuvent apparaître.
Les conditions d'emploi sont les suivantes :
- limitation des traitements avec le Force 1,5 G à une application tous les 3 ans ;
- utiliser un microgranulateur équipé d'un diffuseur (fourni avec le produit) permettant une bonne répartition du produit ;
- obligation de porter des gants de protection, un vêtement de protection et un masque anti-poussières pendant toutes les phases d’application.
Coût estimatif : 65 à 75 €/ha.
Le Belem 08 MG, à base de cyperméthrine, a obtenu son autorisation de mise sur le marché sur maïs à la dose de 12 kg/ha contre taupins. Comme le force 1,5 G, son positionnement conditionne son efficacité. Son application doit donc se faire à l'aide des diffuseurs fournis avec le produit.
Coût estimatif : 50 à 55 €/ha.

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Anticipez la protection pendant l'interculture
Dès l'interculture, par le déchaumage la protection du maïs peut être anticipée. Cette technique est un moyen de lutte agronomique contre les ravageurs protégés par le sol. Ce travail du sol expose notamment les larves de taupins au froid et aux prédateurs naturels.
Au-delà de la protection insecticide, favoriser une implantation rapide du maïs par une mise en place de la culture dans des conditions agronomiques favorables aide indirectement à limiter les attaques. Le travail du sol et la qualité du semis se doivent d'être réalisés dans les meilleures conditions possibles. Le semis dans des terres ressuyées et réchauffées, à une profondeur adaptée, le choix d'une variété disposant d'une bonne vigueur au départ ainsi que l'apport d'une fumure starter sont autant d'atouts importants dans les parcelles à risque.

Nathalie DILLY
Chambre d'Agriculture 50

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