Aller au contenu principal

Ragondins : tsunami dans les marais

Les dégâts causés par le ragondin se multiplient dans le département. Jean Philippe Mournaud, éleveur en agriculture biologique dans les marais de la Dives, en fait les frais chaque année. Témoignage.

« Protéger les zones humides est une priorité pour beaucoup d’administrations et d’associations. Mais le combat passe d’abord par une régulation des espèces invasives. Or depuis des décennies l’écosystème du marais est mis à mal par une espèce qui n’a pas sa place dans ce milieu » déplore Jean Philippe Mournaud.

Conséquences pour la biodiversité, risque pour la santé humaine et impact sur l’économie
« Le marais est devenu un gruyère ; depuis 5 ans la situation ne cesse de s’aggraver ».  Jean Philippe installé en 2005 dans le marais de la Dives constate les nombreux dégâts dus à l’activité de l’animal, qui « n’est pas dans son milieu naturel ».
Inutile de mettre en cause le réchauffement climatique, le ragondin, originaire d’Amérique du Sud a été introduit en Europe par l’homme… Cette introduction dans un milieu, qui n’est pas le sien, a des conséquences multiples. En raison de l’absence de son seul prédateur (le caïman), un couple de ragondins peut engendrer 90 descendants en deux ans…
Chaque exploitation du marais, chaque parcelle sont impactées par les dégâts. Et la liste est longue : Diminution de la faune locale (poule d’eau, râle d’eau…) ; de la flore (1 mètre d’herbes mangées le long des canaux…) ; les buses qui sont obstruées ; les berges qui s’effondrent ; des trous... Jean Philippe estime sa perte économique due aux rachats de matériel agricole (une rotule de direction du tracteur,  un châssis de voiture, un arbre de roue de faneuse) à près de 5000 € depuis son installation. A cela s’ajoutent les risques sanitaires, notamment pour la santé humaine.   

De ses erreurs, il est toujours beau de se corriger
Introduire une espèce animale ou végétale dans un milieu qui n’est pas le sien est une erreur. Cette erreur, l’Homme l’a commisse il y a 40 ans. A cette époque, on ignorait les conséquences sur la biodiversité. « Aujourd’hui, il est de notre responsabilité de réparer ». Grâce à la FREDON, Fédération Régionale de Défense contre les Organismes Nuisibles, des actions de régulations sont entreprises, notamment la mise en place de piégeages. Pour Jean Philippe Mournaud, ces mesures de régulation vont dans le bon sens, mais ne sont pas suffisantes au vu de la prolifération de l’animal. « Il faut passer à l’étape supérieure, c'est-à-dire assurer la formation des chasseurs, communiquer sur la réglementation, mettre en place un bac d’équarrissage. Toutes les bonnes idées sont les bienvenues, car rien ne semble stopper l’invasion ».

Besoin d’une prise de conscience
Depuis son installation, Jean Philippe Mournaud, également Président de la section agriculture biologique et ovine à la FDSEA du Calvados, s’attache à protéger le milieu qu’il exploite. Très attaché à son marais, il ne peut rester les bras croisés. Il a évoqué en conseil d’administration de la FDSEA sa volonté de réunir les différents acteurs. « Il faut arrêter cette agression sur le milieu naturel, des solutions radicales doivent être trouvées ».
Le regard posé sur « son » marais, Jean Philippe Mournaud espère une prise de conscience de tous les acteurs.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

À quelques jours du match, Florian Lemasson était enthousiaste à l'idée de disputer ce tournoi très attendu. Parmi les 450 adhérents de la Coopérative, ils sont nombreux à l'avoir soutenu.
Florian Lemasson, du champ de lin au stade de foot
Florian Lemasson, responsable cultures et semences à la Coopérative linière du nord de Caen, dans le Calvados, s'est illustré…
Florian Lemasson (à droite) est technicien cultures à la Coopérative linière du nord de Caen. Il est intervenu à la réunion hivernale de l'AGPL en décembre 2025.
Un agriculteur dans le stade
Florian Lemasson, technicien cultures dans le Calvados, jouera mardi 13 janvier 2025 contre... L'Olympique de Marseille (OM) lors…
"Nous demandons aux autorités compétentes de renoncer à tout projet de prise en charge de cadavres infectés par la DNC sur le site de Saint-Langis-lès-Mortagne".
Des animaux euthanasiés pour cause de DNC traités par Atemax dans l'Orne ?
Le 19 décembre 2025, un communiqué de presse demandant de ne pas accepter le traitement des cadavres infectés par la DNC sur le…
Lison étant en proximité de la Manche, 20 communes sont ainsi placées sous surveillance suite à la découverte d'un cas d'influenza aviaire.
Grippe aviaire : un cas dans le Calvados, 20 communes de la Manche sous surveillance
Suite à la découverte d'un cas d'influenza aviaire hautement pathogène (grippe aviaire) dans un élevage de volailles à Lison (…
Cédric Dréano est JA à Messei. Il était accompagné de ses enfants (Louane, 9 ans ; Judith, 7 ans ; et Noé, 3 ans) à l'occasion des parades de Noël à Flers.
[EN IMAGES] La parade des tracteurs a illuminé le centre-ville de Flers
Vendredi 19 décembre 2025, les JA des cantons à proximité de Flers, ont participé à la parade des tracteurs de cette ville.
Quentin a acheté un tracteur Valtra d'occasion en Eure-et-Loir afin de regagner en indépendance vis-à-vis des tâches à effectuer sur la ferme.
Quand l'entraide et la solidarité relèvent une ferme dans le Calvados
Après cinq ans et demi à travailler en tant qu'animateur radio, Quentin Enée, 28 ans, a mis sa vie entre parenthèses pour…
Publicité