L'Agriculteur Normand 08 novembre 2012 à 17h48 | Par T.Guillemot

Rénovation des bétons d'élevage - Le décapage thermique met les gaz

Moins connu que le rainurage, le décapage thermique (ou brûlage) met les gaz.Plus cher mais plus efficace ? Visite de chantier.

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Au volant de son véhicule spécial transportant oxygène et propylène, Luc Papeta sillonne plein gaz les routes de France. Fondateur et gérant de la société Tounet, dont le siège social est dans le Morbihan, il est un des rares prestataires de services spécialisé dans le décapage thermique des bétons agricoles.

Le brûlage : comment ça marche?
“C’est le seul procédé qui permet de dégraisser le béton, affirme-t-il. On utilise un mélange de gaz, oxygène et propylène, qui fait monter une flamme à la température de 2 850oC. Cela provoque un choc thermique qui éclate le béton sur 2 à 3 mm et qui l’assèche sur une profondeur de 2,4 à 3 cm en fonction de sa dureté. Conséquence : on redonne de la rugosité et de la porosité au béton. Ce qui explique que cette méthode dure dans le temps”.Le débit de chantier est moindre qu’un rainurage. De l’ordre de 350 à 400 m2/jour en caillebotis.  600 m2 en béton plein. Il est possible de réaliser cette opération en hiver et en présence des animaux. Ni le bruit ni la flamme n’effraient les bovins. Au préalable, les surfaces bétonnées doivent être nettoyées à haute pression. Une tâche bien souvent assurée par l’exploitant, ce qui diminue d’autant la facture.
Mais Luc Papeta le reconnait. Le décapage thermique est plus onéreux que le rainurage. “Il faut compter entre 6 à 10 e/m2”, devise-t-il à la louche. Plusieurs raisons à cela. Cette technologie est consommatrice d’intrants (les gaz) qu’il faut transporter par véhicule adapté. Par ailleurs, sa mise en œuvre fait appel à un matériel spécialisé.
Au bout du compte, le prix de revient doit tenir compte de la longévité du traitement mais aussi des coûts d’entretien des aires rénovées (nettoyage haute pression) en fonction de leur fréquence.

S’affranchir d’un lavage périodique
Le rainurage, Gilles Busnel (producteur de lait à Grimbosq/14) s’y est essayé dans sa salle de traite. “C’est bien mais il faut nettoyer souvent car les rainures s’emplissent de boue. Avec le brûlage, le béton redevient rugueux alors qu’un béton lisse, on peut le laver toutes les semaines, on ne solutionne pas le problème”. Pour notre agriculteur, la rénovation des bétons s’impose d’autant plus que les stabulations sont confinées. Outre le fait de bétons glissants qui stressent les animaux et peuvent provoquer des lésions consécutives à des chutes, les espaces confinés favorisent également l’apparition de dermatites. Les 2850o C de la flamme constituent un temps un antiseptique ponctuel.
A la marge mais à ne pas négliger, le traitement des surfaces, thermique ou par rainurage, sécurise également l’éleveur.

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