L'Agriculteur Normand 30 décembre 2013 à 08h00 | Par Viviane Simonin Chambre d’agriculture de la Manche

Robotisation de la traite - Robot et pâturage : c’est possible

Le plus souvent, la mise en place d’un robot s’accompagne d’une réduction du pâturage. Cependant, pour des raisons économiques et environnementales, maintenir du pâturage présente un intérêt pour les exploitations laitières. Il permet notamment de réduire le coût alimentaire et de viser l’autonomie alimentaire et azotée.

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L'eau dans les parcelles ne nuit pas à fréquentation du robot, il n'y a pas de raison de l'enlever si les vaches en disposent avant l'installation du robot. Inversement, il n'est pas indispensable d'en avoir dans les parcelles les plus proches du bâtiment, par contre, il faut au moins en mettre dans les parcelles éloignées (plus de 800 m) pour les journées plus chaudes.
L'eau dans les parcelles ne nuit pas à fréquentation du robot, il n'y a pas de raison de l'enlever si les vaches en disposent avant l'installation du robot. Inversement, il n'est pas indispensable d'en avoir dans les parcelles les plus proches du bâtiment, par contre, il faut au moins en mettre dans les parcelles éloignées (plus de 800 m) pour les journées plus chaudes. - © CA 50

Une étude sur 3 ans, financée par DGER, pilotée par  l’Institut de l’élevage en partenariat avec les Chambres d’agriculture avait pour  objectif d’identifier les pratiques et le mode d’organisation du pâturage compatible avec une traite robotisée. Le programme a permis de suivre 20 fermes pilotes réparties dans 18 départements du Grand Ouest dont la Manche, du Massif Central, du Nord-Est et des Alpes. En parallèle, des essais ont été mis en place à la station expérimentale de Derval (44) et un robot mobile a été installé à la station de Trevarez (29).Cet article reprend l’essentiel des conclusions de cette étude.


Pâturer avec un robot est possible à certaines conditions

• Motivation de l’éleveur pour trouver une organisation qui corresponde aux spécificités de l’exploitation.

• Entretenir quotidiennement la motivation des VL en créant des habitudes pour assurer une bonne circulation. • Assurer une accessibilité permanente autour du bâtiment pour que les vaches puissent circuler librement entre les pâtures et le robot.

• Plus le robot est saturé,meilleure devra être la circulation entre les parcelles et le bâtiment.

• En conservant 20 à 25 ares par vache, c’est possible de valoriser la surface en herbe. Tous les modes de gestion du pâturage sont compatibles avec le robot de traite.

Comment motiver les VL à revenir au robot ?

Proposer plusieurs parcelles par 24 heures fluidifie la circulation : dans la perspective d’un nouveau repas, les vaches laitières sont incitées à circuler. La gestion automatisée par porte de tri aide à rendre fluide cette circulation.Peu d’élevages sont au-delà d’une valorisation d’1,5 t MS d’herbe pâturée / VL / an.L'eau dans les parcelles ne nuit pas à la fréquentation du robot, il n'y a pas de raison de l'enlever si les vaches en disposent avant l'installation du robot. Inversement, il n'est pas indispensable d'en avoir dans les parcelles les plus proches du bâtiment. Par contre, il faut au moins en mettre dans les parcelles éloignées (plus de 800 m) pour les journées plus chaudes. Des accès stabilisés et des chemins suffisamment larges sont indispensables pour favoriser la sortie des vaches au pâturage.Pas d’organisation type de la journée de pâturage, l’enjeu principal lorsque l'on veut concilier robot de traite et pâturage est de réussir à faire circuler les vaches en intervenant le moins possible. Ces interventions sont, par ailleurs, un moment privilégié pour pouvoir observer le troupeau et contrôler l'état des parcelles.

Conserver une part de fourrages complémentaires à l’auge

Il faut régulièrement ajuster la quantité de fourrages complémentaires distribués au Stock d'Herbe Disponible et la pousse de l'herbe. Mettre les fourrages complémentaires à disposition le soir favorise le retour des vaches. Si on veut maximiser les quantités d'herbe pâturée ingérée, il faut que les vaches sortent le ventre vide le matin. En système de traite robotisée, la présence de concentré au robot est une source de motivation très importante pour les vaches.  Pour minimiser le coût alimentaire au pâturage, on peut choisir un concentré énergétique autoproduit. Contrairement aux idées reçues, l'installation du robot de traite n'est pas forcément synonyme d'une augmentation de la consommation en concentrés.

Conséquences du choix d’un système pâturant

En moyenne, on observe une baisse de la fréquence de traite de 0,24 traites/VL/jour par rapport à la période 100 % bâtiment.Avec le robot, les éleveurs recherchent avant tout à diminuer la charge de travail, gagner en souplesse horaire et pallier au manque de main-d'œuvre. Pour ce qui est du temps passé à la gestion du pâturage, le temps d'astreinte sera augmenté par rapport à la période hivernale. Toutefois, le temps lié autour de l'herbe peut être compensé par une réduction des autres tâches : nettoyage, entretien du couchage, distribution des fourrages.Sur les  14 élevages ayant réalisé une enquête travail, il en découle un gain de temps moyen d'environ 1 h 25 entre période de pâturage et période hivernale.

Coût alimentaire gagnant

L'herbe est un aliment équilibré et valorisable à moindre frais. Le pâturage améliore les aplombs des animaux et limite les boiteries. En période de pâturage, l'éleveur réalise une économie importante sur les fourrages stockés, en particulier s'il valorise l'herbe au maximum. Economie également observée sur le poste concentrés, notamment correcteur azoté. Sur la période avril- mai, ces économies fourrages stockés et concentrés, se chiffrent dans une fourchette variant d’une soixantaine à une centaine d’euros pour produire 1 000 l. Le premier critère pouvant influencer la quantité d’herbe consommée reste le potentiel à pâturer de chaque exploitation. En effet, c'est avant tout l'accessibilité qui est déterminante pour pouvoir pâturer. Il est important de retenir que le pâturage a un intérêt non négligeable sur le coût alimentaire, et que l’éleveur doit trouver l’organisation qui corresponde aux spécificités de son exploitation.

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