L'Agriculteur Normand 09 février 2015 à 08h00 | Par T. Guillemot

Sylvie Le Brun : "2 ans pour essayer de trouver un accord"

Rencontre avec Sylvie Le Brun (sa présidente), mercredi soir, à la mi-temps du congrès de la SNFM.

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© TG

Quel bilan tirez-vous de cette première journée de travaux?


Un bilan très positif. Comme chaque année, les débats sont très riches du fait de la diversité des régions et des productions françaises. Ce qui signifie que les besoins sont différents et que le statut du fermage doit avoir un cadre national mais avec des spécificités départementales. Bien-sûr, dès que nous évoquons le sujet, il y a un peu d'appréhension et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle nos débats sont très animés. Nous sommes reconnus, à la SNFM, comme sachant nous dire ce que nous avons sur le coeur.

 


On parle beaucoup de toilettage du statut du fermage. Cela signifie quoi ?


Je ne dirai pas toilettage. Toilettage, c'est parfois ne supprimer qu'une ou deux virgules. Or, ce que nous voulons, c'est que le statut du fermage s'applique vraiment à l'agriculture professionnelle d'aujourd'hui. Il a été mis en place au lendemain de la guerre et pour que tout le monde puisse produire parce que la France avait faim. Aujourd'hui, ce dont nous avons besoin c'est de sécurité et de pérennité pour pouvoir transmettre nos exploitations. En 1946, c'était 1 exploitant face à 1 propriétaire. Aujourd'hui, c'est 1 exploitant pour 10, 20 voire 30 propriétaires. Avec cette multi-propriété, nous avons encore plus besoin d'une vision d'avenir.

 


Quels thèmes allez-vous aborder demain?


Nous allons discuter autour d'une table ronde avec différents intervenants. Tout d'abord le sénateur Jean Bizet qui va nous parler de sa vision économique de l'agriculture. Il est important que les parlementaires nous disent ce qu'ils attendent de nous. Ensuite, le Crédit Agricole qui va nous parler de financement. Ce qui nous intéresse, c'est de savoir quel niveau de sécurité exige un banquier quand un agriculteur souhaite investir. FNSEA, JA, APCA (...) vont également apporter leur vision des choses. Cette table ronde est très importantes parce que nous attendons des réponses et avons besoin de perspectives. J'apporterai ma conclusion avec la charge de porter la parole des fermiers, synthèse de nos différents échanges.


Concernant cette réforme, quel est le calendrier ?


Notre vision, c'est la fin de notre mandat, c'est-à-dire 2 ans.  Par contre, pour discuter avec les bailleurs et par rapport aux négociations que nous devons poursuivre, notre prochain rendez-vous se tiendra en avril. Ensuite, il est évident que s'ouvre un chantier lourd à gérer. Il faut réussir à mettre tout le monde d'accord. On se donne donc 2 ans pour y parvenir mais peut-être que de petites choses réussiront à se mettre en place entre temps.

Ils ont dit


Alain Richard (grand Est)


"Il y a des données fondamentales sur lesquelles on ne peut pas lâcher, c'est tout ce qui est reprise. Un point mis en avant par les autres régions, c'est le droit de préemption. Nous, nous sommes en multi-propriétés et on se trouve régulièrement confrontés à de l'achat de 4 ou 5 ha pour des raisons diverses. On ne voit pas comment on pourrait traiter ce problème  sans droit de préemption. Sinon, c'est le rôle de la SAFER qui va se trouver conforté avec des apporteurs de capitaux qui n'ont pas toujours une pensée agricole mais parfois plus une pensée financière. Faisons attention , demain, leur lobbying sera peut-être assez fort pour remettre en cause le statut du fermage".

 


Jean-Pierre Liaudon (Rhônes-Alpes)

"Chez nous, le foncier est très cher et on a souvent beaucoup de propriétaires. Fréquemment, les bailleurs veulent reprendre leur terrain pour faire du loisir ou ne pas subir de pression en s'affranchissant du statut du fermage. Il nous faut donc des accords avec les bailleurs pour nouer des liens. Nous avons besoin d'eux. S'ils n'étaient pas là, nous serions obligés d'acheter des terres en puisant sur le privé et des disponibilités dans le privé, on n'en a plus".


Jean-Marc Bonnet (Vendée)


"Une amélioration fondamentale à apporter au statut du fermage concerne la transmission. Transmettre l'entreprise dans sa globalité, quel que soit l'âge du cédant. Désormais, on transmet bien-sur au moment de la retraite mais certains décident aussi, à 40 ans, de changer de métier. Une idée novatrice serait de pouvoir transmettre des baux sans en resigner de nouveaux".

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