L'Agriculteur Normand 31 mai 2011 à 13h26 | Par Anne-Sophie HERVILLARD Anne PLOVIE ARVALIS – Institut du végétal

Tour de plaine - Pucerons dans les blés : surveiller la montée sur épi

Le temps ensoleillé et chaud est propice au développement des insectes. On note la présence de pucerons dans les blés sur les feuilles depuis quelques semaines et, depuis peu, sur les épis, mais aussi celle de coccinelles qui permettent de réguler les populations. La fréquence d’épis infestés par des pucerons est un bon indicateur pour décider de traiter ou non.

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A gauche : Sitobion avenae : couleur du corps variable, cornicules longues et noires. Puceron 
capable de coloniser les épis. A droite : Sitobion avenae : couleur du corps variable, cornicules longues et noires. Puceron capable de coloniser les épis.
A gauche : Sitobion avenae : couleur du corps variable, cornicules longues et noires. Puceron capable de coloniser les épis. A droite : Sitobion avenae : couleur du corps variable, cornicules longues et noires. Puceron capable de coloniser les épis. - © DR

N’intervenir que si 1 épi sur 2 est infesté par au moins un puceron

Présents sur le feuillage depuis plusieurs semaines dans les parcelles de blé, les premiers pucerons sont détectés sur les épis de blé. Dans la majorité des cas, les infestations restent faibles et le seuil d’intervention fixé à 1 épi sur 2 colonisé par au moins un puceron semble rarement atteint à l’heure où nous écrivons. A l’inverse, on note la présence fréquente de coccinelles, capables de réguler les populations de pucerons. Le climat ensoleillé et chaud, favorable au développement des insectes, incite néanmoins à poursuivre les observations jusqu’au stade grain pâteux, marquant la fin du stade sensible. Le développement s’effectue essentiellement lorsque les pucerons peuvent prélever la sève montante, de floraison à grain laiteux - pâteux. Au-delà, les populations régressent. Parcourir les parcelles en diagonale pour repérer les éventuels foyers de pucerons. Tant que le seuil de nuisibilité n’est pas atteint, il est déconseillé de traiter. Un insecticide détruirait la faune auxiliaire, avec le risque de voir à nouveau augmenter les populations de pucerons en fin de persistance d’action des produits, nécessitant une nouvelle intervention.


Choisir son insecticide

Les écarts de rendements entre produits sont rarement significatifs. Les comparaisons de produits font apparaître uniquement des nuances d’efficacité en termes d’effet de choc ou de persistance. Les insecticides sont essentiellement des produits de contact, leur action excède rarement 2 semaines.  Les produits à base de pyréthrinoïdes (DECIS PROTECH, KARATE XPRESS, MAVRIK FLO,…), ou le flonicamide (TEPPEKI) doivent être positionnés au début de la croissance active de la population, c'est-à-dire, dès que le seuil de un épi sur deux infesté est atteint. Ces produits ont des persistances d’action correctes, mais peuvent être mis en défaut sur des populations très développées. En revanche, lorsque la population de pucerons est plus importante (plus d’un épi sur 2 colonisé par au moins un puceron et en conditions de développement très favorables avec une population qui double en 4 jours ou qui triple en 7 jours), un traitement avec un insecticide plus percutant, à “action de choc” s’avère préférable (ex : PIRIMOR G, KARATE K, …). Dans le cas où le traitement viserait aussi les cécidomyies, vérifier l’homologation du produit contre les deux cibles.Un volume supérieur à 150 l/ha A chaque passage, quelle que soit la spécialité commerciale, un volume de bouillie de 150 à 200 l/ha est le minimum pour assurer une couverture suffisante de l’épi, une cible difficile à atteindre. Respecter également des conditions d’hygrométrie favorables (> 60 %) et l’absence de vent pour limiter la volatilisation des produits.
Renouveler l’intervention ?On conseille de reprendre la surveillance une dizaine de jours environ après le traitement. Une nouvelle intervention peut être effectuée en cas d’un dépassement du seuil avant le stade grain pâteux.  Attention cependant, pour les traitements tardifs, il est impératif de veiller au respect du DAR (Délai Avant Récolte).

Différentes espèces de pucerons

3 espèces de pucerons peuvent être rencontrées dans les blés :

• Sitobion Avenae, l’espèce principale qu’on retrouve sur épi : Parfois présent sur feuille, il devient nuisible lorsqu’il colonise les épis. Il est caractérisé par la présence de cornicules noires qui dépassent de l’abdomen. La couleur du corps est variable, passant du vert au marron, voire au rougeâtre. Une même colonie peut être composée d’individus de couleurs différentes, mais leurs cornicules restent toujours noires.

• Métopolophium dirhodum : de couleur entièrement verte, ce puceron reste cantonné sur le feuillage et ne montera pas sur les épis. Il est inoffensif.

• Rhopalosiphum Padi : Ce puceron trapu reconnaissable à son abdomen rouge, est plus fréquent à l’automne où il peut être vecteur de la JNO. Parfois rencontré au printemps, il ne présente plus de danger à ces stades du blé. Capable de monter sur les épis, il ne forme pas de colonie comme Sitobion Avenae et reste donc peu nuisible.

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