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Un bonnet rouge qui dit "merci" aux betteraviers bas-normands

A la tête d'une entreprise bretonne de transport, Pascal Desaneaux réalise en 3 mois et demi 65 % de son chiffre d'affaires grâce à la betterave sucrière bas-normande. "Du beurre dans les épinards pour le reste de l'année", avoue-t-il humblement.

Petit, Pascal Desaneaux a fréquenté l'école maternelle d'Eppeville dans la Somme, au moins l'automne. Son père a démarré son activité de transport dans la betterave en 1963. Avec sa maman, il suivait dans la caravane. Des milliers de tonnes de betteraves plus tard, il s'est rapproché de chez lui, Saint-Carreuc, dans les Côtes-d'Armor. Car c'est désormais à Cagny (14) qu'il passe l'automne. Il a tout simplement suivi le responsable logistique de St-Louis Sucre avec lequel il travaille en toute confiance. Son père n'est plus de la partie, mais la tradition familiale est respectée. Ses deux fils, Benoit et Guillaume, l'accompagnent. Successivement chauffeurs de camion, conducteurs de l'avaleur ou bien encore dans quelques jours aux commandes de la machine à bâcher.

280 000 km en cumulé par an
Pascal et ses 4 camions (2 chauffeurs par camion) sont arrivés à Cagny vers le 20 septembre. Ils repartiront début janvier. Jour et nuit, du lundi au vendredi, ils sillonnent les routes du Calvados et un peu de l'Orne et de l'Eure pour alimenter en betteraves sucrières l'usine Saint-Louis-Sucre.
1 000 km par jour et par camion, soit 280 000 km au terme d'une campagne bien huilée. "Avec ce système de double journée, ces 3 mois et demi équivalent à 7 mois de boulot chez nous. C'est 65 % de notre chiffre d'affaires, ça met du beurre dans les épinards", reconnait-il. Si on y ajoute le transport estival de céréales en Bretagne pour le compte de la Cooperl, l'entreprise est agricolo-dépendante à 75-80 %. Presque un gage de sécurité car l'activité complémentaire des Transports Desaneaux, ce sont les travaux publics. "Un secteur en crise".
Le contrat avec l'industriel est renouvelable tous les ans. "Il faut rester professionnel, respecter les consignes de sécurité, faire des coupures intelligentes (Ndrl : 4 h 30 de conduite pour 3/4 h de pause)... On suit notre avaleur avec nos camions et si la distance silo/usine est trop grande, Régis (Ndrl : le responsable logistique de Saint-Louis Sucre Cagny) complète avec des camions d'autres entreprises".  C'est une autre particularité de cette PME bretonne. Elle a investi il y a 5 ans dans un avaleur. Un sacré appétit : 330 000 t par campagne.  Dans cette même logique, elle va déployer, dès que le thermomètre va baisser, sa machine à bâcher. Chez les Desaneaux Père et Fils, on croit en l'avenir de l'agriculture.

Le transport par hélicoptère
"Bientôt, il faudra transporter les betteraves par hélicoptère". C'est le seul bémol que Pascal lâche. Dans son viseur, les arrêtés de circulation pris parfois à la va-vite par certaines municipalités qui ne comprennent pas toujours que c'est toute une activité économique qui est en jeu. Saint-Louis-Sucre Cagny, c'est 60 camions ou bien encore 90 équivalents simple poste. Trois mois de boulot récurrent pour quasiment 100 personnes uniquement pour l'activité transport de betteraves. Et pas de chauffeurs sous-payés venant des pays de l'Est. "Ne serait-ce qu'à cause de la barrière de la langue, ce serait impossible", explique Benoit Desaneaux du haut de son poste de vigie.
Juché à plusieurs mètres de hauteur aux commandes de son avaleur et grâce à la CB (Citizen Band), c'est lui qui dirige les camions dans la plaine calvadosienne. "Tu prends à droite puis tu tournes à gauche".
Car trouver les silos en empruntant le bon chemin dans le bon sens n'est pas toujours facile. Surtout la nuit. Cela impose bien souvent un travail préalable de repérage.
Pascal au volant de son Scania 44 T le sait plus que quiconque. Il a donné et il donne encore, mais plus la nuit. Il laisse ça aux jeunes. Des jeunes qui, avec la fin là aussi des quotas, misent sur la betterave sucrière normande. Alors bonne route!

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