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Un cheval normand offert au président chinois

Emmanuel on a entamé sa première visite d’État en Chine ce début de Macrsemaine. Dans ses bagages, Vesus de Brekka, un cheval Selle Français né à Colomby dans la Manche chez Pierre et Marie-Ange Boulanger.

© DR

Ils ne s’attendaient pas à ce que Vésus de Brekka leur apporte une telle célébrité. Pierre et Marie-Ange Boulanger, créateurs de l’élevage de Brekka, misaient davantage sur les performances de Ionesco de Brekka (qui participait entre autres avec Olivier Guillon aux championnats d’Europe), sur les talents de reproducteur de Hurlevent de Brekka ou sur les talents des poulains à venir pour faire la promotion de leur élevage. Pourtant, c’est bien Vesus de Brekka, le cheval bai de 9 ans, qui a fait les gros titres de la presse nationale. Né dans leur exploitation à Colomby (50), d’une bonne famille (avec Quartz de Chanu pour père et Qreole de Brekka pour mère, une fille de Dollar du Murier), le hongre a été vendu à trois ans à la Garde républicaine, et a récemment été sélectionné pour faire partie du voyage présidentiel en Chine. Emmanuel Macron, en visite dans le pays de Xi Jinping du 8 au 10 janvier, a en effet offert ce cheval de la Garde républicaine à son homologue. « Désireux de tisser des liens d’amitié avec les chefs d’État étrangers, plus qu’un cadeau, Emmanuel Macron a voulu faire un geste diplomatique », souligne l’Élysée. La France conclut ainsi « un accord de partenariat entre la Garde républicaine et les autorités chinoises, qui valorise l’excellence de la filière équine française dotée de nombreux atouts pour accompagner le développement de ce secteur en Chine ».
De son côté, l’élevage de Brekka a eu la surprise d’apprendre la nouvelle. « Nous l’avons vendu à 3 ans à la Garde républicaine et nous n’en avions plus entendu parler », explique Marie-Ange Boulanger. « La semaine dernière, le colonel Delapierre nous a contactés pour nous dire que le cheval allait être offert par le président de la République. C’est un honneur, nous sommes très fiers. Nous espérons désormais que le cheval normand bénéficiera un peu de cette notoriété pour pouvoir le vendre plus facilement. »  L’élevage de Brekka existe depuis une quarantaine d’années. Éleveur de vaches laitières, Pierre Boulanger a, petit à petit, transmis son exploitation à sa fille pour se consacrer à l’élevage de chevaux. Il compte aujourd’hui 5 ou 6 poulinières. Il tente alors de vendre leurs produits à 3 ans ou il les exploite (pour les plus talentueux) grâce à un cavalier, Franck Herivaux (installé à Saint-Fromond dans la Manche).
C’est donc, loin de son lieu de naissance, que Vésus de Brekka coule désormais ses jours. Après les Champs Élysée, le cheval y défilait encore le 11 novembre, l’équidé a pris le chemin de la Chine dans un avion spécial le 4 janvier dernier. Passée une période de quarantaine, il a été remis officiellement, à Pékin, à M. Xi, lundi 8 janvier, lors de sa première rencontre avec Emmanuel Macron. Le Président français cédait également son harnachement (datant de 1874) ainsi qu’un sabre orné de l’inscription suivante : « M. Emmanuel Macron, président de la République française, Pékin, janvier 2018 ».
Pierre et Marie-Ange Boulanger suivront l’itinéraire de Vésus dans les journaux et tenteront peut-être, de nouveau, de vendre leur produit à la Garde républicaine. « Nous en avons déjà vendu deux ou trois à la Garde, et si nous avons des chevaux qui correspondent aux critères, nous le referons bien sûr ! » assure Marie-Ange. Rappelons que, chaque année, les militaires cherchent des chevaux. Ils doivent être porteurs, de couleur franche (alezan, bai ou gris) et d’une taille de 165 cm minimum au garrot à trois ans.

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