L'Agriculteur Normand 05 septembre 2017 à 08h00 | Par Sandrine Bossière

Un échange constructif avec le député Sorre

Les adhérents de la FDSEA et des JA de la Manche ont rencontré leur député de circonscription. Dans le sud Manche, ils étaient une cinquantaine de personnes à faire part de leurs problématiques au nouveau député, Bertrand Sorre.

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llll Le 29 août, c’est Jean-Michel et Sabrina Orain, exploitants sur le Mesnil-Bœufs, qui ont reçu leurs collègues, adhérents de la FDSEA de la Manche et des JA, et le député de la deuxième circonscription, Bertrand Sorre. Ce n’est pas tout à fait le premier contact qu’ils ont eu puisque pendant la campagne électorale, le député, alors candidat, était venu à leur rencontre lors de l’action face à la coopérative Agrial à Moyon en juin ou encore au grand oral des partis politiques lors d’un conseil syndical. Et un mois après Bertrand Sorre était aux côtés du ministre de l’Agriculture Stéphane Travert lors de son premier déplacement ministériel.

Trop de normes
Le menu était complet pour cette réunion de rentrée. Les agriculteurs n’ont pas manqué de sujets. Ils les connaissent sur le bout des doigts. Notamment le couple qui recevait le parlementaire. En effet, Jean-Michel, installé depuis une quinzaine d’années, rejoint par son épouse Sabrina il y a quelques années, ancienne comptable, fait face à des difficultés pour le projet d’atelier de volailles de chair. L’aspect normatif et la réglementation sont pointés du doigt, ce qui freine l’aboutissement du dossier. Et ce projet est né suite à la crise laitière. Fournisseur à Lactalis, le couple Orain n’atteint pas le prix d’équilibre. Et face au transformateur, les éleveurs pointent l’absence de discussion. Un point de vue dénoncé également par les syndicats agricoles. Sébastien Amand, président de la FDSEA de la Manche, le martèle depuis plusieurs mois, dénonçant l’attitude de l’industriel face aux producteurs de lait.

Stop aux zones blanches
Les nombreuses déclarations que les éleveurs doivent se faire ont lieu de plus en plus via des supports numériques. Et nombreux sont les producteurs à déplorer les zones blanches. Le numérique ne vient pas jusqu’à leur exploitation, et le haut débit encore moins. Ce qui n’est pas sans poser de problème. Le sud-Manche, et plus particulièrement le Mortainais n’est pas épargné. Un secteur qui doit trouver sa place aussi dans la grande région réunifiée pour sauver ses atouts, les mettre en valeur. C’est le cas d’entreprises agro-alimentaires qui font la richesse du territoire ou encore les services publics essentiels au maintien de la qualité de vie.

Mauvais transfert
Les Etats généraux de l’alimentation conduits par le ministre de l’Agriculture ont également été évoqués. Les attentes des producteurs sont fortes. Ils défendent entre autres l’idée d’une meilleure répartition des marges. Pour eux, l’Observatoire de la formation des prix et des marges n’est pas satisfaisant. Il ne reflète pas ce que les éleveurs perçoivent au cœur de leur outil de production.
Le dossier de la PAC (politique agricole commune) s’est également invité au menu. Le président de la FDSEA a dénoncé le transfert de crédits du premier vers le second pilier qui pénalise des éleveurs, et notamment ceux de la circonscription du député. 

Une marque d’éleveurs
La FDSEA a saisi la rencontre pour évoquer le projet du syndicat, à savoir la création de la marque collective d’éleveurs, Cœur de Normandy, démontrant ainsi la volonté de construire et non pas d’être dans un esprit revendicatif et de manifestations. La nouvelle brique de lait transformé par les Maitres laitiers du Cotentin sera dévoilée lors de la Foire de Lessay le 8 septembre. Et derrière cette brique de lait, le syndicat veut s’adresser à l’ensemble des consommateurs, retrouver de la valeur ajoutée, et valoriser l’image d’un territoire qui appartient à ceux qui le façonnent.

Grande circonscription
Au final, les adhérents ont trouvé « un député accessible ». Même si Bertrand Sorre a concédé être éloigné du milieu agricole, il ne demande qu’à étoffer ses connaissances pour relayer les problématiques à l’Assemblée nationale. C’est le cas pour les ententes illégales entre transformateurs. Il se dit prêt à poser une question spécifique sur le sujet. Les adhérents ont ainsi apprécié ce premier contact informel, balayant différents thèmes. Et si Bertrand Sorre est député de cette grande circonscription, il est conscient des différences de productions, d’urbanisation. Ce n’est pas la même chose entre le Mortainais et le Granvillais. Cette rencontre en appelle d’autres. Le mandat ne fait que de commencer.

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