L'Agriculteur Normand 19 décembre 2015 à 08h00 | Par Lucie VIEL - Ingénieur réseau DEPHY Coopérative AGRIAL

Un IFT moyen inférieur de 30 % par rapport à l’IFT régional

Céréalier en plaine de Caen, Bruno Soenen vise en premier lieu le respect de principes agronomiques fondamentaux (rotation, travail du sol…). En combinant l’agronomie avec des techniques nouvelles, il vise le “zéro insecticide” sur colza et maintient durablement un faible niveau d’Indice de Fréquence de Traitement (IFT) sur toute la rotation.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
- © chambre d'agriculture Normandie

Maintenir le revenu de ses cultures, s’améliorer et expérimenter

Depuis son entrée dans le réseau DEPHY animé par AGRIAL, Bruno Soenen teste différentes pratiques qui lui permettent aujourd’hui d’être économe en produits phytosanitaires. Il pratique le non-labour depuis 1992, tout en s’assurant de ne pas laisser la place aux adventices. Il veille également à maintenir une rotation diversifiée qui alterne des cultures de printemps et des cultures d’hiver. Si Bruno souhaite avant tout maintenir ses rendements et le revenu de toutes ses cultures, il veut également s’améliorer dans ses pratiques vis-à-vis des produits phytosanitaires, expérimenter des techniques innovantes et les diffuser.

Etre cohérent agronomiquement et combiner les techniques

L’agronomie a toujours été au cœur du raisonnement de Bruno. En voici quelques exemples concrets. Pour atteindre l’objectif “Zéro insecticides” sur colza au printemps, il sème une variété très précoce en bandes autour et au milieu de sa parcelle. Ces bandes fleurissent bien avant le reste de la culture et attirent les méligèthes pendant la période à risque pour le colza (photo). D’autres agriculteurs du groupe DEPHY choisissent de mélanger cette variété précoce de colza sur toute la parcelle.Etant précurseur sur l’utilisation des Outils d’Aide à la Décision (OAD), Bruno est également très  précis sur le pilotage de la fertilisation. De ce fait, il n’utilise plus de régulateurs de croissance depuis plusieurs années.Les applications phytosanitaires ne sont réalisées que lorsque les seuils de nuisibilité sont atteints. C’est pourquoi, des pièges sont mis en place chaque année dans ses cultures.Enfin, pour améliorer ses connaissances sur la biodiversité dans ses parcelles, Bruno a mis en place depuis 2012 un observatoire de biodiversité et n’applique plus aujourd’hui d’insecticides.

Questions -réponses

Bruno, pourquoi avoir fait évoluer vos pratiques ?

Auparavant, le tournesol que je cultivais pompaitbeaucoup d’eau et asséchait les terres, les rendant de plus en plus difficiles à travailler. En évoluant vers des techniques simplifiées, le travail plus superficiel du sol a progressivement amélioré le taux d’humus et facilité la préparation des semis. D’abord pratiqué uniquement sur les parcelles en blé, j’ai progressivement travaillé 100 % du parcellaire en simplifié.

Quelles sont les conséquences sur votre travail ?

Pour éviter les limaces, je réalise 3 à 4 déchaumages. Au début, j’utilisais un matériel à disques. Mais progressivement, je suis passé à des dents souples, puis des dents rigides. J’ai aujourd’hui trouvé le matériel adapté avec un fissurateur qui se contente de soulever le sol et de travailler en superficiel. Le couvert est aussi primordial, et ayant du colza dans ma rotation, j’ai exclu la moutarde pour préférer un couvert de phacélie qui éloigne naturellement les limaces.

Que vous apporte l’engagement dans le groupe de fermes DEPHY ?

Toutes les actions techniques engagées au sein du groupe nous permettent de nous préparer pour l’avenir. Chacun travaille une thématique propre à son exploitation et à ses contraintes. Participer aux réunions nous permet ensuite de partager nos projets, nos questions et nos expériences techniques.

- © CA Normandie

Présentation de l’exploitation

- SAU : 67 ha (100 % engagé dans DEPHY).

- Type de sol : sol argilo-calcaire superficiel et limons profonds.Potentiel moyen à bon.

- Assolement 2014 : voir graphique.


Evolution de l’IFT entre 2011 et 2014

L’IFT de référence grandes cultures en Basse-Normandie est de 4,01. Bruno parvient à se maintenir très en dessous de la référence tout en cultivant des cultures à forte valeur ajoutée telle que la betterave sucrière. Les applications de produits phytosanitaires ont été ponctuellement supérieures en 2014, du fait du climat favorable aux adventices et aux maladies.


Action pour favoriser la biodiversité

Depuis 2012, Bruno Soenen sème des bandes fleuries en bordure de ses parcelles pour favoriser la présence de biodiversité utile sur l’exploitation. On constate aujourd’hui la présence d’auxiliaires de cultures et de carabes, vivants habituellement dans des milieux non perturbés. L’impact de ces bandes fleuries semble donc prometteur.Pour favoriser la présence des pollinisateurs sur l’exploitation, il faut leur assurer la présence de nourriture toute l’année. Bruno teste ainsi plusieurs mélanges d’espèces mellifères, qu’il sème à différentes dates afin d’échelonner la présence de nectar et de pollen.Depuis la mise en place de ce dispositif, Bruno a établi un partenariat avec un apiculteur qui dispose ses ruches en bordure de parcelle. Pour pérenniser cette action, aucun insecticide n’est appliqué pendant la période de pollinisation.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. l'Agriculteur Normand se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui