L'Agriculteur Normand 20 novembre 2014 à 08h00 | Par T.Guillemot

Un nouveau tandem à la tête de Groupama Centre Manche

Marie-Ange Dubost et Pascal Loiseau, respectivement présidente et directeur général, forment un nouveau tandem à la tête de Groupama Centre Manche. "Une page qui se tourne et une nouvelle histoire qui commence", assurent-ils avec sérénité.

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Groupama Centre Manche couvre 8 départements  (Calvados, Eure, Eure et Loir, Manche, Mayenne, Orne, Sarthe et Seine-Maritime). Si Cerise, "toujours là pour moi," est bien connue du grand public, c'est une autre femme, Marie-Ange Dubost, agricultrice dans la Manche, qui préside la caisse régionale. A ses côtés et depuis peu, Pascal Loiseau, fils d'agriculteur de l'Ouest mais qui arrive du Sud.

Comment devient-on présidente d'une caisse régionale de Groupama ?
Marie-Ange Dubost. On commence présidente de sa caisse locale. Puis, de fil en aiguille et à la faveur d'un départ, on vous demande de prendre la présidence départementale. Pour moi, la Manche en 2005. Parallèlement, au niveau régional, le souhait de féminiser le conseil avait été émis. C'est pourquoi j'ai pris des responsabilités au sein de Groupama Normandie. Ensuite la fusion entre 8 départements s'est faite et, en tant que présidente départementale, je suis devenue vice-présidente de Groupama Centre Manche pour finalement succéder l'an dernier à Jean-Marie Bailleul.
Signalons enfin que cette obligation de féminiser les différentes instances m'amène également à assurer la vice-présidence de la Fédération Nationale de Groupama.

Quelles sont les qualités requises pour occuper de telles fonctions ?
Marie-Ange Dubost. Il faut aimer l'engagement et trouver la disponibilité. Il faut des compétences aussi... On les acquiert au fil du temps, avec l'expérience mais aussi au travers des différentes formations que Groupama propose pour nous aider à assumer nos responsabilités.

Justement, si vous deviez en quelques mots définir cette responsabilité ?
Marie-Ange Dubost. Nous sommes les ambassadeurs de nos sociétaires dont nous faisons partie et devons répondre à leurs attentes. L'autre mission est de garantir la pérennité et la solvabilité de notre entreprise.

Pascal Loiseau, vous avez été nommé par le conseil d'administration de Groupama Centre Manche, directeur général de la caisse régionale. Quel est votre parcours ?
Pascal Loiseau. J'ai démarré il y a une vingtaine d'années dans une filiale du groupe : Groupama Assurances Crédits. Commercial d'abord puis comme responsable régional. Après 5 années et la mobilité faisant partie du parcours des cadres dirigeants de l'entreprise, j'ai pris la direction de Niort pour intégrer Groupama Centre Atlantique. J'y ai découvert le fonctionnement d'une caisse régionale, le fonctionnement d'une mutuelle avec ses élus de terrain. J'y ai découvert les différentes fonctions de l'assurance, de la réassurance, du développement, du marketing... Autant de responsabilités qui m'ont conduites au poste de directeur général adjoint.

Vous êtes un homme de fusion également ?
Pascal Loiseau. Effectivement. En 2010, j'ai eu l'opportunité de rejoindre Groupama Sud qui avait un projet de fusion avec Groupama Alpes Méditerranée. En tant que directeur général adjoint, j'ai mené à bien cette fusion des deux caisses régionales pour aboutir, le 1er janvier 2012, à la naissance de Groupama Méditerranée.
Ensuite l'an dernier, dans le cadre des différentes évolutions de carrières que le groupe proposait, l'opportunité de postuler au poste de directeur général de Groupama Centre Manche s'est ouverte. Je me suis porté candidat et le conseil d'administration a validé cette candidature. C'est donc une fonction qui correspondait à mon souhait et en cohérence avec mon parcours d'abord commercial, technique ensuite et enfin de développement stratégique.

Quel est votre lien avec l'agriculture ?
Pascal Loiseau. Je suis tout d'abord un fils d'agriculteur de l'Ouest. Puis ma formation, DESS de management des entreprises agroalimentaires à l'IGR (Institut de Gestion de Rennes), a renforcé mon goût et ma sensibilité vis-à-vis du monde agricole. Ensuite au sein du groupe, travailler et échanger avec de nombreux élus agriculteurs a contribué à une bonne compréhension des problèmatiques agricoles.

GCM vient de changer quasi simultanément de président et de directeur général. Cela ne pose-t-il pas un problème de continuité à divers niveaux?
Marie-Ange Dubost. C'est une page qui se tourne et une nouvelle histoire qui commence mais je ne pense pas que cela engendre des difficultés. Ça peut permettre au contraire de remettre certaines choses à plat, de redonner un nouveau souffle. Vous savez, on peut parfois s'endormir sur ses lauriers... Alors repartir avec un nouveau directeur, former un nouveau tandem, c'est construire l'avenir dans la continuité de Groupama Centre manche qui est une belle caisse régionale.
Pascal Loiseau. Notre présidente connait bien GCM. Moi, je viens d'une autre caisse et même s'il peut y avoir quelques différences de fonctionnement d'une caisse à l'autre, les fondamentaux sont identiques. Alors oui ,nous formons un nouveau tandem et c'est bien ce qui est passionnant. Nous avons la chance de bénéficier du bon bilan de nos prédécesseurs. Nous devons en faire un atout pour répondre aux évolutions de la société. Ça nous donnera encore plus de légitimité pour faire avancer notre entreprise.

Quand on s'assied dans le fauteuil de directeur général, quelle est la première mission à réaliser ?
Pascal Loiseau. Ma priorité a été de rencontrer les responsables professionnels des 8 départements afin d'appréhender leurs différentes spécificités. J'ai immanquablement posé des questions qui étaient différentes de celles qui étaient posées auparavant. Cela nous a peut-être permis d'évoquer de nouvelles problèmatiques ou en tout cas de les formaliser différemment de telle façon à pouvoir répondre à notre projet d'entreprise 2105/2017.
Marie-Ange Dubost. Cet échange sur le terrain était important. Un homme nouveau peut se permettre de poser des questions qui ne l'étaient pas avant.

Quel bilan de l'assurance récolte 2014 ?
Pascal Loiseau. C'est une campagne qui s'est globalement bien passée. Nous avons subi des aléas climatiques, notamment de la grêle et quelques sinistres en fin de saison à cause d'un été absent en août, mais 2014 devrait ressortir à l'équilibre sur le risque climatique.

A ce titre, quels conseils donneriez-vous à un agriculteur qui hésite à souscrire une assurance climat ?
Marie-Ange Dubost. Si on peut assumer financièrement une perte d'exploitation importante, on peut toujours tenter l'impasse mais souvenons-nous des années 1974, 1976... Parallèlement, les trésoreries dans les exploitations sont de plus en plus tendues. En résumé et l'assurance climat étant subventionnée par l'Etat, l'incident climatique n'est pas un risque à assumer seul. Contracter est donc un acte de saine gestion.

Quelles sont les évolutions à attendre sur ce sujet?
Pascal Loiseau. Si on se réfère aux dernières déclarations du ministre de l'Agriculture, on évoluerait, à l'horizon 2016/2017, vers une garantie avec un socle qui pourrait couvrir un peu moins d'aléas mais surtout qui couvrirait le coût de production et non pas le chiffre d'affaires.

Avec plus de 60 % de part de marché, vous êtes leader sur ce créneau. A quoi attribuez-vous cette réussite ?
Marie-Ange Dubost. Proposer la multirisque climatique exige une véritable expertise. C'est un métier différent de l'assurance dommage classique. Or, nous étions historiquement l'assureur grêle des céréaliers et des éleveurs. Un avantage concurrentiel de départ qui, combiné à notre maillage de proximité, nous a permis de transformer l'essai et de rester leader.

GCM a expérimenté l'assurance climatique herbe. Où en êtes-vous ?
Pascal Loiseau. Cette expérimentation a constitué une réussite. Le souci est qu'aujourd'hui, pour pouvoir la proposer; il nous faut disposer en arrière d'une réassurance. Ce qui nous fait défaut. Le dossier est donc bloqué.

Groupama, c'est aussi une banque, en développement ?
Marie-Ange Dubost. Nous enregistrons des résultats conformes à notre plan de marche. Nous avons notamment développé, en 2013/2014, le financement auprès des particuliers ainsi que l'épargne bancaire selon une offre qui répond aux besoins de nos sociétaires. A savoir une meilleure rémunération et une disponibilité des fonds.

Un accord interprofessionnel rend obligatoire à partir du 1er janvier 2016 la souscription d'un contrat complémentaire santé pour les salariés. Un dossier prioritaire pour GCM?
Pascal Loiseau. Nous assistons à une accélération des accords de branche qui avaient été mis en place il y a quelques années donc à un transfert de l'assurance individuelle santé vers l'assurance santé collective. Leader sur ce marché de l'assurance individuelle, nous nous adaptons en développant les offres collectives car nous avons toute notre légitimité sur ce dossier.

Qu'est-ce qui change pour le salarié ?
Pascal Loiseau. En terme de prestation, il n'y a pas beaucoup de différences. Simplement, le contrat collectif est porté par l'entreprise avec un abondement de l'employeur.

Certains investissements à l'international se sont transformés en gouffre pour plusieurs institutions françaises. Avec le recul, quel regard portez-vous sur ces aventures exotiques ?
Pascal Loiseau. Il faut savoir tout d'abord, qu'au niveau du choix des investissements, c'est le conseil d'administration qui donne son feu vert sur proposition de la direction générale.
Ensuite, je pense que les choix qui ont été faits, à l'époque, étaient judicieux. Alors évidemment, avec ce qui s'est passé en Grèce et comme beaucoup d'autres entreprises, nous avons dû nous réajuster ce qui nous a valu quelques soucis au niveau de nos filiales. Aujourd'hui, nous pensons plus à une consolidation de notre présence à l'international qu'à un développement dans de nouveaux pays.

Vous n'avez pas été tenté de revoir votre système de gouvernance après cet épisode ?
Marie-Ange Dubost. Les caisses régionales sont propriétaire du groupe. A partir de là, nous participons aux différentes instances décisionnelles, notamment dans le cadre du conseil d'administration. C'est bien aux présidents qu'il revient de valider ou invalider les stratégies. Notre gouvernance fonctionne donc parfaitement.
Ensuite et par rapport à la crise que nous avons connue, le groupe, sur présentation des différents éléments au conseil d'administration, a su parfaitement réagir en cédant différentes filiales internationales. Dès 2013, nous avons renoué avec un résultat positif. Ce qui n'était pas évident et surtout, cette même année, avons vu notre marge de solvabilité atteindre les 239 %. Ce qui démontre que nous sommes sortis par le haut de cette crise. Désormais, notre périmètre est déterminé et nous cherchons à nous consolider là où nous sommes présents.
A l'échelon hexagonal, nous travaillons sur notre mixte produit pour retrouver la rentabilité nécessaire comme tous nos concurrents. L'objectif est de rester à l'équilibre sur notre métier de base qu'est l'assurance.

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