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Un sol en vie pour produire des légumes de qualité

Animée par la volonté de préserver la ressource commune que constitue le sol, les maraîchers de l’association Maraîchage Sol Vivant (MSV) Normandie travaillent à la conservation de la biodiversité des sols.

Visite organisée chez un maraîcher.
Visite organisée chez un maraîcher.
© MSV NORMANDIE

Souhaitant répondre aux enjeux de la triple performance et au défi de réduction des produits phytosanitaires en systèmes légumiers, l’association s’est lancée dans la démarche des Groupements d’intérêt économique et environnementales (GIEE) et Dephy Ecophyto.

Un groupe de maraîchers normand fédéré autour de leur sol
Créé en 2016, le groupe MSV Normandie est une association de maraîchers lancés dans une démarche d’agriculture de conservation. Les pratiques développées par ce type d’agriculture remettent le sol au cœur du système de culture en garantissant le gîte et le couvert à la faune et micro-faune du sol. Issue d’une dynamique plus large lancée par le réseau national MSV, le groupe de producteur voit aussi l’opportunité de capitaliser et de mutualiser les connaissances acquises pour mieux les diffuser.

Nourrir le sol
Pour maintenir la vie du sol (bactéries, champignons, vers de terre, micro-organismes, …) au centre de leurs systèmes de production, plusieurs pratiques sont mises en œuvre par les producteurs, comme le non travail du sol, la couverture végétale permanente de celui-ci et l’apport d’amendements carbonés (paille, broyats de bois…). La fertilité et l’activité biologique du sol ainsi favorisées deviennent alors un véritable pilier pour
retrouver un sol « patrimoine nourricier » permettant une production de légumes vigoureux, de qualité et avec un rendement satisfaisant.

Se rencontrer et partager les acquis
L’association organise notamment des visites de fermes et des formations pour les porteurs de projets ou maraîchers souhaitant mieux comprendre les mécanismes de fertilité du sol, étudier des itinéraires techniques en maraîchage sur sol vivant pour mieux les adapter à sa ferme.
Vincent Levavasseur, président de MSV Normandie ajoute : « nous souhaitons aussi favoriser les échanges entre maraichers, chercheurs et acteurs du monde de la formation agricole. Ainsi, sur plusieurs années, nous allons suivre et diffuser l’évolution de nos pratiques et de nos résultats techniques, économiques et agronomiques dans le cadre de notre implication à l’action Ferme Dephy Ecophyto. Dans cette démarche sont engagés 8 maraîchers, 2 légumiers en betteraves et pomme de terre du Pays de Caux, ainsi que les CFPPA d’Evreux et d’Yvetot ».
Parmi les pistes de travail du groupe Dephy, 3 objectifs se dégagent : réduire l'impact des ravageurs et des maladies sur nos cultures, grâce à des sols en bonne santé et une fertilité stable, réduire l'impact des limaces sans l'utilisation d'anti-limace, et mieux gérer l'enherbement.

Adapter les pratiques en fonction des différences de contexte : témoignages
Vincent Levavasseur, maraîcher dans l’Orne se réjouit de la qualité des sols qu’il cultive : « en 2015, je me suis installé sur une parcelle maintenue en prairie permanente depuis plusieurs dizaines d’années. Le sol était déjà bien structuré, en vie, fertile avec un taux de matière organique de 6 %. J’ai donc voulu préserver ce patrimoine en pratiquant des itinéraires techniques sans travail du sol et avec des paillages organiques carbonés pour entretenir la fertilité ».
François Mulet, maraîcher dans l’Eure et fondateur du réseau MSV National, lui se trouve dans un contexte très différent : « à notre installation avec mon frère Daniel en 2012, nous avons repris des sols travaillés, peu fertiles avec un faible taux de matière organique (moins de 2 %). Pour retrouver une activité et une porosité biologique suffisante, ainsi qu’une population de vers de terre semblable à celle trouvée dans une prairie, on s’est attelé à remettre de la vie dans nos sols. Dans un premier temps, nous avons incorporé mécaniquement et de manière massive du broyat de déchets verts très ligneux. Cela a permis de remonter le taux de matière organique vers 5 %, de retrouver une activité biologique ainsi qu’un sol structuré et une meilleure capacité hydrique. Par conséquence nos cultures ont été en meilleur santé et nous avons eu de meilleur rendement. Ainsi, chaque année on entretient la fertilité en recouvrant la surface du sol de pailles de blé. Elles sont ensuite naturellement incorporées et dégradées par la vie du sol. Ce sont les vers de terre qui travaillent pour nous !   Le paillage est aussi un outil pour gérer l’enherbement liés à des occultations préalables sans utilisation d’herbicide. C’est également une protection pour le sol contre l’érosion hydrique et éolien ».
La labellisation Groupement d’intérêt économique et environnementale (GIEE) en 2017 du groupe est une reconnaissance et un encouragement vis-à-vis du travail engagé par les maraîchers pour développer des pratiques plus respectueuses de l’environnement et plus performantes économiquement.

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