L'Agriculteur Normand 27 juin 2018 à 11h00 | Par Charlène Javon

Une charte pour toujours mieux faire connaître les bonnes pratiques d'élevage

Dans le contexte actuel où le débat élevage et société est bien présent, la Charte des Bonnes Pratiques d'Elevage (CBPE) est un support incontournable pour démontrer le professionnalisme des éleveurs et la responsabilité des filières associées lait et viande. En Basse-Normandie, ce sont 6700 éleveurs qui adhèrent à la Charte des bonnes pratiques et répondent à son cahier des charges.

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Afin de maintenir sa position de socle de nombreuses démarches qualité (Labels, marques...) et de démarche de progrès pour l'éleveur, la révision de la version actuelle est en cours de réflexion afin de lui donner un nouveau souffle.
S'approprier les enjeux actuels, vis-à-vis du grand public, des demandes des clients, mais aussi comprendre les démarches développées chez nos voisins est un chantier non négligeable.
Alimentation, santé du troupeau, bien-être animal et environnement font toujours partie des thématiques phares qui seront à aborder dans l'élaboration de la Charte de demain.

« Tout mettre en oeuvre pour un lait cru de qualité. "
« Tout mettre en oeuvre pour un lait cru de qualité. " - © CA

Les éleveurs parlent de la charte

Mickaël et Alain Tregouet (EARL La Chapellerie), éleveurs laitiers à Heurtevent

Alain Tregouet s'est installé en 1997 sur l'exploitation familiale à Heurtevent (Calvados). Son fils, Mickael, a rejoint la structure en 2012 avec pour objectif de continuer l'activité laitière : un troupeau de 75 vaches laitières de race 100% normande pour répondre au cahier des charges « AOP Livarot ».

Une attention particulière à la qualité du lait et l'alimentation.
« L'adhésion à la Charte des Bonnes Pratiques d'Elevage figure dans notre contrat avec la laiterie. Nous y adhérons depuis 2000 mais nous avons toujours cherché à améliorer nos pratiques. De plus, la Charte reprend un certain nombre de points réglementaires auxquels nous sommes déjà soumis (identification, sanitaire, environnement...). Notre exploitation est située dans la zone AOP Livarot, fromage au lait cru. Notre objectif est donc de tout mettre en oeuvre pour produire un lait de qualité, d'un point de vue sanitaire bien évidemment, et des taux. Il est vrai que nous passons du temps à la traite (2h matin et soir) mais toutes les précautions sont prises sur l'hygiène de traite (pré-trempage, désinfection des griffes...). Nous avons également un contrat d'entretien de la machine à traire avec un contrôle tous les 6 mois dont l'Opti'traite. Les vaches sont contrôlées individuellement sur les taux cellulaires pour optimiser les traitements et le tri des animaux ». Thibault Thierry, technicien CBPE de la laiterie, explique qu'une étuve est installée dans la laiterie et l'éleveur fait ses propres tests (Coliformes totaux, E.Coli) avant le passage du laitier. Une manière d'anticiper la destination du lait collecté et d'impliquer davantage l'éleveur. Alain présente les tests qu'il réalise dans sa laiterie : « L'avantage, c'est que j'ai travaillé en tant que fromager à la laiterie donc je connais bien les procédures ».
Mais parfois, toutes ces précautions à la traite ne suffisent pas. Lorsque le nombre de vaches augmente, le bâtiment devient aussi un facteur limitant. « En 2015, nous avons dû investir dans un nouveau bâtiment pour les vaches laitières et avons fait le choix d'un bâtiment en système logettes paillées avec des matelas ».
L'alimentation participe également à une production de qualité. Les vaches pâturent au minimum 6 mois et la ration de base du troupeau (mélange ensilage de maïs et ensilage d'herbe) est issue des parcelles de l'exploitation à plus de 80 %. Le bien-être des animaux et la sécurité au travail ne sont pas en reste : afin de prévenir les problèmes de boiteries, Mickael s'est formé au parage et a investi dans une cage de contention adaptée pour intervenir régulièrement sur le troupeau.
« Il y a toujours des points à améliorer, c'est pourquoi aujourd'hui nous sommes en réflexion sur le changement de l'outil de traite et sur une nouvelle organisation du travail. La charte nous permet de faire un point tous les 2 ans avec le technicien, notamment sur les nombreuses démarches administratives. Nous avons également des visites pour la qualification AOP. Tous les points sont importants, mais l'idéal serait d'avoir une seule visite pour les deux qualifications ».

« Faire valoir les atouts de son élevage, montrer tout ce que l'élevage apporte à la société. La charte : le moment privilégié pour tout passer au peigne fin .»
« Faire valoir les atouts de son élevage, montrer tout ce que l'élevage apporte à la société. La charte : le moment privilégié pour tout passer au peigne fin .» - © CA

Olivier Frimout, éleveur allaitant à Saint Martin de Fontenay

Fier de son métier d'éleveur, Olivier nous parle aisément de ses pratiques. L'exploitation d'Olivier est engagée dans la Charte des Bonnes Pratiques d'Elevage depuis 2002. A l'époque, la Charte a succédé à la qualification Normand Viande qui avait été mise en place suite aux crises sanitaires. Cela permettait d'instaurer une nouvelle relation de confiance avec les acheteurs.
Avec un cheptel de 140 bovins (Charolaise, Limousine, et Rouge des Prés), Olivier s'installe en 2005. « J'ai souhaité faire perdurer mon adhésion à la démarche avec pour objectif d'améliorer mes pratiques et de faire évoluer progressivement mon système. Aujourd'hui, je commercialise 90% de ma production en circuit court avec un boucher et il y a une réelle transparence vis-à-vis de mes pratiques d'élevage. Le commerçant a la garantie que je m'engage à respecter un certain nombre de critères conformes à la réglementation et aux attentes de sa clientèle. La Charte fait partie d'une démarche d'amélioration globale et les échanges avec le technicien en élevage sont toujours enrichissants. C'est un bon outil pour mettre en valeur ce que l'éleveur réalise au quotidien mais la Charte devrait être davantage valorisée, notamment par une meilleure communication et en l'intégrant dans des dispositifs d'aides. »
Repères techniques :
- 30 vêlages de septembre à octobre.
- 100% insémination.
-  110 ha de cultures (dont 7 ha de betterave fourragère, 5 ha de luzerne et 9 ha de céréales autoconsommées) + 45 ha de prairie permanente
=> alimentation quasi autonome : seuls le tourteau de lin pour la finition et les minéraux sont achetés.
- Commercialisation : 90% en circuit court en partenariat avec un boucher depuis 18 ans ; production de génisses et de boeufs
- Achat de broutards pour répondre à la demande du boucher mais projet d'augmenter le nombre de vêlages pour être plus homogène et autonome dans la production.

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