L'Agriculteur Normand 19 février 2013 à 18h53 | Par V.Motin

Viande de cheval - La FDSEA et les JA très à cheval sur l’origine des viandes !

La présence de viande de cheval dans un hachis Findus reste en travers de la gorge de la FDSEA 61 et des JA. Vendredi, les éleveurs se sont donc montrés offensifs devant le magasin Carrefour d’Alençon. L’occasion de valoriser la viande d’origine française et de la faire déguster au consommateur.

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FDSEA et JA très à cheval sur le VBF © vm

Indignés. La fraude sur les plats cuisinés fait les gros titres de la presse. Les éleveurs demandent des sanctions exemplaires et un renforcement des contrôles. Vendredi midi, ils ont montré leur désarroi aux consommateurs à l’entrée du magasin Carrefour d’Alençon. Leur solution s’appelle aussi VBF Viande Bovine Française) ou VPF (Viande Porcine Française). Sur le parking du supermarché, la FDSEA 61 et les Jeunes Agriculteurs ont donc organisé un barbecue. La viande utilisée est tracée. “Elle est issue des abattoirs du département et bénéficie du logo VBF”, explique Anne-Marie Denis, secrétaire générale de la FDSEA 61.
Des revendications
Autour d’une dégustation, le syndicalisme agricole a donc expliqué ses revendications.
D’abord la FDSEA et les JA souhaitent “Obligation réglementaire tout au long de la filière de la mention du pays d’origine pour les préparations à base de viande bovine, et étiquetage obligatoire de cette mention du pays d’origine au consommateur”. Ensuite, les syndicats demandent aux opérateurs fabricants et distributeurs de la filière française d’utiliser “de la viande bovine française pour l’élaboration des plats cuisinés distribués en France, et d’apposer en conséquence le logo “VBF” sur ces plats cuisinés”. Dernier axe de la mobilisation : “le renforcement des contrôles publics sur le respect des dispositions concernant les plats cuisinés, et demande d’un “test ADN” sur les viandes bovines étrangères de façon à garantir leur nature aux consommateurs”.

Communication
Communiquer et faire déguster de la viande nous semble la solution pour valoriser le travail des éleveurs. Lorsque les plats cuisinés ont moins de 50 % de viande, il n’y a pas obligation de mentionner l’origine, il était donc difficile d’agir dans les rayons. Et nous ne voulions pas retirer des produits, nous risquions de semer davantage le doute dans l’esprit du consommateur. Nous préférons faire la promotion de la viande produite chez nous. C’est vraiment le sens de notre action. Le consommateur n’a aucun doute à avoir sur le logo VBF”, souligne Dominique Bayer, responsable viande de la FDSEA 61. La démarche est partagée par Guillaume Toutain, responsable de la section viande des Jeunes agriculteurs : “On peut craindre que le consommateur se détourne de la viande. Nous avons une viande de qualité. Nous avons une viande traçée. A nous de transformer, cette mini-crise en plaidoyer pour la viande française”.

Même logique
des éleveurs de porcs
Les éleveurs porcins suivent la même démarche. “Car la viande a un prix ! Les éleveurs de porcs français mettent tout en œuvre pour fournir à la filière des produits qui répondent aux attentes de l’aval et des consommateurs. Ils assurent une traçabilité exemplaire de leurs animaux et de leurs pratiques. Ces efforts, ces engagements représentent un coût de production. L’alimentation a un donc prix ; la viande ne doit plus être considérée comme un vulgaire minerai !”, indique la Fédération Nationale Porcine, dans une lettre ouverte à l’aval de la filière. La FNP invite également les transformateurs à cesser la multiplication des sigles. “Privilégions le VPF pour une clarté totale pour le consommateur”. 

Réaction de Jean-Claude Lenoir, député de l’Orne
Cette malencontreuse affaire jette un discrédit très préjudiciable et totalement injustifié sur l'ensemble de la filière. D'où la nécessité de réagir de manière urgente pour restaurer la confiance. Dès mardi après midi, je suis intervenu en ce sens au Sénat. Suite à ma demande, Stéphane Le Foll, Guillaume Garrot et Benoît Hamon, respectivement Ministres en charge de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la consommation, viendront devant la commission des affaires économiques du Sénat, mardi 19 février, pour faire toute la lumière sur ce qui s'est passé et pour évoquer les mesures à prendre afin qu'un tel dysfonctionnement ne puisse plus se reproduire. Pour ma part, j'ai déjà demandé que l'obligation d'étiquetage du pays d'origine qui s'impose à la viande fraîche soit étendue aux produits préparés à base de viande”.

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