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Voter et faire voter pour peser dans les débats nationaux

llll Christiane Lambert s'est arrêtée 3 fois en Basse-Normandie la semaine dernière pour soutenir les listes présentées ou soutenues par les FDSEA et JA. « Ne laissons pas à d'autres le soin de décider de l'agriculture de demain. Ne nous divisons pas, rassemblons-nous et donnons une majorité solide aux projets crédibles, » a conclu la présidente de la FNSEA.

© TG

France de soutien aux listes présentées ou soutenues par les FDSEA/JA. Quel est l'état d'esprit dans les campagnes ?
Les agricultrices et agriculteurs sont aujourd'hui sensibles à cette question des élections Chambre d'agriculture. Ils ont reçu leur matériel de vote et ont envie de s'exprimer. Nous sommes dans un pays où les corps intermédiaires ont été beaucoup ignorés depuis 18 mois. Chacun mesure donc l'importance d'une participation nombreuse et donc d'une abstention faible à ce scrutin pour envoyer un message fort à nos dirigeants, leur signifier qu'il est important d'associer le syndicalisme aux décisions.

>> Vous revendiquez « les pieds sur terre », ça veut dire quoi  ?
Cela signifie un projet réaliste porté par des agriculteurs qui nous ressemblent. Des élus prêts à actionner un vrai levier de développement pour construire l'agriculture qui colle le mieux à chaque territoire. Les agricultures françaises sont très diverses et j'ai rencontré des candidats très volontaires pour infléchir une agriculture dynamique, une agriculture de projets, une agriculture attractive pas ses revenus et qui accueille de nouveaux jeunes et de nombreux salariés.

>> Quels sont les principaux enjeux de ce scrutin ?
Le premier, c'est de montrer l'intérêt que portent les agriculteurs à leurs Chambres d'agriculture.
Ensuite, il s'agit d'un test de représentativité des différents syndicats agricoles avec ses conséquences multiples. 
Enfin, un enjeu politique avec l'ambition de conduire notre projet bâti autour de notre vision de l'agriculture. Il nous faut donc gagner ces élections et les gagner le mieux possible.

>> Certains de vos concurrents font du « dégagisme » un argument électoral, ça vous inspire une réaction particulière ?
Le « dégagisme » a montré ses limites. Le président de la République a été élu sur cette base en voulant casser les vieux partis pour évoquer un nouveau monde, 18 mois après, tout s'effondre.
Cela montre que l'on ne peut pas gouverner seul, tout changer d'un coup...
Le gouvernement n'avait pas d'assise. Nous, nous en avons une.
La base du syndicalisme FNSEA/JA, ce sont des représentants dans toutes les communes, dans tous les cantons. Nous disposons d'une structuration solide qui nous permet d'être représentatifs.
On ne vend pas du vent, on ne laisse pas rêver ou espérer le grand soir tous les matins.

>> Et les gilets jaunes, une nouvelle façon de revendiquer ?
Au départ, le mouvement des gilets jaunes a dénoncé la faiblesse du pouvoir d'achat, la faiblesse des retraites, le sentiment de déclassement des zones rurales... Des choses que nous vivons et dénonçons depuis longtemps. Par contre, la façon de construire ce mouvement interroge. Désormais, c'est plus de la juxtaposition de revendications catégorielles. Le refus d'élus, de chefs, d'une organisation structurée pose un vrai problème de porte-parole, cette démocratie participative montre ses limites.
A contrario, la démocratie représentative, qui est celle des corps intermédiaires organisés comme les nôtres, montre davantage d'efficacité. Et quand le président de la République nous dit aujourd'hui : « j'ai besoin de vous les corps intermédiaires », ça montre bien qu'il faut être organisé pour constituer un interlocuteur crédible.

>> Il reste quelques jours pour aller voter. A un agriculteur qui se dirait « à quoi bon ! », que répondez-vous?
Que voter, c'est très important. Au moment où le président de la République lance le grand débat national pour aller chercher l'avis des Français, les agricultrices et les agriculteurs (jeunes, aînés, retraités) ont la possibilité de s'exprimer. Saisissons-la. Ne laissons pas à d'autres le soin de décider de l'agriculture de demain. Ne nous divisons pas, rassemblons-nous et donnons une majorité solide aux projets crédibles portés par les FDSEA et JA dans les départements.

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