L'Agriculteur Normand 29 janvier 2020 à 11h00 | Par Julie Pertriaux

Yvan Burel (Président du GDS de l'Orne) : sans le GDS, je ne serais plus éleveur aujourd'hui

En novembre, Philippe Guérin met fin à son mandat de président du GDS de l'Orne. Son vice-président, Yvan Burel, lui succède. L'éleveur de 52 ans mise sur la communication et la pédagogie pour continuer à tirer vers le haut l'état sanitaire du cheptel ornais. Notamment sur les ateliers dérogataires. La tuberculose bovine fait aussi partie des dossiers sur le bureau du nouveau président.

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>> Yvan Burel, qui êtes-vous ?
Je suis éleveur, à Bellou-en-Houlme, installé sur 140 ha, dont 60 ha de cultures de vente. J'élève 60 Prim'Holstein et 60 génisses ou taurillons de viande. J'ai suivi un bac pro au Robillard, puis un BTS à Sées. J'ai poursuivi avec deux contrats de spécialisation : le premier en lait à Rennes et le second en comptabilité, fiscalité, gestion à Saint-Lô. Ensuite, j'ai travaillé pendant quinze ans dans un grand groupe régional coopératif. Je me suis installé en avril 2004 en individuel. Mon père était vétérinaire. Ma mère, femme de vétérinaire (rire). C'est donc une installation hors cadre, par passion du métier.

>> Passionné de sanitaire aussi ?
Je suis sensible, oui, aux questions sanitaires. Quand je me suis installé, j'ai dû faire face au BVD. J'ai perdu 60 veaux la première année. Sans l'expertise technique, l'aide financière et l'appui humain du GDS, je ne serais plus éleveur aujourd'hui. Avant de m'installer, j'ai mis en place la charte des bonnes pratiques d'élevage pour la coopérative qui m'employait. Nous l'avons testée dans l'Orne avec le GDS, partenaire de l'opération. Je travaillais avec François Hannoy. Ça a marché du feu de dieu ! Quand le sujet m'intéresse, je m'engage. Alors un jour, je suis entré au bureau du GDS.

>> Dans quel état d'esprit êtes-vous ?
Je veux servir à quelque chose. Je pense que le président du GDS doit mettre de l'huile dans les rouages. Il est le garant de l'institution. J'ai envie de faire bouger les lignes, d'être ouvert et d'intégrer, de façon visible, le GDS dans le paysage agricole. Je me rends dans deux exploitations par semaine, car je dois être sur le terrain et entendre les souhaits des éleveurs. Identifier leurs attentes et y répondre. Je visite les élevages quand les exploitants m'appellent, quand les techniciens ne savent pas trop comment s'y prendre. Je suis d'ailleurs très heureux d'être à la tête d'une telle équipe, impliquée et motivée. J'espère pouvoir réaliser deux mandats, un seul ne suffit pas pour mettre en place des actions. Dans six ans, il n'y aura plus de BVD dans l'Orne, nous serons bien avancés sur l'IBR et j'ai bon espoir de sortir de la tuberculose bovine.

>> La tuberculose bovine justement. Où en est le département ?
L'année dernière, trois cas ont été détectés. L'enquête épidémiologique est en cours, mais nous n'avons aucune explication. La campagne de prophylaxie 2019-2020 avance. Près de 850 élevages doivent être dépistés, soit 60 000 bovins. Pour le moment, nous n'avons eu que des douteuses. Le GDS demande à ses adhérents 0,50 EUR/bovin afin d'abonder la caisse de mutualisation. C'est un effort solidaire des éleveurs pour contribuer à enrayer la tuberculose. La prophylaxie coûte 600 000 EUR à l'élevage ornais, dont 200 000 EUR au GDS. Nous devons être reconnaissants du travail des éleveurs soumis à la tuberculination car ils contribuent à protéger l'ensemble du département.

>> Quel sera votre cheval de bataille ?
Les ateliers dérogataires. On en compte 300 dans le département. Mais nous n'avons pas su les vendre aux éleveurs. Les risques pour eux et leurs voisins ont mal été expliqués. Je suis persuadé que les nouveaux cas d'IBR dans l'Orne sont en lien direct avec les ateliers dérogataires car les règles ne sont pas toujours bien comprises. Ils permettent aux exploitants d'acheter des animaux sans réaliser de prise de sang obligatoire ni aucune prophylaxie. À condition que les bêtes restent confinées dans l'élevage : pas de sortie, pas de contact avec les animaux de l'élevage, élevés dans un bâtiment à part, séparés par une distance de vingt mètres avec les autres bâtiments. Quand l'animal arrive, l'éleveur nous remet sa carte verte, en échange d'une carte jaune. Les ateliers dérogataires peuvent être un réel problème sanitaire. Et, pour moi, le premier pilier de la rentabilité économique d'une exploitation est le volet sanitaire.

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