L'Agriculteur Normand 22 mai 2013 à 08h58 | Par V. Motin

Yvan Fourré, Président de la section porc de la FRSEA de Basse-Normandie. - “Nous demandons 30 centimes par kilo”

Mardi matin, une quarantaine de producteurs de porcs de la Manche et du Calvados ont réalisé une opération stickage, au magasin Leclerc d’Ifs (14).

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© VM

Pourquoi manifestez-vous aujourd’hui dans les grandes surfaces ?
C’est une mobilisation nationale, à l’initiative de la Fédération Nationale Porcine et des Jeunes Agriculteurs. Nous identifions donc les viandes porcines dans les grandes surfaces et les camions. La crise porcine dure depuis 4 ans. Aujourd’hui notre coût de production est de 1,75 €, alors que le prix de vente ne dépasse pas 1,50 €. L’alimentation d’un porc représente 70 % de son coût de production.

Estimez-vous que la crise porcine est passée sous silence par rapport aux autres secteurs de l’élevage ?
On a beaucoup parlé du lait mais ces actions réunissait l’ensemble de l’élevage. Les producteurs de bovins ou de porcs accompagnaient leurs homologues laitiers. Mais ces derniers sont les plus nombreux et ils ont été les premiers à obtenir une avancée. Aujourd’hui, nous attendons un chiffre qui redonne de la valeur ajoutée à notre production.

Comment répercuter la hausse de vos charges ?
La filière a perdu de la production. Nous ne sommes pas compétitifs. Nous subissons des distorsions de concurrences, qu’elles soient sociétales ou environnementales. Dans les abattoirs allemands, des roumains travaillent à 5 € de l’heure via des boites d’intérim. Sur un porc, nous avons donc des différences de 5 à 7 €, uniquement sur l’abattage et la découpe. Et la grande distribution recherche le meilleur tarif et le trouve forcément à l’étranger. Donc aujourd’hui, nous réclamons 30 centimes du kilo sur les viandes d’origine française. Ces quelques centimes doivent nous permettre de répercuter la hausse de nos charges.

Comment s’assurer que le producteur bénéficiera de ces 30 centimes supplémentaires ?
A l’instar de la production laitière, nous souhaitons la mise en place d’une table ronde avec un médiateur. Il faut donc que les transformateurs et les distributeurs se rencontrent.

Qui sont les principaux responsables de cette situation : distributeurs ou transformateurs ?
Je crois que la grande distribution est la principale responsable. En France, on se rend compte que les abattoirs ont des difficultés financières. A vouloir le moins cher, on privilégie les produits étrangers.

Stéphane Le Foll ouvre la porte à une augmentation du prix du porc

Stéphane Le Foll a estimé « possible » la hausse de 25 euros le kilo de porc demandé par la Fédération nationale porcine (FNP) pour faire face à l’augmentation des coûts de productions. « Je vais organiser et forcer chacun dans la filière à faire en sorte qu'on augmente le prix, c'est ce qu'on a fait sur le lait, mais ce sont des acteurs commerciaux privés qui sont en jeu », a déclaré mardi 14 mai le ministre sur France Info. Le même jour, des éleveurs de porcs se sont mobilisés dans le grand ouest pour contrôler l’origine des viandes dans des supermarchés et dans des camions frigorifiques. En plus d’une revalorisation du prix de leurs produits, ils demandent aux industriels de privilégier la viande française et aux distributeurs d’étiqueter l’origine des viandes.

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