L'Agriculteur Normand 05 septembre 2012 à 09h08 | Par T.Guillemot

Yves Conan - L’homme qui transformait les traînées en automotrices

1970. Yves Conan, distributeur de machines agricoles dans ce qui s’appelait encore les Côtes du Nord, transforme une ensileuse traînée New Holland 2 rangs en automotrice. Cinq autres suivront. Plus de 40 ans plus tard, il rempile mais à une autre échelle.

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En 1972 à Brecey, avec Marcel Letourneur au volant. La 717 automotrice, fabrication Conan, est aussi à l’aise dans l’herbe que dans le maïs. (© DR)  © TG  © TG  © TG  © TG  © TG  © TG  © TG  © TG  © TG  © TG  © TG  © TG
Ne cherchez pas Yves Conan au salon. Il est dans son atelier de Plouha (22). Il y aura d’ailleurs passé sa vie. D’abord en tant qu’agent motoculture Renault/Landini/Deutz. Puis, l’âge de la retraite ayant sonné, il s’est pris de passion pour le modèle réduit. Il fabrique toutes ses pièces. C’est un épicurien de l’automoteur agricole, fut-il du siècle dernier.
On aurait pu vous dresser le portrait d’Yves Conan. Mais le mieux, c’est encore de le rencontrer. Il sera présent dimanche 16 septembre à Chaulieu (50 près de Sourdeval) pour la troisième édition de la fête de l’ensilage à l’ancienne. Il y exposera ses maquettes. Un Froelich, modèle 1892, l’ancêtre de John Deere. Un Renault à chenilles de 1922 issu du char de combat F 17, 3 000 heures de travail. “La perfection est faite de petits détails mais ce n’est pas un petit détail”, souligne-t-il. Citons encore le Ferguson Black, premier tracteur avec relevage hydraulique et le Fardier, premier véhicule au monde à circuler par ses propres moyens.
Mais si Yves Conan a répondu à l’invitation, c’est pour partager son automotrice New Holland 717 actionnée. Une réplique de celle qu’il a réellement conçue pour le compte d’un entrepreneur dans les années 1970. Il va même s’en faire une spécialité, sa marque de fabrique. A l’époque, l’ensileuse automotrice existe déjà mais son prix est prohibitif. Alors, dans son atelier, Yves cogite avant de s’agiter. Il abandonne les roues arrières directrices de l’époque pour les positionner à l’avant : “beaucoup plus maniable”. Il adapte un variateur de vitesse. Côté moteur, ce sont ceux des moissonneuses-batteuses qui changent de châssis prolongeant ainsi la saison tout en faisant faire des économies au client. “On arrivait à des puissances de 110 cv alors que les tracteurs de l’époque plafonnaient à 80 cv”. Et toutes ses machines vont parfaitement fonctionner. En Bretagne mais aussi dans la Manche, l’Orne et Le Calvados. Il va même concevoir un prototype pour la marque française Rivière-Casalis qui planchait en vain sur un projet depuis 5 ans. Un bureau d’études à lui tout seul qui dame le pion à une armée d’ingénieurs. Allez à Chaulieu, il vous racontera la fin de l’histoire.

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