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[EN PHOTOS] A 101 ans, Marie Lecardonnel reste un témoin précieux
A 101 ans, Marie Gires Lecardonnel, retraitée du monde agricole à La Chapelle-Enjuger, a mis sur papier ses récits authentiques d'événements familiaux mais pas seulement, elle qui a connu la Seconde Guerre Mondiale. Son témoignage alimente le dernier ouvrage, Mémoire(s) de Thèreval comme de nombreuses personnes sur les 80 jours les plus marquants de l'Histoire.
A 101 ans, Marie Gires Lecardonnel, retraitée du monde agricole à La Chapelle-Enjuger, a mis sur papier ses récits authentiques d'événements familiaux mais pas seulement, elle qui a connu la Seconde Guerre Mondiale. Son témoignage alimente le dernier ouvrage, Mémoire(s) de Thèreval comme de nombreuses personnes sur les 80 jours les plus marquants de l'Histoire.
" On en voit des choses en 100 ans ", sourit Marie Lecardonnel, âgée de 101 ans depuis le mois de février. Effectivement, elle est un témoin clé du dernier siècle. René Gautier, fondateur des Editions Eurocibles à Marigny, et un des huit auteurs du livre dédié à l'opération Cobra de Thèreval, commune nouvelle qui regroupe Hébécrevon et La Chapelle-Enjuger, en sait quelque chose.
Il s'est appuyé sur " les récits authentiques " de la vie de Marie Gires, son nom de jeune fille, pour alimenter l'ouvrage de 240 pages qui revient sur les 80 jours de l'Histoire et notamment de l'opération Cobra et de nombreux autres témoignages. " Un livre pas tout à fait comme les autres... ", note Gilles Quinquenel, ancien maire de la commune et co-auteur. " C'est d'abord le fruit d'un long travail, bénévole, de plusieurs mois de recherches, de contacts, de rencontres et d'écriture ", ajoute-t-il.
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80 jours marquants
Si pour le 80e anniversaire du Débarquement, en 2024, des panneaux retraçant les 80 jours les plus importants de cette période de l'Histoire ont été posés sur les murs des églises et cimetières des communes de Hébécrevon et La Chapelle-Enjuger, le livre s'est imposé comme un prolongement des témoignages recueillis, adossés à des éléments historiques, pour leur permettre d'être vus, lus et appréciés au-delà des deux communes.
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Une vision restée marquée
Sorti fin avril, il est désormais feuilleté pour le plus grand plaisir des familles qui ont contribué à nourrir cet ouvrage. Et particulièrement Marie Gires. " J'ai une vision que je verrai toute ma vie ", assure celle qui en 1944 était âgée seulement de 19 ans. " J'étais avec maman quand les premiers Allemands sont arrivés. Elle me dit : " regarde ce qu'il nous arrive ! Cela faisait impression. On était effrayé par la casquette. Tout de suite, on est allé chercher les hommes qui étaient au foin ", se rappelle-t-elle, non sans émotion.
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Une période perturbée
Dans ses mains, elle tient un morceau de bombe ou d'obus récupéré dans la cour par Clermont Lecardonnel, qui devient son mari en 1947. Mais c'est bien le 28 février 1943 qu'elle l'a rencontré alors qu'ils étaient en vélo tous les deux, et lui surtout était réfractaire. " L'âme sœur me cherchait-elle ? Sans doute puisque ce garçon me croise et m'arrête sous prétexte d'un renseignement ", écrit-elle. Une rencontre déterminante mais marquées par une période " très perturbée ", "par le contrôle incessant par la Kommandantur, avec des menaces continuelles de déportation ", se rappelle-t-elle.
Un exode difficile
Marie fait partie des familles qui ont connu l'exode " parce qu'il tombait des bombes ". Le 16 juillet 1944, " mon père s'affairait à atteler les trois chevaux à la carriole et aux chartils, tandis que ma mère organisait le chargement des matelas, couvertures et objets urgents. Trois vaches faisaient partie du convoi pour nous fournir du lait ", raconte la centenaire. C'est sur la commune de Le Mesnil-Hue qu'ils se sont installés. Au retour, " j'étais heureuse de revoir ma maison ", assure-t-elle même si l'intérieur était " saccagé. Ils avaient fait de la salle à manger une salle d'hôpital ". Pour autant, il a fallu faire du ménage. L'odeur était forte due aux animaux morts, enterrés par la suite dans les trous de bombes. Les détails ne manquent pas avec Marie. Ils sont intacts dans la tête de la jeune centenaire. " C'est terrible une guerre ! Il faut l'avoir vécue pour comprendre ", conclut-elle.
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Une mémoire précieuse
Son témoignage reste précieux. "Que va devenir cette mémoire ? " Va-t-elle s'éteindre ?" s'interroge Jean Quettier, président du Comité du Débarquement, qui a adossé son nom à la post-face de l'ouvrage Mémoire(s) de Thèreval. " Cette mémoire nous parle de notre avenir, de nos valeurs auxquelles nous tenons. Elle va prendre une autre forme ", celle de la transmission, parce que plus que jamais " la volonté de vivre est encore plus grande ", conclut Dominique Moïsi, géopolitologue et conseiller spécial de l'Institut Montaigne, signataire de la préface de l'ouvrage.
Mémoire(s) de Thèreval, 240 pages, 25 €. Edité par la commune de Thèreval www.thereval.fr