Grand Prix d'Amérique
16 ans après, Sébastien Ernault revient avec Josh Power
Driver, entraîneur et éleveur basé à Saint-Côme-du-Mont, près de Carentan (50), Sébastien Ernault a tenu son rang de favori en prenant la deuxième place du Prix d'Amérique, le dimanche 21 janvier à Vincennes, au sulky de Josh Power. À 48 ans, le Manchois incarne une réussite bâtie sur la durée, la passion et le travail.
Deuxième du Grand prix d'Amérique 2026, Sébastien Ernault n'a rien perdu de son sourire. Après sa victoire dans cette même épreuve en 2010, le driver normand s'offre la seconde place à quelques centimètres de son homologue manchois, Franck Nivard, sacré pour la sixième fois à Vincennes au sulky d'Hokkaido Jiel. Installé à Saint-Côme-du-Mont avec son épouse Delphine, il mène aujourd'hui une structure d'une cinquantaine de chevaux, dont une dizaine est issue de son propre élevage (quatre poulinières).
"Mes parents n'étaient pas du milieu, mais on allait aux courses le dimanche. C'est sûrement de là qu'a commencé à naître ma passion."
"Nima"
Entré à l'école de Graignes à 14 ans, Sébastien Ernault, Nima (Non issu du milieu agricole), est parti de rien. "Mes parents n'étaient pas du milieu, mais on allait aux courses le dimanche. C'est sûrement de là qu'a commencé à naître ma passion", explique-t-il. À 9-10 ans, il entraîne déjà chez un voisin et débute les compétitions à 16 ans. Très vite, dès la sixième course à laquelle il participe, il gagne. Mais, après l'école, c'est la traversée du désert. "Pendant un an, je n'avais plus de chevaux à driver... Je n'avais plus de maître d'apprentissage pour me confier des chevaux", se souvient-il.
Bâtir dans le temps
La persévérance finit par payer. En 2010, l'année de sa victoire au Prix d'Amérique avec Oyonnax (175/1), il aménage ses propres installations sur les anciennes écuries de Maurice de Folleville... Depuis, la structure accueille une trentaine de chevaux de propriétaires qui les confient à l'équipe Ernault composée de Delphine - sa femme également jockey - un salarié, deux apprentis et un prestataire. Ils décomptent chaque année 50 à 60 victoires. "Le secret, c'est d'être capable de durer dans le temps", affirme Sébastien Ernault.
Josh Power, l'unique ?
Avec Josh Power, Sébastien Ernault tient "un cheval comme on en rencontre peu dans sa carrière. Il est fort, polyvalent, maniable et courageux", décrit-il, conscient qu'il n'en retrouvera peut-être jamais un autre aussi bon. Dauphin en 2026, le driver normand sait reconnaître et féliciter les vainqueurs, malgré une légère pointe d'amertume bien compréhensible : "Je ne peux pas être mécontent d'être deuxième. Si Go On Boy n'avait pas fait la faute, j'aurais sûrement gagné... Mais, je suis aussi heureux pour les vainqueurs, car ils le méritent."
"Je ne peux pas être mécontent d'être deuxième. Si Go On Boy n'avait pas fait la faute, j'aurais sûrement gagné... Mais, je suis aussi heureux pour les vainqueurs, car ils le méritent."
Malheureusement suspendu quinze jours par la SETF (Société d'encouragement à l'élevage du Trotteur français), il laissera la drive à David Thomain dans le Prix de France, avant de retrouver son partenaire pour le critérium de vitesse à Cagnes le 8 mars.
Rendez-vous à Saint-Lô
Au-delà de la compétition, Sébastien Ernault a conscience que sa filière est "un peu à la peine ces dernières années", admet-il. Moins de parieurs au PMU, des règles inégales selon les pays, des difficultés de main-d'œuvre... Autant de sujets et d'enjeux qu'il encourage à venir débattre au Salon du trot de Saint-Lô qui aura lieu le 13 février prochain. "C'est le lieu idéal pour venir échanger avec les professionnels de la filière ou encore pour gagner des saillies de grands champions tels que Hokkaido Jiel ou Étonnant. Même les amateurs peuvent tenter leur chance !" s'exclame Sébastien Ernault.