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Revenu agricole
- 18,7 % : chute du revenu agricole en 2013

Conséquence du retournement des marchés des grandes cultures et poursuite de la crise de l’élevage, le revenu agricole s’inscrit nettement en baisse en 2013.

© JC Gutner

Mauvais millésime pour le revenu agricole. Après trois années de hausse, le résultat courant avant impôts par actif non salarié des exploitations agricoles s’est nettement replié en 2013. A 29 400 e en moyenne, il est inférieur de -18,7 % par rapport à celui de 2012 (36 100 €) et à -15,1 %  par rapport à la moyenne des 3 dernières années (34 600 €). Cette baisse a frappé la plupart des exploitations agricoles à l’exception de la viticulture et de l’arboriculture. L’année 2013  a été marquée par le retournement des cours internationaux des matières premières agricoles ce qui a plombé le revenu des producteurs de grandes cultures.
Alors que dans les exploitations d’élevage, le recul des volumes de la plupart des productions animales, conjugué à un maintien à haut niveau des coûts de  production, alimentation animale notamment, a pesé sur la rentabilité malgré une évolution favorable des prix. Seul l’élevage laitier a enregistré une hausse timide des résultats, les autres orientations animales affichant une baisse d’ampleur plus ou moins marquée.

Grandes cultures : en dessous de la moyenne nationale
Pour ce qui est des exploitations de grandes cultures qui ont connu trois années d’évolution favorable, l’année 2013 voit les résultats se dégrader sensiblement.
A 24 200 e par actif non salarié, le revenu des producteurs de céréales, d’oléagineux et de protéagineux s’inscrit nettement en deça des années 2010-2012  (-51,8 %) et aussi en dessous de la moyenne nationale.  Celui des autres exploitations de grandes cultures (pommes de terre, betteraves…) affiche également une baisse de 25 % par rapport à la moyenne 2010-2012 à 50 800 e. Certes, la récolte céréalière s’est maintenue en volume, mais la valeur s’est repliée (- 23 %) dans le sillage des cours mondiaux de matières premières. Les prix des oléagineux et des protéagineux ont enregistré des baisses du même ordre qui se conjuguent avec des récoltes en baisse, excepté pour le tournesol.
Dans les exploitations d’élevages d’herbivores, le recul des abattages de bovins (gros bovins mâles exceptés) et des  exportations de bovins finis et maigres a impacté négativement les résultats malgré une orientation à la hausse des prix. Surtout, le coût de l’alimentation animale, même s’il a amorcé un repli en 2013, par rapport à 2012, a continué à ronger le revenu. Au final, les élevages de bovins viande voient leur revenu  rester sous la barre de 20 000 e (- 8 % par rapport à 2012). Evolution identique dans les élevages ovins et caprins : le résultat recule pour la troisième année consécutive à 17 600 e, soit 10 % en dessous de la moyenne des trois dernières années. Quant à la production laitière, la valeur de la production affiche une légère hausse mais elle compense, tout juste, celle des charges. Au final, le résultat s’améliore quelque peu (+ 3,6 %) à 25 100 e, tout en restant inférieur à la moyenne 2010-2012.

Du mieux pour la viticulture et l’arboriculture
Pour les producteurs de porcs, la baisse de la production (- 1 %) conjuguée à une augmentation du prix de l’aliment 2012, malgré une inflexion dans le courant de l’année a pesé sur le revenu (-11,2 %). Avec 40 500 e par actif non salarié, le résultat des exploitations porcines se rapproche de la moyenne des trois dernières années. Résultat plus contrasté pour la volaille. Pour les producteurs de volaille de chair, la hausse de prix et des volumes stables a permis de contenir le poids des charges.
Alors que dans la filière ponte, la chute du prix des œufs (- 28 %) a tiré à la baisse la valeur de la production en dépit d’une hausse des volumes (+ 18 %).
Finalement, ce sont les viticulteurs et les arboriculteurs qui ont tiré leur épingle du jeu, en 2013, malgré une conjoncture climatique défavorable. Dans le secteur de la vigne, la vendange de 2013 a été modeste, même si elle a été supérieure à celle de 2012. Mais les prix ont été bien orientés sur l’ensemble de la campagne avec des charges qui ont peu progressé. Dans ce contexte, le revenu des viticulteurs affiche une hausse de 32,9 % par rapport à 2012 à 52 600 € et de 23,7 % par rapport au niveau moyen des trois dernières années. Idem, mais dans une moindre mesure, pour l’arboriculture. Globalement, la valeur des productions de fruits a progressé et le revenu affiche une hausse de 7, 2 % par rapport à 2012 (32 100 €) et de 32,2 % par rapport à 2010-2012. Il atteindrait même son meilleur niveau depuis le début des années 2000. Dans les exploitations maraîchères, en revanche, le froid et l’humidité de printemps ont pesé sur les productions avec des surfaces moindres et des rendements plus faibles.
Les prix ont certes augmenté mais n’ont pas compensé la baisse de production. Au final, le résultat moyen, dans la production légumière, s’inscrit en baisse de 24 % par rapport à 2012  (25 400 €) et de 12,9 % sur la moyenne triennale.

Xavier Beulin demande à Stéphane Le Foll de s’expliquer
Le président de la FNSEA, Xavier Beulin, a demandé le 14 décembre des "explications" au ministre de l'Agriculture concernant la révision à la baisse du niveau des revenus, s'inquiétant d'éventuelles "manipulations" en pleines négociations sur la PAC. « En 2012, expliquait-il sur RTL, on avait annoncé des revenus très importants dans certaines catégories, notamment dans les grandes cultures. On s'aperçoit finalement que ces chiffres étaient faux. Je demande des explications. Ce n'est pas normal que nous ayons, tout au long de cette négociation sur la PAC, travaillé sur des chiffres qui étaient erronés. Y a-t-il eu manipulation, y a-t-il eu mauvaise intention, y a-t-il eu tout simplement incompétence des services ? Je crois que le ministre a besoin de s'expliquer là-dessus », a insisté Xavier Beulin.

Engrais et volatilité des prix : raisons des ajustements selon le SSP
Selon le Service statistique du ministère de l’agriculture (SSP), c’est d’une manière générale la volatilité des prix et en particulier la prise en compte du poids des engrais qui est à l’origine de l’écart entre les données de revenus prévisionnelles et les données définitives. Le SSP, qui assure « travailler en toute indépendance professionnelle », élabore, pour chaque millésime, trois indicateurs : une donnée prévisionnelle en décembre de l’année n ; une donnée provisoire en juillet de l’année n +1 ; une donnée définitive en décembre de l’année n +1. La volatilité accentue les différences d’évaluation entre ces trois étapes d’autant que le revenu est un solde entre plusieurs variables. Principalement, pour 2012, ce fut le cas, affirment les statisticiens, de la prise en compte des engrais. « En 2012, la surestimation du revenu des exploitations spécialisées en céréales, oléagineux et protéagineux lors des estimations provisoires est principalement liée à la difficulté à anticiper l’évolution des charges d’engrais », affirme le SSP. Les données du Rica (Réseau d’Information Comptable Agricole) n’étant pas toutes connues en juillet, indique-t-on dans le service, ces modifications ne peuvent pas être prises en compte dès le correctif de juillet. Pour les céréaliers, sur 2012, le revenu prévisionnel (décembre 2012) indiquait 72 100 e, le provisoire (juillet 2013) 72 800 e et le définitif (décembre 2013) 56 700 e. Pour les éleveurs de bovins viande, cette évolution fut inverse : 15 400 e, 17 100 e et 21 500 e. Une surévaluation initiale pour les céréaliers et une sous-évaluation pour les éleveurs de bovins qui a conduit les syndicalistes à douter de ces chiffres en période de redistribution des aides des céréaliers vers l’élevage.

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