Aller au contenu principal
Font Size

On a testé pour vous…
300 mètres au-dessus du plancher des vaches

A Clécy (14), l’association As Icare regroupe des passionnés de parapente. Une partie de la rédaction de l’Agriculteur Normand s’est dévouée (sic !) pour tester cette expérience, motivée par l’enthousiasme du directeur du GDS du Calvados. Vol au-dessus de la vallée de Clécy par une soirée d’été.

PARAPENTE
Vol en parapente du côté de Clécy (14) avec l’association As Icare. L’atterrissage se fait sur un champ et une prairie, avec l’accord des propriétaires.
© DR

Il est 19h30 lorsque nous arrivons à Saint-Omer, sur la falaise, juste au-dessus de la vallée de Clécy. Depuis la piste de décollage, on aperçoit les toits de la capitale de la Suisse normande, le bras de l’Orne qui se perd dans les montagnes où l’on fait de l’escalade. Au loin, on entend de la musique. C’est la guinguette qui s’anime. On la devine dans les méandres du fleuve, bien plus mince qu’à son embouchure. Nous sommes les courageux de la rédaction à avoir répondu au SMS d’Etienne Gavart, bien connu des éleveurs du Calvados et de la Manche, et qui annonçait la date et le lieu du baptême de parapente par un enthousiaste « l’activité repart ! ».

Test au sol

Après plusieurs mois de confinement, reprendre un peu de hauteur semblait être bienvenu. Mais en arrivant sur le site, on nous prévient, le vent est trop fort, on ne peut pas encore voler. Les bénévoles du club As Icare sortent alors les mini-voiles. On s’essaie à faire monter l’aile puis à la contrôler, quand on parvient à la gonfler. Première sensation de décollage : la voile tire le corps vers le haut, comme un début de vol. C’est grisant et ça donne envie de se lancer…

On décolle

A 20h30, le vent s’adoucit. On peut y aller. Les plus lourds sont harnachés les premiers. Je fais partie du second départ. Comme le vent est fort, on n’a pas besoin de courir pour s’envoler. Il faut quand même se mettre face au vide. Et c’est là que peut arriver la peur (« au fait, qu’est-ce que je fais là, au-dessus du vide ?! »).
Pas le temps de tergiverser. Un moniteur me maintient par les bras pendant que Jérôme, mon accompagnateur, lève la voile au-dessus de nos têtes. On est projeté en arrière si vite que je ne m’aperçois pas que mes pieds ont quitté la terre ferme. On est encore au-dessus de la falaise et pourtant, on est déjà partis !
Je suis un peu mal à l’aise au début. Jérôme m’indique de m’asseoir. Voilà, je suis installée, comme au cinéma. Je n’ai plus qu’à admirer le paysage. Enfin presque, puisque quelques bourrasques de vent nous font tanguer de temps à autres. J’ai les dents qui claquent. On est quand même à plus de 300 mètres au-dessus du plancher des vaches. J’en vois d’ailleurs quelques-unes qui broutent au-dessous de moi, leurs petits veaux se détachent sur l’herbe bien verte.

Mon accompagnateur

Jérôme Lemonnier est un ancien conducteur de train dans le civil. Il s’est piqué de parapente en 1997, «  j’avais rarement l’occasion de voir le bas d’en haut », ironise-t-il. Après de multiples stages et diplômes - on dit capacités - il intègre le club As Icare en 2000. « Tu pars dans le sens du vent, tu es loin d’être sûr de revenir au même endroit, il y a un côté aventure. Tu peux faire, 5, 10, 100 km ». En 2018, il passe une qualification de biplaceur pour faire voler sa famille. « Du coup, je le mets au service du club. » Pour l’accompagnement, il commence par vérifier le poids volant. Passager et pilote ne doivent pas dépasser 220 kg. « J’essaie de détendre la personne, de lui expliquer ce qui va se passer, les conditions du décollage, ce qu’il faut ou ne pas faire. Dans l’ensemble, ça se passe assez bien ».

Atterrir

Après quelques minutes d’exaltation, on commence à descendre, très tranquillement vers la prairie. Jérôme fait un cercle autour de notre piste d’atterrissage. Là aussi, c’est tout doux, on arrive debout, sans à-coup. On replie la voile. Comment une toile si fine peut-elle nous emporter si haut ? Mystère. L’expérience, intense, aura duré un petit quart d’heure, « ça suffit pour la première fois », affirme mon accompagnateur. C’est sûr.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

MALTRAITANCE CHEVAUX
Un cas dans le Calvados et un dans l'Orne: vigilance et bon voisinage contre les actes de barbarie sur les équidés
Le 25 août 2020, un cheval ornais est retrouvé avec une entaille à l’encolure. Vendredi 28 août 2020, deux chevaux du club…
VEAU 1835
Matricule 1835, levez-vous !
« Matricule 1835, levez-vous » ou l’histoire d’un veau condamné à ce que ses données morphologiques soient retirées de l’…
PAUL CHEVALIER JA 61
" J’ai été surpris mais content d’être élu au bureau "
Paul Chevalier est entré au bureau départemental jeudi 18 juin. À 20 ans, il est secrétaire général adjoint. S’il n’envisage pas…
Armand Prod’homme JA 61
" Pas d’élevage, pas de paysage "
Armand Prod’homme, 22 ans, est en cours d’installation au Gaec Olo, à Livaie, dans le secteur d’Alençon. Le nouveau responsable…
OPNC LACTALIS
Lactalis : L’accord-cadre est signé
L’OPNC (Organisation des Producteurs Normandie Centre) est la première des neuf OP adhérentes à l’Unell a avoir signé un accord-…
AGNEAU PRE SALE
Accrocher les wagons AOT à la locomotive AOP
Après 30 années de travail, l’agneau de pré-salé a enfin obtenu le fameux sésame AOP. Mais la vie dans les herbus n’est pas un…
Publicité