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37 000 € collectés : les agricultrices face au cancer

37 000 €. C’est la somme qu’ont récoltée les agricultrices du groupe «Perche Rose ». Grâce à la vente de leur calendrier, tout le bénéfice a été reversé au Comité de l’Orne de la Ligue contre le cancer. 60 % des gains mèneront en faveur de la recherche médicale et 40 % au soutien et à l’aide des malades. Sponsorisée par les JA et le Conseil départemental de l’Orne, Agrobio et Trioplast, cette belle initiative est un franc succès.

© MM

« Je remercie tout d’abord les femmes qui ont posé. L’objectif était double : lutter contre cette maladie, mais aussi montrer la diversité du Perche et du monde agricole », déclare Damien Louvel, coprésident des JA de l’Orne, qui ont apporté un support logistique et financier au projet.

Maladie et Perche Rose
Chaque année, 9 millions de personnes nous quittent à cause du cancer. Les 15 agricultrices du groupe « Perche Rose » se sont rassemblées auprès de la Ligue contre le cancer afin de lutter contre la maladie. Autour d’un calendrier, les femmes se dévoilent sur un thème féminin. Avec comme principales thématiques l’agriculture, notre région et ses paysages divers, la gent féminine a fait fort. Victime de son succès, le calendrier s’est vendu à plus de 6 000 exemplaires (dont 3 240 grâce aux distributeurs), dans toute la France. « Même aux DOM-TOM, de Mayotte à la Réunion, votre calendrier a obtenu un impact mémorable. Félicitations à vous », souligne le co-président des JA 61. Le président de la Ligue contre le cancer de l’Orne, Dr.Villeneuve, a salué et félicité aussi l’initiative des jeunes femmes. « L’agriculture de notre région doit être représentée du mieux possible. Ce calendrier plein de solidarité, de fraîcheur, d’espièglerie, mais aussi de pudeur est une réussite. C’est un projet qui honore votre profession », déclare le docteur.

60 % et 40 %
« Nous avons décidé de donner 60 % des gains au soutien des malades, ce qui est le plus important pour nous. Les 40 % restants iront dans la recherche, c’est notre décision », précisent les « Perche Rose ». C’est Pierre Lebailly, chercheur à l’université de Caen, à l’INSERM et au centre Baclesse qui s’occupera des recherches. « Je vous propose d’organiser une future rencontre. Que je puisse vous donner un retour concernant nos recherches et ainsi, vous permettre de prendre connaissance de l’impact qu’a eu votre soutien », annonce ce dernier.

Cancer dans l’agriculture
Pierre Lebailly a consacré une bonne partie de sa carrière aux facteurs environnementaux dans l’agriculture ayant un impact sur la santé des professionnels. C’est dans les années 1900 que les premières alertes retentissent concernant le cancer et les agriculteurs (notamment à cause des trempages de moutons dans des bains à base de dérivé d’arsenic).
Aucune étude n’avait été pourtant faite sur les maladies chez les agriculteurs auparavant. C’est seulement au milieu des années 1990 que les États-Unis mettent en place la première grande cohorte chez les agriculteurs. En France, la première à voir le jour commence dans le Calvados, mis en place par Agrican (agriculture et cancer). « Elle reste aujourd’hui la cohorte la plus grande à l’international », ajoute le chercheur. Mais alors, que pouvons-nous dire de l’état de santé des exploitants agricoles français ? Il faut savoir que les agriculteurs ont une espérance de vie plus haute que la moyenne française et possèdent un taux de cancer plus faible (comparé aux taux des ouvriers et d’autres CSP). Moins de tabagisme, une meilleure alimentation et une meilleure forme physique, des facteurs qui peuvent en partie expliquer ce phénomène.

Expositions agricoles
« Vos dons, si vous l’acceptez, nous servirons surtout à la recherche des expositions dans le monde agricole », souligne le chercheur. UV, gaz d’échappement, pesticides (phyto/ biocides/médicament vétérinaire), poussières ou encore produits de désinfection, les professionnels font face et manipulent des produits qui pourraient expliquer certaines causes de la maladie. Le but est bien évidemment de contrer certaines pratiques, mais aussi de prévenir. « Nous avons remarqué que chez les éleveurs bovins, on enregistre plus de cancer de la prostate. Est-ce dû aux insecticides ? Chez les cultivateurs de blé et d’orge, c’est le même constat. Pour ces derniers, nous pensons que la non-utilisation de gants lors de traitement en est la cause. Ce qui peut fortement aider pour la prévention », admet Pierre Lebailly. En revanche, les chercheurs ont découvert que chez les éleveurs de bovins et de chevaux, il y a énormément moins de cas de cancer des poumons, mais aussi d’asthme. A contrario, chez les cultivateurs de pois fourragers, les cas sont plus nombreux.
« Nous nous attendions pas à trouver des résultats comme ceux-là. En cherchant des causes, on trouve parfois des solutions. Pour ce qui est du cas des pois fourragers, on pense que cela est plus dû aux poussières », enchérit le chercheur. Les dons versés à la recherche serviront principalement à l’exposition des différents polluants cités plus haut. Une demande qui a été acceptée par les « Perche Rose ». Avec en plus, une promesse d’un retour de la part du chercheur.
A ne pas oublier, le cancer tue chaque année 9 millions de personnes. 1 million à cause du tabac, 600 000 personnes à cause de l’alcool, 200 000 à cause de la pollution et 50 000 à cause de la viande transformée par les industriels.

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