7 600 visiteurs au Festival de la Terre
Si le plan déployé par le gouvernement pour accompagner les agriculteurs propose "casi... ment rien", les Jeunes agriculteurs ont casi...ment tout réussi à leur Festival de la terre et de la ruralité le 6 septembre dernier. Pas moins de 7 600 personnes ont foulé le site de Sartilly-Baie-Bocage.
" Ça fait près de 40 ans que le Festival de la Terre n'a pas eu lieu sur le canton ", confie un agriculteur retraité. Effectivement, c'était chez Louis Leboucher en 1989. Cette année, ce Festival de la terre et de la ruralité a pu se dérouler grâce à l'implication de l'équipe cantonale, conduite par Emilien Leroy et composée d'une trentaine de JA. La journée a été un succès puisque 7 600 visiteurs ont fait le déplacement pour profiter des animations multiples proposées sur les terres du président et de la famille Godefroy.
Susciter des vocations
Le festival qui se veut " une vitrine du monde agricole ", comme le souligne le préfet, Marc Chappuis, et plus spécifiquement " de la ferme Manche ", avance Jean Morin, président du Département. " Notre agriculture est une force, une richesse et un atout pour notre territoire ", affirme Laetitia Vautier, maire de Sartilly-Baie-Bocage et elle-même agricultrice à Montviron, à quelques kilomètres seulement du site du Festival.
Cet événement est tourné vers le grand public pour profiter en famille des animations multiples, mais aussi pour parler du contenu de leur assiette avec " ceux qui nous nourrissent ", insiste la maire. Et si ce rendez-vous pouvait " susciter des vocations ", espère Valentin Lecoeur et faire grandir le nombre de jeunes à embrasser le métier d'agriculteurs ? Les derniers chiffres parus en mai 2026 relèvent dans le département 242 installations dont 110 aidées et 184 installés de 40 ans et moins en 2025.
"Le plan d'aide du gouvernement est bien nommé : Casi. Oui, casi... ment rien" Valentin Lecoeur
Cet événement marque aussi la rentrée syndicale des Jeunes agriculteurs. Pour son premier discours, Valentin Lecoeur n'a pas mâché ses mots. " Les attentes de la jeunesse sont énormes. On a travaillé pour proposer des mesures pour soulager les trésoreries et arrêter de subir les aléas climatiques ", rappelle-t-il. Alors, le plan Casi (climat, adaptation, sécheresse, incendie), annoncé deux jours avant le Festival par la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, n'est pas à la hauteur des espérances. " Il y a Casi...ment rien. Si on veut installer des jeunes et continuer de produire, il faut une prise de conscience accrue du gouvernement pour que l'agriculture ne soit plus dans la réaction mais bien dans la planification de sa production face aux changements ".
En 2027, on vote
Dès le début de semaine, le préfet de la Manche promettait d'être au travail avec tous les acteurs pour mettre en œuvre ce plan. Les JA seront autour de la table. Ils seront aussi attentifs, en année d'élections présidentielle et législatives à ce que " l'agriculture soit au cœur des programmes et qu'elle soit une priorité pour éviter de revivre l'été 2026", conclut Valentin Lecoeur.