80e congrès de la FNSEA : un moment de vérité.
C'est au parc des expositions de Caen que le 80e congrès de la FNSEA s'est tenu les 31 mars, 1er et 2 avril devant 1 200 congressistes, piloté conjointement par le syndicat national et les départements du Calvados et de la Manche. Trois jours de débats, de constats et surtout de perspectives pour avoir une agriculture "compétitive, performante et productive".
C'est sur une terre de lait, une terre de lin et de bien nombreuses autres productions, " une région riche d'histoire, de produits et d'Hommes " que le 80e congrès de la FNSEA s'est tenu au parc des expositions de Caen. Une édition qui fait écho à ses racines d'un territoire normand marqué il y a 80 ans par le Débarquement.
Un congrès qui fera date
Les FDSEA du Calvados et de la Manche, présidées respectivement par Xavier Hay et Jean-Michel Hamel, ont donc tout mis en œuvre pour cette édition. Et sans aucun doute, Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, assure que ce 80e " tiendra à n'en pas douter une place de choix dans l'histoire de la FNSEA. Il fera date parce qu'il s'inscrit dans un moment de vérité pour l'agriculture française ". Et c'est ce message qu'il a porté devant la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, venue clôturer les travaux du syndicat agricole.
Changer de logiciel
Sans se retourner sur les dernières années, marquées par des instabilités politiques, pressions économiques et tensions géopolitiques, des violences climatiques, des menaces sanitaires.... Arnaud Rousseau, qui a affirmé clairement qu'il était candidat à sa succession le 16 avril prochain, n'a pas mâché ses mots devant la ministre de l'Agriculture. " Nous n'avons pas atteint le changement de logiciel profond que nous réclamons pour notre agriculture depuis trois ans ", assure-t-il, affirmant sa " farouche volonté de sortir l'agriculture de l'impasse parce que notre production recule, nos dépendances augmentent, nos marges diminuent, nos revenus sont fragilisés ", argumente-t-il, pointant une administration à la traîne.
Porter la voix des agriculteurs
Les prairies permanentes, la PAC, le stockage de l'eau, le sanitaire où des éléments sont attendus à l'issue des assises, les charges, la loi d'urgence sont autant de sujets qui ont été mis sur la table. " Si nous voulons des agriculteurs nombreux sur des exploitations familiales, ce sera grâce à un revenu. C'est notre préoccupation à la FNSEA ", martèle-t-il. Et pour faire écho à une actualité très chaude, il a évoqué sans tabou le GNR qui en un mois a bondi de plus de 60 %. " Sans la prise en charge de 30 centimes, mais sans la suppression du MACF sur les engrais, sans une protection réelle contre les distorsions de concurrence, sans réponse à la crise céréalière, nous reprendrons nos mobilisations ", prévient celui qui veut continuer à " porter la voix des agricultrices et agriculteurs sans rien lâcher ".
C'est aussi l'état d'esprit des fédérations départementales à l'image de la Manche qui assure " une détermination sans faille pour faire avancer tous ces dossiers pour apporter des solutions concrètes aux agriculteurs sans démagogie et déni des réalités. "