Aller au contenu principal

LAIT
Agrandissement doit rimer avec environnement

Beaucoup de rallonges accordées en fin de campagne laitière ont permis aux producteurs d’augmenter leur production. L’administration « veille au grain », il faut dès lors vérifier que l’exploitation respecte toujours la réglementation des Installations classées et la Directive Nitrates.

Installations classées, directive nitrates, capacité de stockage… Avant de s’agrandir, il est nécessaire de vérifier que le projet pourra se faire dans le respect de la réglementation en vigueur.
Installations classées, directive nitrates, capacité de stockage… Avant de s’agrandir, il est nécessaire de vérifier que le projet pourra se faire dans le respect de la réglementation en vigueur.
© DR
Plus de quotas dit souvent plus de vaches… L’augmentation de l’effectif laitier entraînera d’office une vérification du respect de deux réglementations en vigueur : les Installations Classées (ICPE) et la Directive Nitrates. Les exploitations laitières ayant plus de 49 vaches laitières ou mixtes sont déjà soumises aux Installations Classées. L'effectif retenu sera celui du nombre maximal de vaches laitières présentes à un moment donné sur l'exploitation. Attention, les déclarations ou autorisations délivrées par la préfecture ne donnent pas la possibilité de dépasser les effectifs maximum autorisés même temporairement. Un avenant au dossier Installations Classées, voire une étude complète de l’exploitation sera à envisager. Les exploitations restant sous le régime du Règlement sanitaire départemental (RSD) après projet n’ont pas de procédure particulière, à condition que les capacités de stockage permettent l’agrandissement.

Changement de régime
Celles qui dépendent du RSD et qui dépasseront un effectif de 49 vaches après projet devront passer sous le régime de la déclaration Installations classées. L’éleveur doit pour cela déposer un dossier de Déclaration à la Direction départementale des services vétérinaires. Ce dossier contiendra, entre autres, un plan d’épandage et un calcul des unités de stockage. Le préfet lui renvoie alors un récépissé de déclaration sous 15 jours.
L’augmentation de l’effectif peut aussi conduire à passer de la Déclaration à l’Autorisation. Dans ce cas et si l’enquête publique n’a jamais été faite, il faudra un dossier complet d’Autorisation comprenant une étude d’impact, le plan d’épandage à jour, le bilan NPK et le passage en enquête publique. L’instruction du dossier prendra jusqu’à un an et le préfet pourra attribuer un arrêté d’Autorisation.
Il s’agit là d’une démarche lourde et qui n’est pas sans incidence. C’est pour cette raison qu’il vaut mieux mesurer l’impact de l’augmentation d’effectif et évaluer les nouvelles exigences de la réglementation sur l’exploitation. Si l’augmentation d’effectif ne conduit pas à un changement de régime Installations Classées, il faut néanmoins prévoir de mettre à jour le dossier pour être en règle.

Respect du seuil des 170 kgN
Autre règle à respecter, quelle que soit l’augmentation prévue : la capacité de stockage. Elle devra être en adéquation avec le nouvel effectif. Si l’exploitation a bénéficié du PMPOA, le maintien de la durée de stockage égal à celui du Dexel est rendu obligatoire.
Enfin, selon la situation géographique de l’exploitation, l'augmentation d'effectif devra également se faire dans le respect des critères de la Directive Nitrates. L’augmentation d’effectif entraîne une augmentation de la production d’azote. Il est donc impératif de vérifier que le respect du seuil 170 kgN organique / ha épandable est toujours d’actualité. Pour les exploitations en zones d’actions complémentaires (ZAC), le seuil minéral et organique ne devra pas dépasser 210 kgN / ha SAU (ramené à 140 ou 160 kgN minéral + organique / ha SAU en BV Contentieux).
Attention, quelles que soient les motivations de l’exploitant, son dossier devra avoir été instruit avant d’appliquer l’augmentation réelle de l’effectif. La vigilance s’impose afin d’éviter toute mise en demeure ou sanction au titre de la conditionnalité des aides Pac.
Présence d’un tiers en cas d’agrandissement
En cas de présence d’un tiers à moins de 100 mètres de l’extension bâtiment, l’installation devra bénéficier d’une dérogation de distance. La demande de dérogation, accordée ensuite par le préfet devra comporter un accord de chaque tiers présent dans le rayon de 100 mètres et un courrier indiquant les éléments pris en compte pour éviter les nuisances à ces tiers et justifiant la demande.
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Une 1re rencontre de femmes agricultrices a eu lieu mardi 16 juin 2026 à Vire, dans le Calvados, à l'initiative de la FDSEA 14.
Être agricultrice en 2026, c'est être partout à la fois
La section des agricultrices du Calvados (FDSEA) a organisé son 1er événement "Viens me raconter ça au déjeuner", mardi 16 …
Dans cet épisode de canicule, les agriculteurs doivent "jouer la prudence sur tout le territoire normand, pour préserver les hommes, le matériel et éviter des départs de feu incontrôlables" lors des moissons, souligne Sylvain Delye, président de la FDSEA de l'Orne.
Canicule 2026 : les moissons entravées par des interdictions dans certains départements normands
Les premières interdictions de travaux dans les champs sont tombés en ce début de semaine à cause du risque d'incendie au cours…
La passion de l'élevage partagée en famille chez les Debons, notamment quand le prix de l'élevage récompense leur travail, ici à Vire le 13 juin 2026.
Blonde d'Aquitaine : Stéphane Debons se prépare au concours à Saint-Hilaire-du-Harcouët
Stéphane Debons, éleveur installé avec son frère David à Noron-l'Abbaye (région de Falaise), devrait emmener cinq ou six animaux…
Mardi 30 juin, près de sept hectares de parcelles agricoles ainsi qu'une moissonneuse-batteuse ont pris feu dans un champ de Val-au-Perche. Le préjudice sur les cultures est estimé à plusieurs milliers d'euros.
La moissonneuse prend feu et 7 ha partent en fumée : dans l'Orne, c'est l'heure de l'expertise
Mardi 30 juin 2026, près de sept hectares de parcelles agricoles ainsi qu'une moissonneuse-batteuse ont pris feu dans un…
Alban Gosselin, originaire de la Manche, finit premier sur le podium du concours de jeunes présentateurs, au côté des juges du jour.
Alban Gosselin, consacré meilleur jeune présentateur à Vire
Le concours jeunes présentateurs a consacré Alban Gosselin, jeune éleveur de 18 ans de la Manche, au festival de l'élevage de…
Les ventes PMS se déroulent en dehors du territoire normand.
Journées PMS 2026 : la relève normande donne rendez-vous à Frossay
Grand rendez-vous de la génétique normande, les Journées PMS se dérouleront les 1er et 2 juillet 2026 au GAEC des Sept-Lieux, à…
Publicité