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Agrial : un CA de plus 5 milliards

Dans un contexte agricole difficile, la coopérative Agrial a tiré son épingle du jeu en atteignant un chiffre d’affaires de plus de 5 milliards d’euros, dont 20 % à l’international et un mariage avec Eurial réussi.

Le président d’Agrial, Arnaud Degoulet et le directeur Ludovic Spiers misent sur l’international pour poursuivre le développement de la coopérative. (SB)
Le président d’Agrial, Arnaud Degoulet et le directeur Ludovic Spiers misent sur l’international pour poursuivre le développement de la coopérative. (SB)
© SB

ll Le contexte agricole de l’année 2016 a été « extrêmement difficile » reconnaissent le président d’Agrial Arnaud Degoulet et le directeur général Ludovic Spiers. Cela s’explique par une deuxième année consécutive de crise laitière et une baisse de la collecte de 1 à 2 %, des trésoreries mises à mal chez les éleveurs, une moisson catastrophique… Cela n’a pas été sans se répercuter sur certaines activités d’agrofourniture, d’aliments de bétail et d’équipements dédiés à l’élevage. « Nous sommes en prise directe avec nos adhérents. Cela ne pouvait pas être euphorique vu la crise » note Arnaud Degoulet. Et pour accompagner les adhérents, le conseil d’administration avait acté un plan de soutien en vue de financer le cycle de production. Ce plan, mis en place en avril dernier, a été reconduit à l’automne et cette année. « Nous ne sommes pas des banquiers, mais on prend le relais s’il le faut » indique Arnaud Degoulet.

Eurial, une fusion réussie
Malgré cette année très difficile pour l’agriculture française, Agrial veut y croire en continuant de se développer à l’international. Pour les deux hommes, l’accroissement du chiffre d’affaires passera par l’acquisition de nouvelles part de marché à l’international. L’année dernière, la fusion avec les coopératives d’Eurial a permis d’étendre le territoire, et surtout « constitue une étape supplémentaire dans la construction de la branche lait d’Agrial, avec l’arrivée de nouveaux adhérents apporteurs de lait de vache conventionnel, bio et de lait de chèvre ». Pour le lait bio, la collecte devrait passer de 60 millions de litres à 100 millions. « On roule vers cette direction » assure Ludovic Spiers. 

S’étendre à l’international
L’année 2016 a été aussi marquée par l’acquisition de différentes entreprises à l’étranger notamment dans des activités de transformations agroalimentaires, toujours dans un souci d’aller à « la conquête de marchés créateurs de valeur ». C’est le cas de la fromagerie Guilloteau qui exploite la marque Pavé d’Affinois, la société Jean l’Houvre spécialisée dans l’expédition de fruits et de légumes. L’entreprise anglaise Axgro Foods spécialisée dans la production de betteraves rouges sera commercialisée sous la marque Florette. Quant à l’acquisition de la cidrerie Seattle Cider aux États-Unis, elle freinera un marché du cidre plutôt en recul. Pour la branche légumes, qui pèse 1,3 milliard d’euros, les légumes frais représentent 50 % de l’activité et les légumes prêts à l’emploi 50 % également. Et le marché se développe à l’export puisqu’il est à hauteur de 50 % également hors de France. Van Oers, entreprise hollandaise, va permettre à Agrial de développer le haricot vert frais notamment en France et en Espagne sous la marque Priméale. D’autres rapprochements sont programmés pour les mois à venir, notamment avec Senoble Italie.
Les bons résultats de la coopérative a conduit le conseil d’administration à faire des « retours conséquents » vers les adhérents. Lors de la prochaine assemblée générale, il sera question de distribuer « 12,7 millions d’euros aux adhérents versés pour partie en numéraire et pour partie en parts sociales d’épargne » explique Arnaud Degoulet. Un résultat qui entraîne son équipe à conduire une réflexion sur les prochaines années dans le cadre du projet stratégique « Horizon 2025 ». « L’agriculture française devra rester productive, mais en phase avec la demande sociétale. C’est à nous d’aller chercher la croissance mondiale pour continuer à nous développer » conclut le président de la coopérative.

Lait : une sortie de crise -plus longue
Avec la crise laitière, la filière a été mise à mal. Depuis l’été dernier, la collecte de lait a reculé de 1 à 2 %. Mais la coopérative mise à la fois sur le développement du bio et du lait de chèvre. « Nous en manquons. Nous mettons des nouveaux producteurs en production » indique Ludovic Spiers. Cette production est commercialisée sous la marque Soignon et se porte bien. Pour autant, le lait de vache ne connaît pas le même sort. « La sortie de crise est plus longue que prévue » reconnaît Ludovic Spiers. « Très clairement, la branche lait est jeune. Elle va se développer. Mais nous faisons face au marché » poursuit-il. « La grande difficulté, c’est de gérer la variabilité des prix invraisemblable. On pensait en fin d’année 2016 que l’année suivante allait être meilleure. Mais on ne voit pas une remontée des prix ». Ce constat a été partagé lors des réunions de sections. 
Concrètement, la réalité correspond au discours que nous tenons. Il faut aller chercher la valeur. De ce fait, nous sommes de plus en plus en phase avec les adhérents sur le choix de l’international, et des développement à l’étranger » conclut le directeur.

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