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Agribashing : l’alerte sanitaire lancée

« Agribashing : de la culture de l’antitout à la réalité de nos pratiques d’élevage». Tel était le thème de la table ronde qui a animé les travaux du GDS 50 lors de son assemblée générale qui s’est tenue vendredi dernier à Coutances.

« Il n’y a pas que les produits phytos qui détruisent les abeilles !» La petite phrase pourrait paraître anodine mais, prononcée par le président du GDS du plus gros département bovin de France, elle prend toute sa force. Pour Hervé Marie, l’agribashing est l’affaire de tous. Un problème sanitaire qui touche autant les éleveurs que les céréaliers. Et pour cause, le nombre de nids de frelons asiatiques signalés est passé de 1447 en 2017 à 7259 en 2018. Celui du nombre de nids détruits, de 1245 à 4969. Et si la cause principale de disparition des abeilles était le frelon asiatique ? La question mérite d’être posée,. Aux médias de s’en emparer d’autant plus qu’Hervé Marie fait mouche d’autres arguments. « Que ce soit dans le pulvérisateur ou dans la seringue, il y a forcément un produit qui a reçu une autorisation de mise sur le marché », a t-il martelé. « Il y a un petit pourcentage de cas qui ne sont pas normaux, il fait bien l’admettre mais les éleveurs ne cultivent pas le mal-être animal ».
Le président a prêché à un parterre de convaincus alors où est le problème?

Un problème de communication
« Il y a un manque de communication de la part de la profession agricole. Bon nombre de consommateurs méconnaissent nos pratiques d’élevage, estime de son côté Michel Hamel en homme d’expérience. On laisse détruire l’image de l’agriculture en ne leur répondant pas. Il faut tous communiquer avec le même message ». Avis partagé par le président du lycée agricole de Montebourg. « Il faut structurer la façon dont on réagit. Il y a besoin de coordination au niveau national », plaide Jean-Yves Duplenne.

Le soutien des parlementaires départementaux
Unanimité donc sur l’impérieuse nécessité de communiquer mais tout en évitant les écueils piégeux. « Il ne faut pas tomber dans les travers dans lesquels on veut nous faire tomber : bio pas bio, circuits courts/circuits longs...», a prévenu Hervé Marie qui se satisfait de l’écoute des sept parlementaires départementaux dont trois étaient d’ailleurs présents aux travaux. Jean-Michel Houllegate, sénateur, en a profité pour apporter sa contribution au débat en indiquant que « l’alimentaire interagit sur le plan économique, sur la santé publique, sur l’environnement, sur l’aménagement du territoire et même sur le plan culturel... Nous sommes dans un monde de plus en plus complexe avec l’augmentation des échanges ce qui présente un risque, dans un monde en perte de rationalité complète ce qui entraine du relativisme, dans une société de l’émotion de l’instantanéité. La communication est importante mais pas suffisante ». Pour autant consensuel qu’il l’a paru, l’élu manchois a posé ses limites. Il veut promouvoir « un modèle agricole sur des exploitations à taille humaine. Il ne faut pas aller vers un modèle industriel ». Reste cependant à positionner  les curseurs.

Un troupeau manchois sain
Préalablement à la table ronde, la santé du troupeau départemental a été, toutes espèces confondues, passées au crible. Force est de constater qu’au pays du bovin, la Manche fait bonne figure. Au 20 mai 2019, on comptabilisait en France 61 foyers de tuberculose bovine mais le problème vient d’ailleurs, par exemple de Dordogne.  Au niveau national, le nombre d’élevages infectés augmente d’où le risque de perdre le statut indemne avec des conséquences catastrophiques pour l’export des produits laitiers et carnés. Des mesures ont été prises par la DGAL en juillet 2018 afin de pouvoir, en cas de dépassement, obtenir une dérogation du règlement européen et un maintien du statut en cas de faible dépassement. Un plan tuberculose 2017/2022 a donc été mis en place. Dans la Manche, une zone de prophylaxie renforcée dite de prospection de 2 km autour des pâturages des élevages infestés depuis juin 2015 a été mise en place. Elle concerne les secteurs de Couvains, St-Denis-le-Vêtu/Blainville et Besneville/Etienville. Elles regroupent 345 élevages et 27394 bovins sur la campagne 2018/2019. « C’est une belle réussite. Chacun a joué le jeu », s’est-on félicité du côté de l’administration. Aucun cas d’infection n’est à signaler pour le moment sur la campagne 2018/19. Un cas fin 2018 hors zone de prophylaxie lié a un achat dans un élevage infecté hors département.

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