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Agriculteurs et chasseurs dépècent la question du sanglier

A Dozulé (14), chasseurs et agriculteurs se sont réunis autour de la table pour régler ensemble la question du sanglier. Le Pays d’Auge est particulièrement touché par les dégâts.

© DB

La réunion était attendue et les participants à l’heure, salle des fêtes de Dozulé, mardi 3 septembre pour la rencontre inédite entre chasseurs et agriculteurs du secteur. Sur l’estrade, Clément Lebrun, vice-président de la Chambre d’agriculture du Calvados, Nicolas Fourrier, directeur départemental adjoint de la DDTM, Jean-Christophe Aloë, président de la fédération des chasseurs du Calvados et la maire de Dozulé, Sophie Gaugain.
A l’initiative de la fédération des chasseurs et de la Chambre d’agriculture, la réunion veut permettre « d’essayer de se comprendre les uns les autres sans radicalisme », insiste le président des chasseurs. Il rappelle le lien étroit entre agriculteurs et chasseurs et l’intérêt financier de ces derniers à résoudre le problème des saccages de parcelles. Cet été, la situation a été particulièrement tendue dans le secteur, « on en est à une réunion par semaine, indique Clément Lebrun, le problème devient vraiment stratégique. Trop c’est trop. » En 2018, la fédération des chasseurs a versé 700 000€ d’indemnités aux agriculteurs du Calvados. 80 000€ pour le secteur de Dozulé. « L’agriculteur est indemnisé à l’instant T, relève Jean-Christophe Aloë, le montant ne tient pas compte de la perte d’exploitation. Elle ne peut donc pas le satisfaire ». La « note » est importante pour la fédération qui « a besoin de fonds pour la payer ». D’où le timbre grand gibier et la bague pour les sangliers.

Zones non chassées
Pour Clément Lebrun, « il faut tuer plus de sangliers ». L’élu préconise de chasser au moins trois fois par an sans limiter les poids, ni ordonner de consignes de tir. Il souligne le manque d’efficacité des chasses à l’affût qui « ne prélèvent que peu d’animaux », par rapport au nombre croissant de sangliers. Et pourtant, 5 234 sangliers ont été prélevés en 2018 dans le département. Il souhaiterait aller jusqu’à 7 000. Les statistiques montrent une progression considérable du cheptel, en lien avec l’augmentation des indemnisations.
« Avant, une compagnie de douze animaux était considérée comme importante. Aujourd’hui, il n’est pas rare d’en voir à vingt-cinq ou trente », fait savoir Benoît Desmoulins, le directeur de la fédération. Le point noir pour les uns et les autres, c’est l’accroissement des zones non chassées.
Parcelles en friche, haies mal entretenues : ces zones permettent aux laies de se reproduire facilement. Le secteur de Dozulé est convoité par des acheteurs parisiens et des SCI spéculatrices. Ils refusent les battues sur leurs terres. « Dès que la chasse démarre, le sanglier va dans le secteur où il pourra être tranquille », affirme le directeur. Pour l’élu de la Chambre d’agriculture, « le phénomène ne fait que s’amplifier ».

Des solutions ?
Parmi les solutions évoquées, la chasse à l’affût, les répulsifs et les clôtures « ne font que repousser le problème, comme le souligne un intervenant dans la salle, les sangliers vont ravager les parcelles voisines ». Les battues administratives permettent de répondre partiellement au problème des zones non chassées, mais arrivent trop tard.
Des évolutions législatives visent à assouplir la chasse des sangliers : « aujourd’hui, le but est d’augmenter la chasse et d’apporter plus de souplesse sur le prélèvement », rassure Nicolas Fourrier.
Les jours d’alternance ont été levés pour la prochaine campagne. « On va voir le résultat et observer si la sécurité est respectée », précise Jean-Christophe Aloë. Clément Lebrun remercie les chasseurs présents aux battues précédant l’ouverture générale, un moyen supplémentaire de prélever. Enfin, pour clore les débats, il préconise de répertorier les zones non chassées. La Chambre d’agriculture enverra un questionnaire auprès des agriculteurs pour faire un état des lieux des dégâts.

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