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Agricultrice, femme et maman : un travail à plein temps

Le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, permet de mettre en lumière des parcours de femmes, aussi mamans et agricultrices. C’est le cas de Nathalie Clérot, installée en Gaec depuis six ans après une expérience professionnelle dans des centres comptables, et investie dans son organisation de producteurs.

© SB

l Allier la vie de famille et la vie professionnelle n’est pas toujours facile quand on est maman de trois enfants. Nathalie Clérot, installée à La Feuillie, en sait quelque chose. Et pourtant, elle a choisi l’agriculture à la veille de ses 40 ans. Un choix animé par la passion de l’élevage. 
Une passion qui s’est traduite par un BTS Acse et un CS fiscalité gestion et informatique, après un bac comptabilité et une année de fac. Pour autant, elle a débuté par travailler dans différents centres comptables et à la FD Cuma comme assistante de gestion et animatrice avant de rejoindre son mari sur l’exploitation familiale. Rapidement, la décision était prise. Elle a commencé par remplacer un salarié puis est devenue un associé, dans un Gaec composé désormais de cinq personnes.

Se sentir utile
Sa vie tourne autour des vaches et des veaux. Des vaches 100 % Normandes dont le lait part chez Réo pour faire le camembert AOP au lait cru, « futur véritable camembert », avance-t-elle avec fierté. « Il faut jouer sur la qualité et non la quantité. Il faut défendre l’image de notre terroir, de notre territoire », poursuit-elle. Un message qu’elle revendique assez facilement, jusqu’à s’investir au sein de l’OP Réo et l’Union des producteurs. Secrétaire à l’une et trésorière à l’autre, « je suis la seule fille », dans l’équipe, sourit-elle. Peu importe, elle apporte sa pierre à l’édifice en s’investissant dans une cause collective, et où elle se sent « utile ».

Culpabilisant
Au-delà de son métier, Nathalie
Clérot est aussi maman de trois enfants, âgés de 13, 16 et 19 ans. Les ainés sont tentés par l’agriculture. Ils ont déjà un pied dedans. La relève est donc là. Pour autant, Nathalie Clérot aurait voulu pouvoir passer plus de temps avec ses enfants quand ils étaient plus jeunes. Ils sont débrouillards parce qu’ils devaient se préparer tous seuls. « On ne loupait jamais l’heure de l’école. Ils avaient chacun leur réveil et se géraient. Mais quand je rentrais le soir de la traite, j’appréhendais un peu », confie-t-elle, jusqu’à se culpabiliser de ne pas passer assez de temps. « On a la tête dans le guidon. On travaille toujours davantage alors que le prix du lait n’est toujours pas à la hauteur », souligne-t-elle. Aujourd’hui encore, le retour des EGA se fait attendre. « De manière générale, on n’en voit pas la couleur, sans parler des charges qui augmentent. Il n’y a pas de marge d’erreur possible », confie-t-elle.

Aménager son temps
Cet investissement au sein de l’OP lui demande de jongler entre son boulot, s’organiser pour faire le travail à la ferme tout en participant aux réunions et sa vie de famille. Si le statut de l’agricultrice a avancé sur certains points, Nathalie Clérot reste mitigée par exemple sur la garde d’enfants. « En élevage laitier, comme dans d’autres productions, ce n’est pas facile à gérer. La traite, c’est matin et soir. L’astreinte est là. Et bien souvent, il n’y pas d’aménagement de temps possible », dénonce-t-elle.
Même si l’égalité femme/homme n’est pas une finalité, Nathalie espère des avancées. « L’agricultrice doit encore prouver ce qu’elle est capable de faire », conclut-elle.
Si elle avait un souhait, il s’agirait de se retrouver entre agricultrices, organiser des temps d’échanges sur un même territoire, permettant à
chacune d’entre elles de faire le travail de la ferme, être présente au retour des enfants et reprendre le travail de
l’exploitation. Un vœu qui pourrait
devenir réalité…

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