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Agriculture et Département : Christophe de Balorre fait le point

Vendredi 1er mars, la commission permanente du Conseil départemental de l'Orne a accordé ses dernières subventions. Elle a octroyé près de 175 000 EUR à l'agriculture. Rencontre avec Christophe de Balorre, président du Département, qui dresse un état des lieux de la politique agricole menée dans l'Orne.

© ED

>> Comment se place l'agriculture en termes d'aides attribuées par le Conseil départemental, dans un département très rural et qui constitue la première activité économique de l'Orne ?
L'agriculture et les agriculteurs sont l'ADN de notre département. C'est donc tout naturellement que le Conseil départemental de l'Orne les soutient, en adaptant régulièrement ses politiques d'aides. Même si la loi NOTRe (Nouvelle organisation territoriale de la République) a contraint le Département à revisiter ses politiques de soutien à l'agriculture, nous sommes parvenus à maintenir des aides abondantes, tant en fonctionnement qu'en investissement, et à en faciliter l'accès au plus grand nombre. L'Orne est certainement l'un des Départements qui fait le plus pour son agriculture. Non seulement nous aidons directement la profession, mais nous apportons également notre soutien aux associations agricoles, à la prophylaxie, aux circuits courts, aux comices et concours d'animaux, à la plantation de haies bocagères. Sans oublier la puissante filière équine sans laquelle l'Orne ne serait pas l'Orne.

>> En ce qui concerne les GVA, où en sont les aides attribuées aux agriculteurs pour le ramassage des pneus usagés ?
2018 était la quatrième année de fonctionnement de cette opération de partenariat. Près de 30 collectes ont été organisées dans le département, permettant de ramasser 534 tonnes de pneus usagés, contre 522 en 2017, provenant de 105 exploitations. L'engagement financier du Département a été de 14 125 EUR. Pour 2019, l'aide est reconduite selon les mêmes modalités. Les collectes sont organisées par le Groupe Vivre en agriculture (GVA) départemental avec les GVA locaux. La contribution du Conseil départemental est directement déduite, pour un reste à charge de 108 EUR HT la tonne pour les adhérents des GVA, sur un coût brut de 135 EUR.

>>  Le Conseil départemental paie le transport des élèves lors des fermes ouvertes. Est-ce toujours d'actualité pour la prochaine campagne ?
Oui ! Le Conseil départemental y est particulièrement attaché. C'est une très belle action de vulgarisation de l'agriculture ornaise auprès de la jeunesse. Même en milieu rural, il apparaît nécessaire de faire découvrir l'agriculture aux jeunes, au plus près des réalités du terrain. L'ouverture des exploitations sur l'extérieur, et notamment en direction du « grand public », doit également être favorisée.

>> Quels sont les premiers résultats et les perspectives pour l'année concernant Agrilocal 61?
Le Conseil départemental se réjouit d'adhérer à cette association nationale qui compte à ce jour 36 Conseils départementaux dans ses rangs. Nous y consacrons près de 12 000 EUR au titre de l'adhésion annuelle. Agrilocal 61 est une plateforme sur laquelle se retrouvent les acheteurs et les producteurs. L'objectif est de favoriser la vente de produits locaux à la restauration collective et de permettre aux petits producteurs d'accéder plus facilement aux commandes publiques. En 2018, le Conseil départemental a conclu un partenariat avec la Chambre d'agriculture qui a permis d'augmenter le nombre de producteurs engagés sur Agrilocal 61 : ils sont aujourd'hui 83 ! Cette progression a permis de mieux répondre aux attentes des acheteurs, principalement les collèges, pour leurs achats de viande, mais aussi de légumes. Chaque année, nos 31 collèges publics assurent la fourniture d'environ 1 600 000 repas, au profit de 7 700 demi-pensionnaires et internes. Le Conseil départemental entend continuer à traduire, concrètement, sa ferme volonté d'améliorer la qualité des repas servis, précisément grâce aux producteurs du territoire. À terme, nous ambitionnons que le repas « 100% ornais » franchisse la barre des 10% des repas servis dans nos collèges publics !

>> Comment analysez-vous les résultats ornais des élections à la Chambre d'agriculture ?
Vous savez, l'Orne est un département apaisé. Les agriculteurs travaillent bien tous ensemble. Je me réjouis, naturellement, de la réélection de Jean-Louis Belloche. Nous avons l'habitude de travailler ensemble. C'est un agriculteur jeune et performant et qui fait l'unanimité autour de lui. Il a une vision intelligente et moderne de l'agriculture. Sa volonté de s'investir dans la nouvelle organisation régionale et d'être influent à Paris est très importante pour l'agriculture ornaise et son évolution.

>> Les aides aux petits investissements fonctionnent bien, est-ce que l'enveloppe a été consommée entièrement l'année dernière ?
Oui ! Je peux dire que le Conseil départemental a trouvé un outil qui répond, réellement et concrètement, aux attentes de la profession. Non seulement l'enveloppe 2018 a été entièrement consommée, mais il a fallu inscrire au budget une rallonge de 200 000 EUR. L'an dernier, près de 400 agriculteurs ont pu apprécier ce coup de pouce à l'investissement, au travers d'une aide allant de 1 000 à 6 000 EUR. Le montant de l'enveloppe est renouvelé pour 2019. À la fin du mois, plus de 100 exploitations auront bénéficié de l'aide départementale, pour un montant moyen de 4 000 EUR C'est dire l'intérêt porté par la profession à ce dispositif dont nous sommes fiers. Et s'il fonctionne aussi bien, c'est parce que nous l'avons voulu facile d'accès.

>>  L'Orne compte des producteurs de betteraves, comment réagissez-vous à la fermeture de la sucrerie de Cagny ?
Cette décision a été d'une brutalité incroyable. Pour nos producteurs ornais, c'est une situation catastrophique. J'espère que la Région trouvera des moyens économiques pour relancer l'affaire.
Je fais confiance à Hervé Morin, qui est proactif sur le sujet et à qui j'apporterai tout mon soutien en cas de besoin.

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