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Agri’Pain cherche des vaches pour sa mouture

Depuis deux ans, François David, éleveur, donne de la mouture de pain à ses laitières. Celle-ci provient des invendus des boulangeries du Calvados, transformés par les salariés de l’association d’insertion professionnelle Agri’Pain. Mais l’éleveur ne peut plus absorber seul le volume de mouture produit. Agri’Pain cherche un nouveau débouché, dans un rayon de 30 km autour de Caen.

Antony Guyon dans la chambre de séchage, qui peut contenir 1,5 t de pain. Le pain perd 25 % de son poids pendant cette étape de transformation.
Antony Guyon dans la chambre de séchage, qui peut contenir 1,5 t de pain. Le pain perd 25 % de son poids pendant cette étape de transformation.
© JP

lll En octobre 2016, l’association Revivre démarre un atelier de recyclage du pain de boulangerie. Agri’Pain est créée à Colombelles : l’association emploie dix salariés en parcours d’insertion professionnelle, qui récupèrent les invendus des boutiques et les transforment en mouture de pain. Objectif : lutter contre le gaspillage alimentaire (L’Agriculteur normand du 26 octobre 2017). Le bilan est positif : 270 t de pain collectées en 2017.
« Nous allons dans quasi toutes les boulangeries de l’agglomération Caen-la-Mer, assure Antony Guyon, directeur adjoint de Revivre. Soit plus de 200 points de collecte. »

Un débouché unique
Le processus de transformation est simple. À l’arrivée, les lots sont pesés par boulangerie. Le pain est coupé et trié. Il part dans des barquettes en chambre de séchage. Puis il est refroidi et broyé en mouture. Le débouché est pour le moment unique : il s’agit de François David, qui incorpore la mouture à la ration des vaches laitières. « Nous avons 200 Prim’Holstein. Je leur donne 1,5 kg de mouture par jour », énonce l’éleveur. Depuis le 20 mai, les vaches sont traites au robot. « Nous avons restreint la farine de pain dans la ration (jusqu'à 2,5 kg/VL l'hiver dernier) car, pour une bonne fréquentation des robots, il faut réduire le concentré dans la ration distribuée à l'auge pour le donner au robot. »

Stockage au sec
La mouture de pain présente des valeurs équivalentes à celles du blé (voir analyse ci-contre). « La différence est que l’amidon est cuit. Il est plus digestible et donc plus acidogène. L’équilibre en fibres de la ration doit être respecté », poursuit l’éleveur. François David réceptionne 22 big bag de mouture par mois, et en rétrocède sept à un voisin. « Il s’agit d’un bon produit avec un rapport qualité-prix intéressant. L’hiver dernier, nous étions à 34 de TP en moyenne. » S’il ne constate pas de problème d’appétence, l’éleveur met en garde sur les conditions de stockage : « le produit est très sec. Je ne pose pas les big bag sur le sol, mais sur des palettes et je les tiens éloignés des murs ».

Pour septembre ?
François David compte deux mois de stock et ne pourra pas absorber la production d’Agri’Pain en septembre. L’association cherche donc un nouveau débouché. Mais François David prévient que d’ici deux mois, il reprendra son rythme de croisière.
« L’éleveur intéressé doit incorporer la mouture progressivement pour ne pas se retrouver en rupture de stock. »

Produire deux fois plus
En 2017, l’association a produit 193 t de mouture de pain. Agri’Pain se tourne de plus en plus vers les grandes et moyennes surfaces et souhaite augmenter sa production. Et Antony Guyon de conclure : « nous travaillons désormais avec deux hypermarchés de Rouen. Notre atelier est pensé pour traiter plus du double de ce que nous produisons aujourd’hui ».

Contact :
Antony Guyon : 02 31 35 05 10 aguyon@revivre-asso.org

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