Débat
Agrivoltaïsme : l'État change la donne ?
Alors que les projets photovoltaïques et agrivoltaïques se multiplient, les représentants du monde agricole dénoncent une baisse potentielle des niveaux de soutien financier par l'Etat et une mise en concurrence accrue des projets, avec un poids prépondérant accordé au seul critère du prix pour les prochains appels d'offres de la Commission de régulation de l'énergie (CRE). "L'Etat ne peut pas changer les règles au cours de la partie. Il fragilise la réflexion, les projets engagés et ceux en cours de développement. Il n'est pas cohérent de traiter un projet qui se conçoit en veillant à laisser la production agricole en place de la même façon qu'un autre projet qui s'installe simplement sur le sol et ne cohabite plus avec la production agricole", reproche Jean-Yves Heurtin, président de la Chambre d'agriculture du Calvados.
Des projets modérés
Face aux incertitudes sur les futurs appels d'offres, la profession demande au gouvernement de revoir les évolutions envisagées. Les organisations souhaitent notamment qu'une place spécifique soit maintenue pour l'agrivoltaïsme dans les futurs appels d'offres, que les conditions économiques des projets déjà engagés soient préservées et que le développement du photovoltaïque sur les bâtiments agricoles reste suffisamment simple. "Il faut donner de la lisibilité aux porteurs de projets. Sinon, c'est castrateur en matière de développement Je le répète, nous promouvons des projets modérés en termes de puissance, raisonnables en taux de couverture et surtout ouverts aux acteurs locaux et tout particulièrement aux agriculteurs", conclut Jean-Yves Heurtin.
50 000 exploitations déjà engagées
Le développement de l'agrivoltaïsme et du photovoltaïque agricole s'inscrit dans le cadre de la loi APER, relative à l'accélération de la production d'énergies renouvelables. Près de 50 000 exploitations agricoles participent aujourd'hui à la production d'énergies renouvelables. L'ADEME estime par ailleurs que cette contribution pourrait être multipliée par trois à l'horizon 2050.