Aller au contenu principal

AIM sort la tête de l’eau

Les abattoirs de Sainte-Cécile relèvent la tête. Les salariés, emmenés par Sébastien Lafon, parient sur l’avenir en s’investissant dans leur entreprise. Aujourd’hui, 4 500 à 5 000 porcs sont abattus par semaine. Le point d’équilibre serait atteint vers 7 à 8 000 porcs.

© SB

Si aujourd’hui, l’abattoir est remis sur les rails, le président des salariés, Sébastien Lafon, se veut positif tout en restant prudent. Il compte atteindre le point d’équilibre d’ici quelques semaines. “Aujourd’hui, on abat 4 500 à 5 000 porcs sur quatre jours. Il faudrait certainement arriver à 7 000 pour atteindre l’équilibre. Le prévisionnel prévoyait 10 000. C’est donc une bonne nouvelle. On devrait y voir plus clair à l’automne, explique-t-il. Mais on abat ce qu’on peut vendre”, assure-t-il. Pas question de faire le tampon avec les frigos. Pour le moment, “nous avons sorti la tête hors de l’eau mais pas le corps”, indique humblement le patron des salariés.

Le directeur renvoyé
Si la filière a été mise à mal par les mouvements de grève en février, les salariés ont à cœur de lui redonner confiance. Et cela passe par des décisions comme le renvoi du directeur. “Nous avons mis fin à la période d’essai du directeur, précise Sébastien Lafon. Nous n’avions pas la même philosophie de la filière”. Fin mars, le président des salariés l’avait annoncé clairement. “Si on s’aperçoit que le directeur ne fait pas l’affaire, on aura la jouissance de prendre les décisions qui iront bien à ce moment-là.” Ce fut le cas cet été. François-Xavier Calvar a été renvoyé. Pour le moment, l’équipe ne cherche pas un directeur à tout prix. Elle s’appuie sur un consultant qui connaît bien l’entreprise.

Se différencier du modèle breton
L’objectif principal pour l’abattoir manchois est de recentrer sur le marché de proximité. C’était la marque de fabrique de l’entreprise de Sainte-Cécile. “C’est ce qui a fait le succès de AIM”, souligne Sébastien Lafon. Dans le schéma actuel, il veut avant tout “se différencier du modèle breton. Si on veut s’en sortir, on ne peut pas lutter sur le même marché”. Depuis la reprise de l’activité, les clients reviennent.

Valoriser le porc nourri à la farine d’orge
Le porc standard reste le produit principalement commercialisé par AIM. Pour autant, Sébastien Lafon veut tenter de retrouver des marchés pour le porc nourri à la farine d’orge. “D’un point de vue gustatif, il y a une différence”, assure-t-il. Mais il faut derrière que les clients répondent présents. Et si c’est le cas, ce produit pourrait connaître un développement. “C’est l’ensemble de la filière qui en bénéficierait”.

Jouer la carte du patriotisme
L’avenir n’est pas écrit mais Sébastien Lafon veut y croire. “L’outil fonctionne. Il faut désormais s’attacher à développer la filière normande et le porc nourri à la farine d’orge. Mais tout ne se fait pas en un jour”. Bien entendu, il garde un œil sur la crise actuelle. “Elle a un impact chez AIM comme chez les autres. Cela nous fait du mal”, reconnaît-il mais il souhaite tant que cela sera possible de payer les fournisseurs au prix du cadran pour ne pas pénaliser les éleveurs. “Ce n’est pas en coupant l’herbe sous le pied qu’on assure son avenir”. Et en cette période difficile, il demande aux consommateurs de “ jouer la carte du patriotisme” pour sauver la filière.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Mardi 30 juin, près de sept hectares de parcelles agricoles ainsi qu'une moissonneuse-batteuse ont pris feu dans un champ de Val-au-Perche. Le préjudice sur les cultures est estimé à plusieurs milliers d'euros.
La moissonneuse prend feu et 7 ha partent en fumée : dans l'Orne, c'est l'heure de l'expertise
Mardi 30 juin 2026, près de sept hectares de parcelles agricoles ainsi qu'une moissonneuse-batteuse ont pris feu dans un…
La passion de l'élevage partagée en famille chez les Debons, notamment quand le prix de l'élevage récompense leur travail, ici à Vire le 13 juin 2026.
Blonde d'Aquitaine : Stéphane Debons se prépare au concours à Saint-Hilaire-du-Harcouët
Stéphane Debons, éleveur installé avec son frère David à Noron-l'Abbaye (région de Falaise), devrait emmener cinq ou six animaux…
La canicule de juin a marqué les esprits mais son impact sur le rendement est resté limité.
Colza en Normandie : cinq faits marquants sur la campagne 2025-2026
La campagne 2025-2026 illustre toute la capacité du colza à compenser les aléas lorsqu'il conserve un bon fonctionnement…
Les ventes PMS se déroulent en dehors du territoire normand.
Journées PMS 2026 : la relève normande donne rendez-vous à Frossay
Grand rendez-vous de la génétique normande, les Journées PMS se dérouleront les 1er et 2 juillet 2026 au GAEC des Sept-Lieux, à…
Dans la Manche, les élevages avicoles ont enregistré de lourdes pertes.
Canicule : surmortalité inédite en porc et volailles avec 260 tonnes de cadavres en trois jours
La canicule a entraîné une mortalité exceptionnelle dans les élevages de la Manche : 260 tonnes de volailles porcs en trois…
[EXPERT] "Un maïs sans grain a une valeur pour l'alimentation animale"
Juin 2026 a été historiquement chaud. Quelles manifestations de la sécheresse sur le maïs ?
Publicité