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Administration
Alimentaire et Agri Mer : la DRAF devient DRAAF

Ça bouge dans l’administration de tutelle des agriculteurs. La DDAF du Calvados prend un E comme Equipement mais deviendra rapidement une direction départementale des territoires. Pour l’Orne et la Manche, le processus de fusion DDAF/DDE démarre. Parallèlement, la DRAF s’enrichit d’un A (comme Alimentation) le 1er janvier prochain.

“Les représentations territoriales de tous les offices (Ofival, Onilait, Oniflhor...) qui ont disparu à ce jour vont être intégrées à cette nouvelle DRAAF (Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt). Son directeur va être le représentant régional de France Agri Mer qui est le nom de l’office unique de toutes ces filières”.
“Les représentations territoriales de tous les offices (Ofival, Onilait, Oniflhor...) qui ont disparu à ce jour vont être intégrées à cette nouvelle DRAAF (Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt). Son directeur va être le représentant régional de France Agri Mer qui est le nom de l’office unique de toutes ces filières”.
© TG

Yves Geffroy est le nouveau DRAF bas-normand. Sa nomination au JO (Journal Officiel) date du 15 juillet et sa prise réelle de fonction du 25 août. Il n’arrive pas en terres inconnues. Il a officié auparavant dans la Manche mais aussi en Seine-Maritime et dans l’Eure dans d’autres fonctions. Entretien.

Quel est votre parcours ?
Je suis vétérinaire de formation initiale. J’ai exercé en libéral derrière les vaches (vêlages, césariennes...) pendant quelques années avant d’intégrer la fonction publique. C’est ainsi que j’ai été directeur départemental des services vétérinaires de l’Eure (1983 à 1988) puis dans les Hautes-Pyrénées.
J’ai basculé ensuite dans le secteur de l’agriculture. D’abord à Paris au Ministère en tant que chef de bureau dans des domaines divers : investissement en exploitation, mesures agroenvironnementales, préretraite... J’ai également été le premier chef du bureau des CTE (Contrats Territoriaux d’Exploitation) au lancement de ce dispositif au début de la période de programmation 2000/2006. J’ai également eu la chance d’être un des deux négociateurs français du deuxième pilier de la PAC dans une période intense et effervescente où nous nous rendions à Bruxelles une à deux fois par semaine.
J’ai ensuite été nommé directeur départemental de l’Agriculture délégué en Seine-Maritime en même temps qu’adjoint au directeur régional de l’Agriculture de Haute-Normandie. Enfin, après 4 ans passés à Rouen, je suis arrivé dans la Manche où j’ai passé deux grosses années comme directeur départemental de l’Agriculture et de la Forêt.
Il s’agit donc aujourd’hui de mon 4e département normand. Il ne me manque plus que l’Orne pour avoir un panorama complet de la région.

Quelle image avez-vous de la Basse-Normandie ?
Je me considère comme un perpétuel apprenti. Tout ne m’est peut-être pas inconnu mais de là à prétendre connaître la Basse-Normandie, très clairement NON! Il me manque beaucoup d'éléments pour avoir une vision globale de son agriculture.

Quels sont vos principaux traits de caractère ?
J’essaye de beaucoup écouter ceux qui savent, ceux qui connaissent les territoires. Je veux parler naturellement des agriculteurs. Ce sont eux qui détiennent, qui exploitent, qui entretiennent plus de 80 % du territoire. J’attache beaucoup d’importance à cette écoute. Moi, je ne sais rien. 

Où en sommes-nous dans le chantier de fusion DDAF/DDE et quels en sont les enjeux?
Il s’agit véritablement d’une réforme en profondeur et indispensable. Depuis que la décentralisation a été lancée, dans les années 1980, l’Etat ne s’était pas réformé. Il fallait donc une réorganisation face aux nouveaux fonctionnements des collectivités territoriales.
Elle se fait au niveau de l’administration centrale, des offices et organismes payeurs et au niveau territorial. A l’échelon départemental, il s’agit de la construction des DDEA (Direction Départementale de l’Equipement et de l’Agriculture). Huit départements ont servi de “tests” et suite à cet essai, la décision de généralisation de cette fusion a été prise fin 2007. 

Une fusion en deux vagues ?
Effectivement, la première dont le Calvados fait partie devant être effective le 1er janvier 2009. La suivante, une année plus tard.

Qui aura en charge cette première DDEA bas-Normande ?
Le premier pilote en sera la directrice départementale de l’agriculture déléguée, à savoir Caroline Guillaume. Il est vraisemblable que cette DDEA soit éphémère. Elle devrait en fait être rapidement transformée en direction départementale des territoires dont le cœur restera la DDEA.

Ça veut dire quoi concrètement ?
Cette direction départementale des territoires sera constituée de la direction départementale de l’équipement et de l’agriculture à laquelle il y aura, à la marge, quelques ajustements. Ajustements soit en retirant quelques missions pour les confier à d’autres services de l’Etat, soit en y ajoutant d’autres réalisées par d’autres directions.  Cette démarche DDEA verticale du ministère de l’Agriculture s’insèrera naturellement dans la réforme horizontale qu’aura à conduire chaque préfet de département.

Et quid de l’Orne et de la Manche ?
Ils relèvent de la seconde vague. Les chantiers de constructions dans ces deux départements vont s’ouvrir dans les jours qui viennent. Les travaux préparatoires ont été initiés. Leur calendrier va se trouver mieux articulé avec la réforme de l’Etat générale.

Face à ces réformes, la régionalisation avance aussi à grands pas. S’agit-il du bon échelon de responsabilisation ?
Les administrations départementales ont toute leur place dans un grand nombre de missions de l’Etat. Je pense notamment aux missions de police au sens large. Pour autant, il y a un renforcement au niveau régional de la fonction de pilotage et de coordination des politiques de l’Etat. 
Le gouvernement s’appuiera aussi sur ce niveau pour le suivi des politiques essentielles de l’Etat.

Dans l’actualité chaude, il y a le devenir de l’abattoir de Vire qui inquiète la ferme bas-normande. Disposez-vous de nouvelles rassurantes ?
Les informations récentes que je détiens proviennent de la presse. Je n’en ai pas de meilleures. J’avais suivi ce dossier de près  alors que j’exerçais mes fonctions manchoises parce que, dans le même temps, il y avait des chamboulements au niveau de l’abattoir de Cherbourg. Il a alors été regardé si des choses intelligentes pouvaient se faire en matière de reconstruction de l’activité d’abattage, de découpe et de transformation. C’était il y a un an. Je me tiens au courant, j’écoute, j’entends notamment les élus locaux mais je n’ai pas eu à opérer dans ce dispositif.

Autre sujet qui intéresse les éleveurs : le plan bâtiment. Où en est-on aujourd’hui ?
Cette vaste opération, lancée par Michel Barnier pour aider les agriculteurs à moderniser leurs bâtiments d’élevage, a rencontré un grand succès depuis 3 ans. Il a répondu aux besoins d’une fraction non négligeable d’éleveurs. La demande est moins forte aujourd’hui et un nouveau dispositif, sous forme d’appel à projets, a été mis en place l’an dernier. Pour être pragmatique, les agriculteurs qui ont un besoin de modernisation déposent un dossier de demande d’aides en décrivant ce qu’ils souhaitent réaliser. Ces dossiers sont ensuite reçus et servis selon des critères de priorités. 

Quels sont ces priorités ?
En numéro un, ce sont les installations de jeunes agriculteurs. En deux, les agriculteurs qui, dans leur projet, prévoient des équipements permettant de bien prendre en compte la protection de l’environnement...
Tous les dossiers ne sont pas susceptibles d’être retenus pour la dite année mais rien n’empêche l’agriculteur de retenter sa chance l’année suivante. Au bilan en 2008 cependant, la quasi totalité des demandes a été satisfaite. Ce dont je me réjouis.

La DRAF va gagner un A comme Alimentation au 1er janvier prochain. Quels sont les enjeux ?
L’alimentaire va prendre une place toute neuve qu’il s’agit de construire. C’est un défi intéressant à relever dans un délai rapide.

Cela présage un ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation ?
Cette politique est déjà intégrée au portefeuille de l’Agriculture mais, jusqu’à maintenant, il n’y avait pas eu de mise en cohérence entre le végétal et l’animal. L’alimentaire animal était porté par les DDSV (Direction Départementale des Services Vétérinaires) et le végétal par  le SRPV (Service Régional de Protection des Végétaux) qui était dans le champ des DRAF. C’est donc le rapprochement entre l’animal et le végétal d’un certain nombre de missions qui va être réalisé dans le cadre de cette réforme pour former un ensemble. Les DDSV demeurant par ailleurs.

Mais à l’heure des énergies renouvelables, on pourrait aussi ajouter un E (Energie) aux DRAAF ?
Ce thème ne sera pas du tout ignoré par l’Agriculture mais il sera aussi à travailler avec ce grand ministère qui est celui de M. Borloo, en charge de cette politique énergétique.

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