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Allaitement
Alimentation lactée : partir du bon pied

La dernière campagne laitière a amené des bouleversements dans les plans d’allaitement des veaux. Passer à la poudre de lait ou avancer l’âge au sevrage ont été des voies d’adaptation à la demande de livraison supplémentaire.

Les questions posées par les éleveurs ainsi que les dernières données issues des stations expérimentales incitent à faire le point sur l’alimentation lactée des veaux avant le démarrage de la prochaine génération de génisses.
Les perspectives de livraison du lait avec + 2,5 % de référence en 2008/2009, les questions sur l’avenir des quotas, l’agrandis-sement des troupeaux amènent les éleveurs à élever plus de génisses, voire modifier leur pratique. Limiter la durée d’allaitement constitue toujours un objectif autant technique qu’économique. D’autre part, passer du lait doux à la poudre de lait implique aussi une maîtrise de la qualité du lait et des cellules en particulier. La simplification de la distribution est aussi une demande des éleveurs qui a été étudiée.

Pesez votre colostrum
Quelle que soit la technique d’allaitement, l’attention portée à la qualité du colostrum doit être renforcée car il est courant que sa concentration en anticorps soit insuffisante. En dessous de 50 g d’anticorps par litre, l’immunité transmise au veau sera limitée. La qualité du colostrum est en effet très variable selon les élevages, et dans un même élevage selon les animaux. Une enquête réalisée entre juin 2001 et 2002, dans le Finistère, montrait qu’un quart des 700 colostrums collectés étaient de qualité insuffisante. Les génisses, les vêlages d’hiver, les vaches à cellules induisent une faible qualité du colostrum selon une récente étude scandinave. L’utilisation d’un pèse colostrum devient de plus en plus rare mais son intérêt demeure. L’objectif reste de distribuer 1,5 litre de colostrum de qualité dans les 2 à 3 premières heures de vie.
La conservation de bon colostrum peut se faire au congélateur avec une décongélation au bain-marie (à 45 °C) pour lui préserver toutes ses qualités immunitaires et nutritives.

Les bons plans de l’allaitement
Malgré les besoins de livraisons l’hiver dernier, de nombreux élevages ont distribué des quantités de lait importantes, donc coûteuses, que ce soit en lait entier ou reconstitué. A côté de ces situations, plusieurs exemples vus dans la région montrent que des possibilités de performances en matière de croissance des veaux sont compatibles avec économie et gain de temps. Sans passer en revue toutes les solutions possibles, nous rappellerons les bases ainsi que les nouveautés qui allient performances et simplicité.

Le classique, 2 repas par jour et ne pas dépasser 9 semaines
La distribution deux fois par jour reste encore le cas le plus fréquent. L’objectif de sevrage à 9 semaines est réalisé avec une consommation de 45 kg de poudre par veau. Le but est de faciliter le passage du veau à la rumination le plus vite possible (Tableau 1).
Rien ne sert de prolonger la distribution dans la mesure où les veaux consomment bien les 2 kg de concentrés au sevrage. C’est finalement le repère à suivre. Pour cela, la mise à disposition dès le début d’un aliment concentré facilite sa bonne ingestion à 9 semaines.
La réussite de cette technique d’allaitement à base de poudre de lait tient au respect des préconisations du mélange, des températures de mélange et de distribution, à un brassage correct, et des quantités distribuées. L’utilisation d’une eau potable est aussi un point indispensable. De nombreux éleveurs utilisent déjà cette technique.

Le simplifié, 6 distributions par semaine de lait entier
La ferme expérimentale des Trinottières dans le Maine-et-Loire teste depuis plusieurs années des plans d’allaitement au lait entier avec une seule
distribution journalière à partir de la 3e semaine. Le plan d’allaitement est simplifié sur le rythme suivant : voir tableau 2.
La durée d’allaitement peut varier selon les objectifs de l’éleveur. Ainsi une diminution jusqu’à 8 semaines a été testée (tableau 3).
Le lait de mélange assure une meilleure régularité des taux et la température de distribution à 40 °C limite les problèmes de digestion. La limitation des quantités distribuée est possible avec une mise à disposition dès la deuxième semaine d’eau potable, de foin et de concentré. Les poids observés au sevrage sont au minimum de 85 kg ce qui n’empêche pas l’objectif de 200 kg à 6 mois d’être atteint. La croissance après le sevrage compense la limitation observée durant la phase d’allaite-ment.
En l’absence de repas lacté le dimanche, les veaux compensent par une plus grande ingestion de concentré et celui-ci est distribué deux fois par jour pour stimuler l’ingestion. Les veaux  ingèrent le lundi 35 % à 55 % de plus que la veille. Ils ne doivent pas manquer car cet écart peut atteindre 1 kg dans les dernières semaines avant le sevrage. Ainsi avec une consommation observée de 1,3 kg est passée à 2 kg le jour de la suppression du lait. Le sevrage intervient en effet un lundi, le lendemain de la suppression de la distribution de lait, il est ainsi facilité.
Avec de bonnes conditions de préparation du lait, le temps épargné est de 2 à 3 minutes par jour et par veau à soigner. La comparaison sur 10 semaines avec deux distributions journalières permet de gagner 100 à 150 litres de lait par veaux, d’épargner le temps de 64 distributions ! En revanche, la quantité de concentré est supérieure de 10 à 20 kg.

L’allégé, 3 litres par jour de lait reconstitué
Dernière proposition en date, une distribution de 3 litres de lait reconstitué par jour a été testée en Bretagne, à la station expérimentale de Mauron (56). L’idée de départ est de simplifier la distribution en gardant la même quantité pour tous les veaux, sans compliquer la conduite quand plusieurs veaux arrivent en nurserie de manière étalée. Sans se soucier de leur âge, tous les veaux reçoivent ainsi la même quantité de lait.
Comparé à un lot témoin recevant un repas par jour de 4,5 litres soit 900g de poudre de lait, le lot “allégé” n’a reçu que 3 litres soit 600 g de poudre. L’expéri-mentation a été menée avec
des veaux mâles de race
Prim’Holstein (tableau 4).
Sevrés à 8 semaines, les veaux ne présentaient pas de différences de poids (100 kg) par rapport au lot témoin et cette équivalence a aussi été vérifiée ensuite puisqu’à 100 jours, les poids étaient de nouveau identiques. 
Au final, les veaux ont con-sommé moins de poudre que le lot témoin. Cette moindre consommation en poudre a été compensée par le concentré ingéré jusqu’au sevrage.
Les règles de rigueur dans la conduite sont indispensables à la réussite de cette technique : présence d’eau potable, de foin, de concentré dès le début de l’élevage. Avec ces règles, les veaux consommaient 500 g de concentré à 4 semaines et 2 kg au sevrage. En l’occurrence, le complément était composé de 80 % de maïs grain, de 15 % de soja et de 5 % d’un minéral 4-26-5.
Si ces résultats ont été mesurés en station expérimentale, l’application en élevage est tout à fait possible comme le démontrent des éleveurs normands qui pratiquent cette méthode depuis plusieurs années avec succès avec leur génisses.

Le concentré remplace le lait
Les veaux s’adaptent remarquablement à la limitation des quantités de lait distribué. Il est étonnant de constater l’augmen-tation rapide de consommation du concentré quand les quantités de lait diminuent, voire quand la distribution est supprimée le dimanche. Sur des rations avec du foin de prairie permanente, différents types d’aliment fermier peuvent être utilisés. Le maïs grain entier confirme son intérêt avec un complément tourteau soja (20 %) ou colza (30 %). Le blé aplati, amidon plus rapidement dégradable que le maïs entier, est un peu moins bien consommé pendant la phase d’allaitement mais permet bien de tenir l’objectif de croissance à 6 mois en compensant les gains de poids après sevrage. Les protéagineux entiers (pois, féverole et lupin) sont aussi utilisables en complément d’une céréale. Ne pas oublier d’adapter la teneur du minéral (attention à l’apport en calcium) à la source de tourteau (soja ou colza).
Réduire les coûts de l’allaite-ment, que ce soit en jouant sur les quantités de lait ou avec l’aliment fermier est tout à fait compatible avec une simplification du travail. Ces pistes tout à fait envisageables nécessitent une rigueur dans la préparation de l’allaitement, que ce soit la régularité des concentrations, des températures tout comme l’hygiène des récipients ou du DAL.  Enfin, les questions sanitaires et d’ambiance du bâtiment sont tout aussi cruciales pour la réussite de l’élevage des veaux.

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